Voici l’appel tĂ©lĂ©phonique en question :

Une personne – qu’on a qu’à appeler « A Â» – reçoit un appel sur son tĂ©lĂ©phone de la part de quelqu’un qui se prĂ©sente simplement comme Bruno. Il commence Ă  lui poser des questions concernant une lettre sans vouloir donner plus d’information sur le contenu, la date etc. de celle-ci.

Il justifie son appel en expliquant que la lettre en question est signĂ©e « A Â» et qu’il appelle donc “la seule « A Â» que il connaĂźt”. A demande alors Ă  qui elle a Ă  faire, et Bruno finit par se prĂ©senter comme policier d’un service dont il est difficile de se rappeler prĂ©cisĂ©ment mais qui pourrait ĂȘtre la direction dĂ©partementale de la sĂ©curitĂ© publique. Difficile de savoir si il y a vraiment une lettre ou si c’est du mytho. Il propose en tout cas de se rencontrer pour lui faire lire la lettre (en restant trĂšs trĂšs vague) et essaye de foutre la pression : « si tu l’as Ă©crite tu sais trĂšs bien de quoi il s’agit Â». Voyant que A ne rĂ©pond pas aux questions et ne sait pas de quoi il s’agit, il enchaĂźne ensuite en demandant si elle connaĂźt le « groupe Â» de A., B., et C., citant ainsi trois noms. A rĂ©pond qu’elle n’en sait rien et Bruno lui dit que son numĂ©ro s’est affichĂ© et que donc si elle a des choses Ă  dire elle peut le rappeler.

Le mĂȘme jour, un appel a Ă©tĂ© passĂ© Ă  la famille de A par quelqu’un qui s’est fait passĂ© pour un ancien ami de lycĂ©e pour demander si A habite toujours lĂ -bas.

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On est pas trĂšs surpris.es. Ce genre de mĂ©thodes sont couramment utilisĂ©es par les flics et on sait pas ce que ça prĂ©sage dans ce cas-ci (on a pas envie de traiter ça comme une situation exceptionnelle ni de la banaliser). Rendre publique ce type d’informations pourrait aider Ă  dĂ©samorcer des mĂ©canismes qui peuvent ĂȘtre prĂ©sents assez rapidement quand il est question des mĂ©thodes des flics : soit parce que les personnes en face renvoient un truc de « t’es parano ça n’existe pas Â» (les micros ou les camĂ©ras dans les domiciles ou les filatures etc.) soit « tu t’es pris pour Mesrine ou bien ? Â» ou encore une valorisation chelou qui ne permet pas d’aller au fond des choses. Et pourquoi pas aider aussi Ă  briser les apprĂ©hensions qu’il peut y avoir Ă  se visibiliser auprĂšs de personnes qu’on ne connaĂźt pas trop comme quelqu’un qui « intĂ©resse les flics Â» par peur de subir du rejet ou de la mise Ă  distance, de devenir « cramĂ© Â» Ă  frĂ©quenter.

Enfin, c’est une maniĂšre de signifier Ă  ce Bruno et aux autres que ça sert Ă  rien de rappeler la personne en question et d’encourager d’autres personnes qui auraient reçu des coup de fils, des intimidations diverses et variĂ©es ou des propositions faites par les keufs Ă  en parler afin de repĂ©rer et tenter de dĂ©jouer leurs manƓuvres dĂ©gueulasses.


Article publié le 09 Sep 2020 sur Mars-infos.org