En contexte de pandĂ©mie, l’État et le capitalisme tombent le masque.
Baisse continue du nombre de lits Ă  l’hĂŽpital depuis des annĂ©es, y compris en rĂ©animation,mauvaise gestion des stocks de matĂ©riel de protection et de soin, augmentation du reste Ă  charge pour les usagers, privatisation de l’offre de soin et manque organisĂ© de personnels dans le service public : les gouvernements successifs, plus soucieux de dĂ©velopper leur programme libĂ©ral que de rĂ©pondre aux besoins de la population, ont construit l’incapacitĂ© de l’État Ă  faire face Ă  la pandĂ©mie de Covid-19. Pire encore, la crise a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour renforcer le contrĂŽle sur les populations, lequel se rĂ©vĂšle en outre souvent discriminatoire. La pĂ©rennisation des diffĂ©rents Ă©tats d’urgence offre tous les moyens rĂ©pressifs lĂ©gislatifs et humains pour restreindre nos libertĂ©s (circulation, rĂ©union, manifestation, expression…) et imposer un test d’obĂ©issance Ă  grande Ă©chelle.
Dans le monde du travail, les inĂ©galitĂ©s se sont renforcĂ©es entre les premiers de corvĂ©e et les soi-disant premiers de cordĂ©e, les sacrifiĂ©s et ceux qui ont pu rester relativement Ă  l’abri. La numĂ©risation a envahi le quotidien Ă  travers un dĂ©veloppement souvent subi du tĂ©lĂ©travail, qui peut nuire aux solidaritĂ©s et Ă  la dĂ©fense collective des droits, sans oublier les technologies de traçage (comme l’application Stop COVID). Les licenciements pleuvent, consĂ©quences du confinement, ou simplement opportunistes. La crise autorise en outre l’accĂ©lĂ©ration sans vergogne de la disparition ou la privatisation des services publics, tandis que des aides Ă©conomiques sont attribuĂ©es Ă  des entreprises qui continuent de verser des dividendes aux actionnaires sans engagement Ă  prĂ©server l’emploi.

Dans cette situation, malgrĂ© la difficultĂ© de se mobiliser collectivement, nous voulons rĂ©affirmer notre solidaritĂ© et notre engagement auprĂšs des mouvements sociaux et syndicaux, y compris en inventant des nouvelles façons de manifester dans l’espace public.

Par la participation dans les luttes locales, au plus prÚs de la réalité quotidienne vécue, nous défendons des propositions radicales:
‱GratuitĂ© de la santĂ© : moyens de prĂ©vention, dĂ©pistage, accĂšs rĂ©el aux soins. Tout traitement mĂ©dical est un bien commun et ne doit pas ĂȘtre privatisĂ©.
‱DĂ©fense des services Ă  tous les publics : hĂŽpitaux, transports, Ă©ducation, Poste, culture,Ă©nergie…
‱Opposition rĂ©solue Ă  toutes les formes de racisme et de discrimination.
‱Soutien aux personnes fragiles et dĂ©pendantes.

La crise sanitaire renforce encore la nature mortifĂšre du capitalisme et de l’État, son acolyte.Face Ă  eux, il nous faut nous rĂ©approprier nos existences. Ceci implique de nous auto-organiser localement pour faire vivre, ici et maintenant, des alternatives concrĂštes, telles que les coopĂ©ratives alimentaires et cantines autogĂ©rĂ©es et bien d’autres initiatives encore, Ă  consolider ou construire. Ces alternatives rĂ©pondent Ă  des besoins immĂ©diats et permettent de sortir du
marasme et d’entrevoir le monde futur.

Contre une société perpétuellement en crise, inégalitaire et liberticide:
RĂ©sistance – CoopĂ©ration – Entraide

Des membres et groupes de la Fédération Anarchiste


Article publié le 10 Oct 2020 sur Monde-libertaire.fr