Sommaire

Edito page 3

Social

Pages 4-5 Hôpitaux : Malgré le covid-19, le Ségur et le 16 juin, la lutte continue.

Pages 6 Sanctions à l’hôpital psychiatrique du Rouvray

Pages 7-9 Le quotidien d’un Ehpad durant le confinement

Pages 10-12 Fermetures d’usines Renault : Ghosn en a rêvé, Senard en passe de le faire…

Pages 12-14 Sans papiers, violences policières, un déconfinement combatif !

L’Mouvement Page 15

Rencontres libertaires du Quercy annulées cet été

Rencontres intergalactiques, du 24 au 28 août, sur la ZAD de Notre Dame des Landes

Hommage à Maurice RAJSFUS

Sans frontières Pages 16-17

Big Brother Pages 18-19

Féminisme

Pages 20 -21 Interview d’un groupe féministe du Mantois : les FFFRAC (Fortes, Fières, Féministes, Radicales et en Colère)

Page 21 Le livre : Où va le féminisme ?

Vertement Ecolo Page 22

Dossier tourisme pages 23 à 33

Page 23 Intro

Pages 24-25 Du voyage au tourisme

Pages 26-27 L’industrie touristique après le choc du coronavirus

Pages 28-29 Au Pays Basque nord- Les deux faces du tourisme

Pages 30-31 Corse – Bilan de la lutte contre le tout-tourisme

Page 32-33 Industrie de la croisière : touchée mais malheureusement pas coulée

Page 33 L’Office de l’antitourisme de Grenoble et son blog

International

Pages 34-37 Chine : Un regard sur le confinement et ses suites en Chine

Pages 38-40 Afrique : Le coronavirus et l’Afrique : le cas de l’état d’urgence sanitaire au Sénégal

Edito – HORS DE QUESTION DE PAYER LEUR CRISE

A quoi peut bien servir un premier ministre ? Sous un régime présidentiel comme en France il est le collaborateur du chef d’État, un exécutant de sa politique, un commis de l’État et qu’il se nomme Philippe ou Castex ne change rien !! On constate que de discours en discours, le gouvernement ne parle que de « redémarrage », de reprise de la croissance, de la consommation, de « travailler et produire davantage »… quoi qu’il en coûte. Et sans surprise, ce sont les travailleurs qui se voient présenter l’addition du confinement avec une pluie d’ordonnances dont les mesures sont limitées au 31 décembre 2020 (sic !) modifiant le code du travail : temps de travail jusqu’à 60h/hebdo, 12h/jour,… travail le dimanche, repos quotidien diminué de 11h à 9h, jusqu’à 10 RTT au gré des patrons, etc. N’oublions pas l’APC (accord de performance collective) créé juste après l’élection présidentielle qui permet de baisser les salaires, modifier le temps de travail, supprimer les acquis sociaux, imposer des mutations de poste et/ou géographiques ; tout cela sans aucune justification de difficultés économiques, seulement conditionné à la signature de syndicat majoritaire avec impossibilité pour les salarié.es de le refuser sous peine de licenciement.

Cette « crise sanitaire » est une aubaine pour certaines entreprises : tout en assenant des dizaines de milliers de licenciements, pour beaucoup planifiés bien avant dans divers secteurs, les plus grosses d’entre elles empochent des milliards qui leur permettent de sauver leurs profits et d’engager leur restructuration. Si le capitalisme a été suspendu -sauf quelques exceptions comme les Gafa- pendant quelques jours dans son fonctionnement le plus primaire, à savoir générer du profit et de la plus-value, le retour à la normale est une véritable Restauration capitaliste appuyée par une idéologie à tonalité apocalyptique sur l’ampleur de la crise économique jamais vue depuis 1929 !!

Mais dit comme ça c’est un peu rude, alors les « communicants » travaillent sans relâche !

Après l’épisode guignolesque du « grand débat » de 2019, on assiste à une nouvelle mise en scène avec l’autre gadget imaginé pour tenter de redorer l’image du président et celle de son parti : une « convention citoyenne » sur le climat, proposant 150 mesures, qui devrait être suivie de deux référendums. Cette convention est censée d’une part refléter une volonté de « modernisation » de la démocratie, soucieuse des avis de 150 citoyen.nes tirés au sort et bien encadrés par des « experts », d’autre part verdir un régime qui n’a pas même respecté les pauvres principes de l’accord de Paris de 2015 sur le climat. Parmi les experts de cette convention, en majorité des hauts fonctionnaires dont la ministre E. Borne se trouvent des représentants de sociétés privées, des lobbyistes notoires et d’autres : Carrefour, Super U,… la FNSEA, Greenpeace, WWF, mais aussi Louis Gallois ( ex patron de Peugeot), BNP Paribas, la fondation N. Hulot, Les Amis de la Terre, Colibris, etc.

La pseudo ambition écolo de cette initiative ne dupe personne, tout d’abord parce que les 150 citoyen.nes ont retiré d’eux-mêmes de leur liste la mesure la plus intéressante : diminuer à 28h le temps de travail hebdomadaire sans perte de salaire pour les Smicard.es ; ensuite parce que Macron a écarté d’emblée et autoritairement quelques mesures jugées trop radicales dont les 110 km/h sur les autoroutes en échange d’une diminution forte des péages, et la taxation à hauteur de 4% de dividendes annuels pour les investissements supérieurs à 10 millions. Quand le président affirme que les 146 mesures restantes sont compatibles avec son programme, mieux, qu’elles y sont déjà inscrites (sans avoir été jamais appliquées), il se permet, par ministres interposés (B. Lemaire, N. Belloubet, A. Pannier-Runacher), d’en balayer d’autres comme la diminution à 5,5 % de la TVA sur les trains, l’interdiction de la publicité pour les véhicules polluants, le moratoire sur la 5G, le référendum sur crime d’écocide, l’arrêt de construction ou agrandissement d’aéroports – à ce sujet JB Djebbari, secrétaire d’Etat aux transports parle pour Nantes « d’extension sobre »- et la liste risque de s’allonger devant le réalisme libéral.

La promesse hypermédiatisée d’un verdissement de façade pour essayer de récupérer des voix aux écolos ne marche pas, loin s’en faut, et on peut s’interroger sur la portée réelle des mesurettes proposées. Le nucléaire, intouchable, ne fait pas partie de la liste, il est même hors sujet car considéré faussement comme « propre » et sans conséquence sur l’effet de gaz à effet de serre. Rien non plus sur la remise en cause de la voiture électrique ni sur la taxe carbone. Quant à la cote de popularité du chef de l’État et de son « parti », les élections municipales ont bien montré, par une abstention jamais vue, qu’une très large majorité de gens ne voient plus aucun intérêt dans les urnes, même à l’échelle locale et que la démocratie « représentative » a plus d’un plomb dans l’aile.

Juillet 2020 un « nouveau » gouvernement est nommé pour aller encore plus vite et travailler aux réformes toujours de mise. Celles-ci sont juste retardées jusqu’à fin juillet pour le recul des droits au chômage et septembre pour la diminution des indemnités car, dixit le chef d’État, « le modèle français (est) un système très généreux » ; la réforme des retraites n’est pas « à jeter » : le nombre d’années de cotisation ainsi que l’équilibre financier continuent « à se poser » ; les 35h à la française, « pays où l’on travaille le moins tout au long de sa vie » : un manque à gagner pour le capital, à régler rapidement… Il reste moins de 2 ans à ce gouvernement pour finir de libéraliser la société et remplir le contrat pour lequel il a été élu.

Malgré les mesures de confinement et les rassemblements interdits, un mécontentement profond, une vague de contestation politique et sociale s’exprime dans la rue de façon massive et tenace : personnels de santé, ouvrier.es menacés de perte de salaire et d’emploi, immigré.es sans papier, multitude de personnes contre le racisme et les violences policières …

Partout le sentiment de colère est palpable. Si le débat, qui s’est ouvert au cours de ces dernières semaines sur la notion d’activité productive essentielle ou sur l’utilité sociale du travail se poursuivait, si l’esprit des Gilets Jaunes réussissait à contaminer le monde du travail, alors pourraient se développer des actions fortes pour dire qu’il est hors de question de payer cette crise et pour une lutte globale contre le capitalisme.

CJ Sud-Ouest 04/07/2020


Article publié le 09 Juil 2020 sur Oclibertaire.lautre.net