Novembre 8, 2022
Par Campagne BDS France
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[DĂ©claration de BNC] Unissons nos luttes pour mettre fin au greenwashing et Ă  l’oppression systĂ©matique.

Date d’origine : 07/11/2022
Auteur : Palestinian BDS National Committee (BNC)
Traduit par : AGP pour BDS France

La 27Ăšme confĂ©rence des Nations unies sur le changement climatique (COP27) a dĂ©butĂ© le 6 novembre Ă  Sharm el Sheik, en Égypte.

La COP27 sur le climat de Charm el-Cheikh, organisĂ© du 6 au 18 novembre en Égypte.

Les mouvements pour la justice climatique ont souvent dĂ©noncĂ© le manque de volontĂ© et de courage des reprĂ©sentants des gouvernements lors des prĂ©cĂ©dentes confĂ©rences COP. Trop souvent, des dĂ©cisions clefs ont Ă©tĂ© reportĂ©es et des accords ont Ă©tĂ© signĂ©s Ă  partir du moment oĂč ils n’étaient pas contraignants, sans pour autant s’attaquer sĂ©rieusement au dĂ©fi de la catastrophe climatique que nous vivons. Pourtant, les COP ont souvent Ă©tĂ© aussi un espace oĂč la sociĂ©tĂ© civile pouvait se rĂ©unir, crĂ©er des rĂ©seaux, Ă©changer des idĂ©es et protester.

Cette annĂ©e, de lourdes mesures de sĂ©curitĂ© empĂȘcheront les protestations des mouvements pour le climat et la justice sociale d’avoir lieu. Alors que l’Égypte attend avec impatience d’accueillir le sommet cette annĂ©e, l’attention se tourne vers le nombre croissant de militants politiques et sociaux Ă©gyptiens emprisonnĂ©s pour leur action pacifique. Le prisonnier d’opinion Alaa Abd el-Fattah a intensifiĂ© sa grĂšve de la faim pour la libertĂ© et la justice Ă  l’approche de la COP27, alors que les poursuites du rĂ©gime Ă©gyptien Ă  l’encontre de militants et d’organisations de la sociĂ©tĂ© civile se poursuivent, parallĂšlement Ă  la normalisation profonde de ses liens avec IsraĂ«l. Il s’agit d’une preuve supplĂ©mentaire de la nature autoritaire du rĂ©gime Ă©gyptien, qui se sert de la confĂ©rence pour greenwasher ses violations des droits de l’homme, comme l’ont dĂ©clarĂ© plusieurs organisations indĂ©pendantes, en prĂ©sentant un « visage plus joli Â» pour dĂ©tourner l’attention de ses graves violations des droits de l’homme.

12 organisations Ă©gyptiennes de dĂ©fense des droits de l’homme ont lancĂ© une pĂ©tition appelant les autoritĂ©s Ă©gyptiennes Ă  libĂ©rer immĂ©diatement et sans condition toutes les personnes dĂ©tenues pour le simple fait d’avoir exercĂ© pacifiquement leurs droits humains, Ă  mettre fin au blocage arbitraire des sites web et Ă  libĂ©rer immĂ©diatement tous les journalistes.

Le ComitĂ© national palestinien BDS (BNC) rĂ©itĂšre son appel Ă  toutes les institutions internationales des droits de l’homme et aux comitĂ©s compĂ©tents des Nations unies pour qu’ils intensifient la pression sur les autoritĂ©s Ă©gyptiennes afin qu’elles libĂšrent sans condition tous les prisonniers politiques et les dĂ©fenseurs des droits de l’homme Ă©gyptiens.

Les luttes pour les droits politiques et civils, la justice socio-Ă©conomique, ainsi que la justice climatique dans le monde arabe et ailleurs sont interconnectĂ©es et intersectionnelles. Unis, nous vaincrons tous les systĂšmes d’oppression.

Nous prÎnons la liberté pour tous les prisonniers politique en Egypte et dans le monde.

La Palestine est aussi une question de justice climatique !

Le ComitĂ© national palestinien BDS (BNC), la plus grande coalition palestinienne Ă  la tĂȘte du mouvement mondial de boycott, dĂ©sinvestissement et sanctions (BDS), estime que la lutte pour le dĂ©mantĂšlement du rĂ©gime israĂ©lien de colonisation et d’apartheid en Palestine, qui dure depuis des dĂ©cennies, va de pair avec les luttes mondiales pour la justice, y compris la justice climatique. La crise climatique catastrophique est exacerbĂ©e par l’inĂ©galitĂ© et l’oppression mondiales et principalement causĂ©e par des gouvernements et des entreprises complices qui font passer le profit avant les personnes et la planĂšte. 

Les Palestiniens autochtones qui vivent dans ces conditions, sans aucun contrĂŽle sur leurs terres ou leurs ressources naturelles, sont trĂšs vulnĂ©rables Ă  la crise climatique. Avec l’accaparement des ressources par IsraĂ«l, la hausse des tempĂ©ratures exacerbe la dĂ©sertification ainsi que la pĂ©nurie d’eau et de terres, renforçant ainsi l’apartheid climatique.

Les exemples suivants montrent la nĂ©cessitĂ© d’une lutte commune contre l’apartheid et la catastrophe climatique :

Le rĂŽle de FNJ (Fonds national juif)

Les politiques de greenwashing et d’apartheid d’IsraĂ«l sont rendues possibles par des gouvernements, des entreprises et des institutions complices qui soutiennent et permettent son rĂ©gime d’oppression. L’une des principales institutions est le Fonds national juif (FNJ). Depuis 120 ans, le FNJ est responsable du nettoyage ethnique des Palestiniens autochtones.

CrĂ©Ă© en 1901 comme instrument de la colonisation sioniste de la Palestine historique, le FNJ dĂ©tient 13% des terres appartenant aux rĂ©fugiĂ©s palestiniens expulsĂ©s lors de la Nakba de 1948. C’est une composante essentielle de l’AutoritĂ© fonciĂšre israĂ©lienne qui administre 93% des terres sous le contrĂŽle du rĂ©gime d’apartheid israĂ©lien dans ses frontiĂšres d’avant 1967. Elle y a plantĂ© des millions d’espĂšces d’arbres Ă©trangĂšres et de plantes envahissantes, causant d’énormes dommages Ă  la biodiversitĂ©. Les forĂȘts du FNJ sont principalement destinĂ©es Ă  cacher les ruines des villages palestiniens victimes du nettoyage ethnique.

Le projet Interconnector et Siemens

L’Interconnecteur EuroAsia reliera les infrastructures Ă©lectriques de l’Europe au rĂ©seau national israĂ©lien qui inclut – et annexe de facto – les colonies illĂ©gales sur les terres palestiniennes volĂ©es. Ces colonies coloniales bĂ©nĂ©ficieront donc de tous les Ă©changes d’électricitĂ© entre l’entreprise publique Israel Electricity Corporation (IEC) et l’Europe.

S’il est construit comme prĂ©vu par Siemens, l’interconnecteur donnera une reconnaissance internationale aux colonies illĂ©gales d’IsraĂ«l dans le territoire palestinien occupĂ©, y compris JĂ©rusalem-Est, et permettra leur expansion.

Le rĂŽle du gaz fossile et de Chevron

Contrairement Ă  ce que prĂ©tend la propagande du lobby des combustibles fossiles, le gaz n’est pas un combustible « de transition Â» ; c’est un combustible fossile utilisĂ© par des multinationales cupides pour conserver leurs profits et leur influence tout en dĂ©vastant les Ă©cosystĂšmes et le climat.

Chevron contribue Ă  financer le rĂ©gime d’apartheid, de colonialisme de peuplement et d’occupation d’IsraĂ«l en payant des milliards de dollars pour ses licences d’extraction de gaz. Avec ses activitĂ©s d’extraction, la sociĂ©tĂ© est Ă©galement complice de la pratique de l’apartheid israĂ©lien consistant Ă  priver le peuple palestinien de son droit Ă  la souverainetĂ© sur ses ressources naturelles, notamment par le siĂšge illĂ©gal de Gaza et le blocus de la mer de Gaza, qu’IsraĂ«l impose par une force brutale et meurtriĂšre. Chevron est Ă©galement impliquĂ© dans le transfert illicite par IsraĂ«l de gaz fossile extrait vers l’Égypte par le biais d’un pipeline traversant illĂ©galement la zone Ă©conomique exclusive (ZEE) palestinienne de Gaza, et doit aux Palestiniens des millions de dollars en frais de transit.

Greenwashing

Le greenwashing est la pratique utilisĂ©e par l’apartheid israĂ©lien pour cacher ses crimes et sa violence sous un faux rĂ©cit qui fait passer le rĂ©gime pour un rĂ©gime soucieux de l’environnement. Cette pratique est analogue Ă  l’utilisation cynique et dĂ©sespĂ©rĂ©e par IsraĂ«l des sports, de la culture et des droits des LGBTQ+ comme outils de propagande pour obtenir en quelque sorte un  Â» label dĂ©mocratique  Â» qui pourrait effacer les crimes de l’apartheid dans l’esprit des gens.

Le greenwashing est mis en Ɠuvre non seulement par IsraĂ«l, mais aussi par d’autres alliĂ©s puissants. Parmi ceux-ci, on trouve des sociĂ©tĂ©s telles que PUMA, AXA et Barclays qui sont ouvertement complices de l’apartheid israĂ©lien et qui tentent de cacher leur complicitĂ© par des actes superficiels de protection de l’environnement.

Le gouvernement, les entreprises agroalimentaires et les compagnies des eaux d’IsraĂ«l, pays de l’apartheid, jouent un rĂŽle clĂ© dans la destruction de l’environnement et de l’agriculture palestinienne, la dĂ©possession des agriculteurs palestiniens et l’accaparement des terres pour renforcer l’entreprise de colonisation illĂ©gale d’IsraĂ«l.

Haifa Chemicals est une multinationale israĂ©lienne privĂ©e qui fournit des engrais. Netafim est une entreprise de technologie d’irrigation basĂ©e en IsraĂ«l, acquise en 2018 par l’entreprise mexicaine Mexichem, alors que 20 % de ses actions sont toujours dĂ©tenues par le kibboutz Hatzerim oĂč elle a Ă©tĂ© fondĂ©e. Mekorot est la compagnie d’eau publique israĂ©lienne qui vole l’eau des aquifĂšres palestiniens. Les compagnies des eaux israĂ©liennes font partie intĂ©grante de ce qu’un rapport parlementaire français a condamnĂ© comme Ă©tant « l’apartheid de l’eau Â» d’IsraĂ«l. Mekorot figure dans la base de donnĂ©es des Nations unies regroupant les entreprises impliquĂ©es dans la colonisation israĂ©lienne, qui constitue un crime de guerre au regard du droit international.

Rejoignez la lutte

À la lumiĂšre de ce qui prĂ©cĂšde, pendant toute la durĂ©e de la COP27, nous appelons les partenaires, les partisans et les alliĂ©s du mouvement BDS dans le monde entier Ă  se joindre aux marches et aux Ă©vĂ©nements locaux qui font campagne pour la justice climatique, pour la fin du greenwashing des entreprises et des États, pour un abandon immĂ©diat des combustibles fossiles.

Nous invitons en outre chacun Ă  se joindre aux activitĂ©s portant des slogans, des banniĂšres et des messages rappelant au monde que la Palestine est aussi une question de justice climatique, et que la lutte pour un monde meilleur doit ĂȘtre intersectionnelle.




Source: Bdsfrance.org