Mars 15, 2021
Par CNT
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Depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie de Covid les Ă©tablissements de la petite-enfance sont une fois de plus les laissĂ©s pour compte ! Cela va faire maintenant un an que les mĂ©dias et les pouvoirs publics parlent des Ă©coles, des collĂšges, des lycĂ©es en oubliant systĂ©matiquement ces Ă©tablissements. Pourquoi ce mĂ©pris ? Pourquoi ce silence alors qu’il a Ă©tĂ© Ă©tabli que les enfants Ă©taient des vecteurs du virus [1] ?

Stop Ă  l’hypocrisie ! Oui, le virus se transmet dans les crĂšches ! Les crĂšches ne restent pas ouvertes pour le bien des enfants mais pour celui du Capital !

Dans la grande majoritĂ© des crĂšches et halte-garderies, nous avons affaire Ă  des femmes Ɠuvrant pour l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Alors qu’elles travaillaient dĂ©jĂ  dans des conditions difficiles en temps normal, aujourd’hui avec les nouvelles normes d’hygiĂšne et de sĂ©curitĂ© Ă  appliquer en raison de la pandĂ©mie, l’accueil du jeune enfant devient un casse-tĂȘte au quotidien.

Comment conjuguer sereinement un accueil de qualitĂ© du jeune enfant avec un manque criant de moyens exacerbĂ© par la crise actuelle ? Comment accueillir sereinement les enfants en sachant pertinemment qu’ils peuvent ĂȘtre vecteurs du virus et que les gestes barriĂšres sont impossibles Ă  respecter avec cette tranche d’ñge si on veut assurer leur sĂ©curitĂ© affective ?

Comment faire entendre aux familles que ça n’amuse pas les professionnelles de leur annoncer qu’elles ne peuvent pas accueillir leurs enfants malades ? Car derriĂšre cette impossibilitĂ© d’accueil se trouve l’intĂ©rĂȘt des autres enfants (ne pas transmettre un potentiel virus, surtout actuellement) et celui des professionnelles qui les accueillent tous les jours, souvent aprĂšs de nombreuses heures de transport. Ce sont (majoritairement) des femmes qui ont elles-mĂȘmes des vies de famille, toute l’intendance qui va avec, et dont certaines cohabitent avec des personnes vulnĂ©rables.

Les professionnelles sont Ă©puisĂ©es et fortement exposĂ©es, dans l’indiffĂ©rence des hiĂ©rarchies et des pouvoirs publics !

DerriĂšre les prĂ©noms qui accueillent les enfants tous les matins il n’y a pas que des bras pour les porter et les accueillir, il y a des heures de rĂ©flexion et d’échange d’une Ă©quipe pour assurer la sĂ©curitĂ© affective des touts petits ! Nous n’en pouvons plus d’entendre « Amusez-vous bien avec les enfants Â» ! Nous ne sommes plus Ă  l’époque du gardiennage d’enfants ! Nous faisons des vrais mĂ©tiers ! Nous ne jouons pas Ă  la poupĂ©e ! Nous sommes des travailleuses ! Et quand les conditions de travail ne sont plus tenables nous ne pouvons plus accueillir les enfants !

Alors si derriĂšre le silence des mĂ©dias et des pouvoirs publics se trouve la volontĂ© politique de vouloir continuer Ă  faire tourner l’économie, il ne faudrait pas nier aussi que la perspective de garder son enfant h24 n’enchante guĂšre certains parents. Pourtant tout ce beau monde va devoir ouvrir les yeux ! Car les professionnelles n’en peuvent plus ! À l’heure de la cause des femmes, pourquoi aussi peu de compassion et de solidaritĂ© ? Peut ĂȘtre simplement un certain… MĂ©pris de Classe !

Pour le bien des enfants et des travailleuses :

  • embauches massives de personnels
  • augmentation du nombre de jours enfants-malades

Tant que le taux d’incidence est critique :

  • fermeture des Ă©tablissements d’accueil de la petite enfance
  • congĂ©s payĂ©s pour les parents dans le public et le privĂ©



Source: Cnt-f.org