Les observateurs des droits de l’homme à Calais ont recensé 45 expulsions depuis le 17 mars. Le syndicat de police Synergie-Officiers a demandé la fin de ces expulsions quotidiennes, mais le département et la préfecture insistent toujours pour qu’elles se poursuivent.

La PAF (Police Aux Frontières) a cessé de procéder à ces expulsions quotidiennes au centre-ville, se retirant dans un premier temps vers leur travail au centre de détention. Cela signifie simplement que des polices différentes effectuent les expulsions (notamment les CRS et Gendarmerie).

La crise qui constitue la réponse des Etats à la pandémie de coronavirus ne montre aucun signe de relâchement. Des pouvoirs supplémentaires sont désormais accordés aux États. A titre d’exemple (restez attentifs aux autres) de l’Etat qui utilise la pandémie pour atteindre ses objectifs qui ne pourraient pas être atteints facilement autrement, la Grèce l’a utilisée pour justifier l’expulsion de nombreuses familles du squat Politeknio.

À Calais, la santé et l’assainissement ont déjà servi d’excuses pour les expulsions. Malgré une décision ultérieure contre la fermeture des magasins et des restaurants dans la jungle, la police armée a saisi de la nourriture, de l’eau, du gaz, des cigarettes en 2016, sous prétexte de « contrôle sanitaire ». Appelant cela une intervention humanitaire, en 2014, l’Etat a expulsé environ 650 personnes à cause de la gale et de l’assainissement. Ni à l’époque, ni aujourd’hui, l’État n’a pris la responsabilité de créer ces conditions pour les gens ou de donner des solutions.

La maire Bouchart a fait pression sur le gouvernement national pour qu’elle évacue définitivement les migrants de la ville, bien qu’elle ne fasse rien elle-même pour essayer de faire sortir les gens des rues de Calais et de les installer dans de véritables logements. Aujourd’hui, un nouveau centre d’accueil est ouvert dans le Pas de Calais pendant la période de « confinement général » où se rendront les migrants (de Calais et de Grand-Synthe).

Mardi, des associations sont venues dans les camps avec des fonctionnaires du gouvernement pour distribuer des informations. Un bus de la préfecture a emmené quelques personnes (limitées à 14 par bus, sur la base « du premier arrivé ») au centre d’accueil. En raison des inquiétudes concernant deux personnes présentant des symptômes, tout le monde a été refusé à son arrivée au centre et a été renvoyé à Calais. Les bus vont continuer. On ne sait pas exactement ce que ce centre d’accueil implique, ni ce qu’il adviendra des personnes après la période d’enfermement lorsque les centres fermeront. Il est clair qu’il n’y a pas assez de place pour loger tout le monde.


Article publié le 08 Avr 2020 sur Mars-infos.org