Janvier 24, 2022
Par Manif Est
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Dans l’Éducation nationale, il y a moins d’absences que dans toutes les autres professions, alors pourquoi la cour des comptes a-t-elle cru bon de rĂ©diger un rapport de 60 pages sur cette question ?

Parce que ces absences ne sont souvent pas remplacĂ©es. À titre d’exemple, en 2018 seules 21% des heures d’absence ont Ă©tĂ© remplacĂ©es dans le second degrĂ©, notamment Ă  cause du protocole de remplacement de courte durĂ©e qui interdit de recourir Ă  des TZR pour des absences infĂ©rieures Ă  15 jours.

Par ailleurs, la cour des comptes constate que « trop d’absences liĂ©es Ă  l’organisation du service public lui-mĂȘme amputent les emplois du temps des Ă©lĂšves Â». Il s’agit en l’occurrence d’absences dues aux formations continues, aux jurys d’examen, aux rĂ©unions institutionnelles… toutes choses dont l’Éducation nationale elle-mĂȘme est responsable et qu’elle pourrait anticiper. Mais voilĂ , on le sait toutes et tous, il n’y a pas assez de remplaçant·e·s. Et la cour des comptes le reconnaĂźt puisqu’elle estime Ă  propos de ces absences que « plus du tiers a pour origine le fonctionnement mĂȘme du systĂšme Ă©ducatif Â». Elle pointe mĂȘme du doigt le « ministĂšre qui ne conduit pas une politique de prĂ©vention structurĂ©e Â» puisqu’il ne met Ă  disposition de ses agent·e·s qu’un·e mĂ©decin de prĂ©vention pour 16000 agent·e·s, alors que la “norme” est de 1 pour 2500.

VoilĂ  des annĂ©es que SUD Ă©ducation se bat pour le recrutement de personnel·le·s remplaçant·e·s, contre le protocole de remplacement de courte durĂ©e, pour une mĂ©decine de prĂ©vention digne de ce nom, pour que les registres de santĂ© et sĂ©curitĂ© au travail soient rĂ©ellement pris en compte et utilisĂ©s… Victoire ?… Face au constat accablant de la cour des comptes, on pourrait s’attendre Ă  tout le moins qu’elle suggĂšre une augmentation du recrutement de personnel·le·s remplaçant·e·s… RatĂ© !

AprĂšs avoir tancĂ© l’institution et mis en avant les facteurs risque liĂ©s Ă  notre profession en matiĂšre de santĂ© (contagion via les Ă©lĂšves, troubles musculo-squelettiques, risques psychologiques), elle propose ni plus ni moins que de nous rajouter du boulot, de nous former pendant les vacances, de nous obliger Ă  nous vacciner, et de nous rendre polyvalent·e·s, tout en renforçant les pouvoirs de coercition des chef·fe·s d’établissement !

La cour des comptes remet ici une couche de prof bashing et tente d’imposer, dans ce dĂ©but de campagne prĂ©sidentielle, la vieille rengaine capitaliste de rĂ©duction des coĂ»ts du service public d’éducation sur le dos des enseignant·e·s.

En rĂ©sumĂ©, plutĂŽt que de s’en prendre Ă  Blanquer, elle lui sert la soupe pour qu’il puisse continuer Ă  nous serrer la vis.

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Image : Lucile Nabonnand

Article paru dans SUD éducation Lorraine Info n°46, janvier 2022




Source: Manif-est.info