La revendication nationaliste incarne depuis si longtemps le « changement » en Corse que la nomination de Gilles Simeoni, leader de la coalition autonomiste Femu a Corsica, à la présidence du Conseil exécutif et celle de Jean-Guy Talamoni, leader de l’organisation indépendantiste Corsica libera, à la tête de l’Assemblée territoriale ont été fêtées comme un signe très puissant de renouveau dans l’île le soir du scrutin – même si les 36 % des suffrages exprimés obtenus (sur les 63 % de votants au second tour) leur donnent seulement une majorité relative de 24 élu-e-s sur 51, et même si dans deux ans la collectivité territoriale de Corse (CTC) et les deux départements seront remplacés par une « collectivité de Corse ». L’union électorale entre les deux principales formations nationalistes a finalement porté, après bien des querelles entre elles… et des accords le temps de certaines campagnes électorales. Mais les actes racistes qu’a connus ensuite Ajaccio – manifestations aux cris de « Il faut les tuer ! », saccage d’un lieu de prière musulman avec destruction de corans – ont fait ressortir la fragilité du mouvement corse. Car si le flou idéologique qu’il affiche lui a donné la victoire aux urnes, il ne peut plus guère masquer l’adhésion quasi générale des nationalistes à un « développement » capitaliste qui contribue pourtant à augmenter sans cesse misère et précarité dans l’île ; et ce flou autorise l’extrême droite à récupérer une partie de son discours, voire à intégrer ses rangs, ce qui arrange bien le gouvernement « socialiste ».

Le mouvement nationaliste est né à la fin des années 60 sur le constat que la société corse était en train de dépérir : une population clairsemée et vieillissante de 220 000 habitant-e-s, subsistant en grande partie grâce aux retraites et pensions attribuées par un système clanique solidement installé ; une jeunesse forcée à l’exil pour avoir la moindre formation ou tenter d’éviter le chômage ; un coût de la vie plus élevé et des salaires plus bas qu’en métropole ; une dépendance par rapport au continent pour les biens de tous ordres ; une industrie touristique présentée par les pouvoirs publics comme la seule perspective économique. La décolonisation de l’Algérie et Mai 68 ont transformé radicalement un état d’esprit insulaire fait de fatalisme et d’envie d’intégration faute de mieux, en conjuguant le désir d’un retour à la terre et la redécouverte d’un sentiment d’appartenance lié à une identité culturelle originale avec les aspirations dominantes de la décolonisation et de l’anti-impérialisme, en particulier le droit des peuples à décider de leur destin et à vivre leur différence dans un monde qui tendait déjà à la globalisation et l’uniformisation.

En 1970, le manifeste anticapitaliste et anticolonial Main basse sur une île dénonce la dépossession économique du peuple corse, sa mise au pas culturelle par l’élimination progressive de sa langue et son asservissement politique. Une charge d’autant mieux accueillie dans l’île que l’Etat français, confronté peu auparavant au rapatriement de quelques gros colons d’Algérie, a choisi de leur donner la priorité sur les petits agriculteurs corses en leur attribuant les terres de la plaine orientale, où ils pratiquent une monoculture viticole. L’occupation par des membres de l’ARC (dont Edmond Simeoni, figure autonomiste – et père de Gilles Simeoni) d’une cave viticole à Aleria, en août 1975, vise à dénoncer cette injustice flagrante ; le pouvoir giscardien y répond par l’envoi d’un millier de gendarmes et CRS ; deux d’entre eux sont tués. La dynamique nationaliste est lancée, avec ses universités d’été qui stigmatisent chaque année à Corte l’impérialisme français, ainsi que le clanisme sur lequel il s’appuie et la « colonisation de peuplement » qu’il favorise ; et avec l’apparition en mai 1976 du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), qui suscite aussitôt un fort engouement, d’une part parce que ses plasticages empêchent la baléarisation de l’île, d’autre part parce que la répression contre lui y touche vite tout le monde de près ou de loin.

Mais où en est aujourd’hui le mouvement corse ?

Une dépossession économique accentuée

Dans le communiqué où le FLNC annonçait, le 25 juin 2014, qu’il déposait les armes (2), il déclarait avoir « maintenu éveillée la conscience nationale du peuple corse » (notamment par la renaissance de sa langue et de sa culture), « limité la colonisation de peuplement », « enrayé la bétonisation » du littoral insulaire et diminué la spéculation immobilière, contribué à la réouverture de l’université de Corte (3), et participé dans les années 80 à « la création de contre-pouvoirs [associ] politiques et syndicaux » dans tous les secteurs de la société insulaire – à cette époque, l’action clandestine et le travail réalisé par les élu-e-s nationalistes à l’Assemblée corse se sont en effet accompagnés d’un investissement sur le terrain social pour mener une « lutte de libération nationale et sociale » (LLNS). Mais si le « Front » et les autres composantes du mouvement ont joué un rôle déterminant dans l’obtention d’institutions spécifiques à l’île – l’Assemblée du « statut particulier » Defferre en 1982, puis la CTC décidée sous le gouvernement Rocard, et dont les prérogatives ont été élargies en 2002 avec Jospin –, celles-ci n’ont pas empêché la situation sociale de se dégrader.

Les données démographiques sont d’importance pour appréhender cette situation, car tant le discours des nationalistes que celui de l’extrême droite se fondent dessus. Selon l’Insee, la Corse est la région française qui, en 2013, possédait la plus faible densité de population (320 000 habitants). Un-e insulaire sur quatre a plus de 60 ans (un-e sur cinq en métropole) ; parmi les plus de 15 ans, il y a 26 % de retraités – contre 18 % d’employés, 11 % d’ouvriers ou 1 % d’agriculteurs exploitants, les autres actifs se trouvant dans les services, l’administration ou les professions libérales.

Par rapport au continent, le coût de la vie est de 20 % plus élevé et celui des salaires plus bas d’autant. En juin 2015, les revenus dans l’île la mettent en queue des régions françaises (juste devant le Nord-Pas-de-Calais et le Languedoc-Roussillon), tandis qu’elle a le taux de pauvreté le plus haut – un-e habitant-e sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Mais il existe aussi une énorme disparité entre les revenus : si le salaire médian annuel dans l’île est de près de 2 000 euros inférieur à la moyenne française, des milliers de personnes y paient l’ISF. Et précarité comme chômage s’aggravent : 22 236 demandeurs d’emploi en avril 2015 – 13,1 % de plus qu’en avril 2014…

Cependant, tous ces chiffres ne peuvent s’apprécier pleinement qu’en fonction d’une autre donnée, l’immigration (étrangère et française du continent), car si celle-ci est toujours de 10 % par rapport à la population, elle assure à la fois la croissance démographique de l’île et l’essentiel de son activité économique. Des milliers de personnes en âge de travailler s’installent chaque année autour de ou dans les villes. La fourchette se situe entre 2 500 et 5 000 arrivants selon qui en parle, mais, si l’on s’en tient aux chiffres officiels, la Corse atteint le double du taux moyen national de croissance démographique depuis 2008 « exclusivement [grâce aux] flux migratoires ». De plus, en dehors des Français du continent qui viennent vivre au soleil leur retraite de cadres, ces immigré-e-s constituent les deux tiers de la population active en Corse (100 000 personnes) – les deux principaux groupes étant les Marocains dans le bâtiment et la viticulture, et les continentaux dans le tourisme et une fonction publique hypertrophiée.

Par ailleurs, les immigré-e-s de longue date en Corse ont fait souche, avec nombre de mariages mixtes et d’enfants nés français. En 2012, leurs 13 000 familles (14 % des familles de l’île) totalisent 41 000 personnes dont 42 % ne sont pas immigrées : un conjoint sur cinq ne l’est pas, et trois enfants sur quatre sont nés en France.

En 1999, les immigré-e-s étaient à 42 % des hommes actifs natifs du Maroc, dont 21 % seulement étaient devenus français ; en 2012, la part des Marocains a diminué (10 500 sur un total de 32 000 arrivants) et les natifs d’un pays européen (en particulier le Portugal) sont majoritaires à 51 % (contre 46 % « d’origines africaines diverses »). Or la réalité de cette immigration actuelle largement européenne est travestie dans l’île par l’extrême droite, qui dénonce une « invasion arabe » ayant pour objectif l’« islamisation de la Corse »… et s’approprie pour ce faire le discours nationaliste sur la « colonisation de peuplement » et sur la nécessaire « corsisation des emplois ». A la vérité, la « corsisation des emplois » réclamée vise toujours les postes occupés par les continentaux dans la fonction publique et dans l’encadrement des structures touristiques, car les conditions de travail et d’existence des autres immigré-e-s, les pauvres, ne font pas plus rêver les Corses que les Français-e-s sur le continent n’aspirent à remplacer « leurs » immigré-e-s. Cette main-d’œuvre « arabe » n’a pas grand-chose d’enviable : peu diplômée, elle est surreprésentée parmi les ouvriers et les employés, ou elle occupe des emplois précaires saisonniers et guère qualifiés dans le tourisme ; et elle est en général cantonnée dans les quartiers excentrés d’Ajaccio (comme les Jardins de l’Empereur où ont récemment eu lieu les actions racistes), dans celui de la Citadelle à Bastia, ou encore dans la banlieue de Lupino et dans la plaine orientale. Sa présence n’en demeure pas moins indispensable pour faire tourner l’économie capitaliste – qui règne en Corse comme ailleurs.

Ce que les régionalistes des années 60 dénonçaient comme le futur « bronze-cul de l’Europe » est en effet devenu réalité : dans cette île méditerranéenne qui continue d’importer toute sa consommation, y compris le poisson ou les tomates, l’économie repose toujours plus sur l’accueil des touristes – plus de 3 millions par an y séjournent, contre 2 millions il y a quatre décennies. Et plusieurs facteurs contribuent à favoriser le développement de ce secteur : l’arrêt de la lutte armée, la fin des arrêtés Miot (4)… mais aussi l’implantation sociale des nationalistes. Dans leurs rangs il y a, certes, des enseignant-e-s et des étudiant-e-s, des professions libérales et des employé-e-s dans l’administration, mais aussi beaucoup de personnes vivant du tourisme : commerçants, hôteliers, artisans ou artistes vendant un savoir-faire traditionnel. Leurs convictions politiques s’en mêlant, les petits patrons souvent autonomistes de l’hôtellerie-restauration et du commerce – softement appelés « socioprofessionnels » mais pas forcément plus tendres que l’encadrement des multinationales – prônent bien sûr un tourisme « raisonné » et respectueux de l’environnement, autrement dit tourné vers une clientèle aisée du nord de l’Europe. Et leurs préoccupations professionnelles ont contribué à faire de la « corsitude » un atout économique : reconvertie en AOC de toutes sortes, et vantée partout dans le monde comme un produit exotique, elle s’ajoute à l’attrait des paysages pour inciter à venir dans l’île, en dépit de la cherté des transports et de la vie sur place.

De plus, ce choix de « développement » pour la Corse fait du bâtiment le second pôle dynamique de son économie : le bétonnage des côtes est en cours. Grâce à des PLU, des maires toutes étiquettes confondues déclassent des sites puis délivrent des permis de construire. De nouvelles infrastructures routières et portuaires se mettent en place dans l’île, où chaînes de restauration rapide, supermarchés et compagnies aériennes low cost ont enfin réussi à s’introduire ; de grands groupes d’hôtellerie s’y intéressent et des projets de complexes touristiques ressortent des tiroirs où la peur des attentats avait incité à les y ranger. Certes, des associations regroupant écologistes, nationalistes et militant-e-s de gauche mènent des actions via les tribunaux pour empêcher certaines constructions, et la précédente CTC (sous la présidence du radical Paul Giacobbi épaulé par les élu-e-s autonomistes) a voté un Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse (Padduc) qui limite plus strictement la constructibilité que sa précédente version de 2008, élaborée par une direction territoriale alors à droite (5). Cependant, face aux multiples appétits qu’aiguise le prix du mètre carré insulaire, la loi littoral de 1976 constitue un bien faible rempart, et la spéculation immobilière va bon train.

Une mise au pas culturelle ralentie

La langue et la culture corses en général étant quant à elles restées pour les nationalistes un cheval de bataille, et un cheval facile à enfourcher par les élu-e-s traditionnels, elles ne sont plus ni dépréciées ni négligées. La CTC affirme ainsi sur son site que l’enseignement du corse « fait l’objet d’un soutien constant et résolu » de sa part : elle a adopté à l’unanimité, en 2007, un Plan stratégique d’aménagement et de développement pour cette langue ; en 2010, une Charte pour « renforcer [son] usage et [sa] visibilité dans la vie sociale et l’espace public »… Mais quoique l’université de Corte, qui compte à présent 4 500 étudiant-e-s, propose un diplôme universitaire en langue et culture corses, et que nombre d’écrits aient été publiés ces dernières décennies en corse, il reste comme les autres langues régionales enseigné à titre facultatif (trois heures hebdomadaires dans toutes les classes dès le primaire, neuf heures dans la filière bilingue).

La classe politique traditionnelle insulaire a toujours su dans son ensemble quand lâcher quelques mots dans l’idiome de son électorat. Si le discours d’intronisation que le leader indépendantiste Talamoni a prononcé entièrement en corse à l’Assemblée territoriale a déclenché une tempête sur le continent, il a été salué favorablement dans l’île, y compris par la droite (le maire d’Ajaccio Marcangeli, élu pour Les Républicains, a par exemple trouvé que ce choix « normal »). Une motion votée le 17 mai 2013 par les élu-e-s territoriaux a d’ailleurs déjà fait du corse une langue coofficielle avec le français. Malheureusement, l’Etat rend inopérante toute cette assez bonne volonté en matière linguistique : Hollande avait promis, pendant sa campagne présidentielle, qu’il ferait adopter en Congrès extraordinaire la Charte européenne des langues régionales, signée par la France en 1999 mais jamais ratifiée en raison de blocages constitutionnels. Or le Sénat a une fois de plus enterré ce projet le 27 octobre 2015.

Un asservissement politique toujours réel

La question de la langue le montre, les institutions territoriales actuelles ne peuvent mener une « vraie » politique : elles n’en ont ni les pouvoirs ni les moyens – ni même vraiment l’envie. La CTC traite les questions de la vie quotidienne en Corse : elle gère les écoles et les infrastructures routières, se penche sur les problèmes d’environnement… mais elle n’a pas le dernier mot avec l’Etat sur les nombreux autres sujets : en septembre 2015, l’Assemblée corse s’est prononcée à la quasi-unanimité pour une réforme constitutionnelle qui permettrait la reconnaissance à part entière du peuple corse (présentement « composante du peuple français ») et qui donnerait plus de latitude à la CTC en matière de gestion du foncier et de politique fiscale ; en mai 2014, elle a opté pour un statut de résident qui oblige à vivre depuis au moins cinq ans dans l’île avant de pouvoir y accéder à la propriété… Mais, chaque fois, elle s’est fait rappeler à l’ordre – les déclarations du Premier ministre Valls ou les arrêts du Conseil constitutionnel lui signifiant son absence d’autorité en la matière.

L’Etat français dirige donc toujours bien la Corse. Les dotations versées par lui à la CTC en 2014 (qui ont d’abord stagné puis baissé depuis 2009) représentent 59,5 % de ses recettes – une dépendance financière qui compte. Et l’abandon de la lutte armée a montré que le pouvoir « socialiste » n’était pas disposé à céder un pouce de son pouvoir : si la décision des clandestins a permis à Corsica libera de conclure une alliance avec Femu a Corsica pour les territoriales (l’arrêt de la violence étant pour les autonomistes la condition préalable à cette entente), le gouvernement, trop content d’avoir obtenu sans compensation ce qu’il recherchait depuis trente-huit ans, a fait ensuite la sourde oreille aux appels lancés par Jean-Guy Talamoni pour négocier le sort de la vingtaine de militants corses emprisonnés en général sur le continent (une amnistie ou du moins un rapprochement avec leurs familles).

Quant aux élu-e-s territoriaux, leur bel unanimisme sur les questions culturelles ne doit pas tromper sur leurs intentions – qui demeurent de conserver leurs prérogatives. D’une part, les clans traditionnels ne se sont pas convertis au nationalisme : au fil des ans, ils ont simplement montré leur capacité habituelle à tirer parti de leur absence de programme en reprenant les propositions des nationalistes pour rester en place. D’autre part, la « ligne » des clans demeurant de… se positionner en fonction de leurs intérêts du moment, ils peuvent aussi bien renier demain leurs engagements si le vent tourne.

De leur côté, les organisations nationalistes ont complètement révisé leur attitude par rapport aux institutions corses depuis leur création : après les avoir critiquées comme étant un jouet offert par le pouvoir colonial, elles n’ont pas tardé à s’investir dedans, ne prônant plus la rupture immédiate avec l’Etat français mais la gestion autonome des affaires corses dans le cadre « hexagonal » ; et, pour les conquérir, elles n’ont rejeté aucune alliance ponctuelle ou stratégie politicienne. Aux municipales de 2014, Gilles Simeoni l’a ainsi emporté à Bastia en s’alliant avec la gauche et la droite libérale, et il a nommé à son côté le second d’Emile Zuccarelli, l’ex-élu clanique radical de cette ville…

On le voit, alors que la revendication nationaliste reposait à l’origine beaucoup sur la dénonciation de ces clanistes manghjoni, profiteurs du peuple corse dont il fallait se libérer, ce point de vue a été largement oublié au profit d’ententes négociées par une nouvelle caste d’élus avec tel ou tel parti, au gré des scrutins. Ces élus se sont mêlés à la pulitichella d’une île où le PS, quasi inexistant, est à la merci des radicaux de gauche, qui se sont alliés aux autonomistes pour permettre à leur chef, Paul Giacobbi, de gouverner la CTC aux précédentes territoriales ; après quoi ces mêmes autonomistes se sont entendus avec leurs frères ennemis indépendantistes… et le souriant Simeoni a pris la place d’un Giacobbi poursuivi pour « détournement de fonds publics » (6).

Afin de secouer leurs pairs claniques, les dirigeants nationalistes ont aussi souvent fait jouer la rue, en particulier la jeunesse et les associ, dont le Syndicat des travailleurs corses (STC [7]), en mobilisant sur la question des militants emprisonnés ou sur celle des liaisons maritimes (les indépendantistes veulent une compagnie appartenant aux institutions insulaires et qui embaucherait le personnel corse licencié par la SNCM [8]). En janvier 2014, après le refus réitéré par le Conseil constitutionnel d’accepter un statut fiscal dérogatoire pour la Corse, les jeunes ont ainsi manifesté en masse à Corti et à Bastia sous la bannière : « Simu di stu paese, è ci vulemu campà (9) ! » pour demander une révision de la Constitution française.

Mais à présent les leaders nationalistes sont aux manettes de la CTC. S’ils peuvent toujours organiser des manifestations contre la mauvaise volonté mise par le gouvernement à accepter les décisions de celle-ci, ils tireront désormais moins aisément leur épingle du jeu face au climat social insulaire. Le discours d’extrême droite qui se propage jusque dans ses rangs menace en effet d’enterrer définitivement la sympathique lutte d’un peuple visant à défendre sa culture et à préserver son territoire des saccages du capitalisme en un mouvement raciste désireux d’en chasser l’étranger au nom d’une grotesque « pureté ethnique ».

Vanina

1. Voir, sur oclibertaire.lautre.net : « Ajaccio – Au feu les pompiers… mais qui en tirera les marrons ? ».

2. Voir CA n° 244 : « Corse – Bilan de la lutte armée » (article téléchargeable sur notre site, comme ceux des notes suivantes).

3. Créée en 1765 par Pascal Paoli, cette université a été fermée en 1768 quand la France a pris possession de la Corse, et réouverte en 1981 sous Mitterrand.

4. Ces arrêtés de 1801 freinaient la vente des terres et des biens immobiliers parce que la non-obligation de déclarer une succession maintenait beaucoup de propriétés dans l’indivision.

5. Voir CA n° 185 : « Corse – Bientôt à la mer, ce Padduc ? », et n° 210 : « Entre spéculation immobilière et précarité sociale ».

6. Notamment des subventions détournées dans les poches de proches, élus ou conseillers politiques, qui prétendaient posséder des logements ayant le label « gîtes de France ».

7. Il a devancé la CGT aux prud’homales de 2002 et est aujourd’hui le syndicat le mieux implanté dans l’île, revendiquant 5 000 adhérent-e-s.

8. Voir CA n° 246 : « SNCM – La fin programmée d’une tumultueuse liaison Corse-continent ».

9. « Nous sommes de ce pays et nous voulons y rester ! »