Contre le « passe sanitaire Â» : s’organiser et faire face

La rĂ©alitĂ© actuelle fait presque passer 1984 pour un banal roman d’amour. Face Ă  cette rĂ©alitĂ© se dĂ©veloppe un mouvement lui-mĂȘme complexe et en partie inquiĂ©tant. MalgrĂ© cela, il semble important de se donner des pistes d’intervention politique.

La question du vaccin

Il faut d’abord et avant tout sĂ©parer la question du vaccin de celle du « passe sanitaire Â» ; bien que l’une et l’autre soient liĂ©es. Concernant le vaccin, les points suivants sont mis en question : a) l’efficacitĂ© des vaccins, qui en effet semble relative dĂšs lors que, mĂȘme vaccinĂ©, on n’est semble-t-il pas complĂ©tement protĂ©gĂ© et qu’en outre on peut transmettre le virus (1) ; b) le danger des vaccins, dĂšs lors qu’ils s’appuient (pour ceux inoculĂ©s en Europe) sur des technologies nouvelles basĂ©es sur des modifications gĂ©nĂ©tiques, mis sur le marchĂ© alors que l’’étude des effets de long terme n’est pas achevĂ©e, ce qui correspond Ă  une expĂ©rimentation sur quelques milliards de personnes « en direct Â» (2) ; c) la « stratĂ©gie vaccinale Â» qui semble en effet suspecte dĂšs lors que rien n’est proposĂ© pour prĂ©venir ou guĂ©rir de la Covid-19, mais seulement et obligatoirement le vaccin, en dĂ©pit des doutes exprimĂ©s ci-dessus sur son efficacitĂ© et son danger.

Ces mises en questions sont toutes recevables et pertinentes. Ceci dit, le dĂ©bat politique ne peut se situer seulement lĂ . En outre, on peut ĂȘtre pro-vaccin et contre le « passe sanitaire Â». Il nous faut sortir de ce piĂšge binaire imposĂ© par le gouvernement : ĂȘtre pour ou contre le vaccin.

L’État utilise une mĂ©thode qui consiste Ă  maquiller l’obligation du vaccin sous les apparences d’un « choix Â» « libre Â» qu’effectuerait isolĂ©ment chaque citoyen dans le but altruiste de protĂ©ger ses semblables. Il renvoie chacun Ă  son statut d’individu isolĂ©, qui ne fait pas en rĂ©alitĂ© un « choix Â» « libre Â», mais en revanche se soumet individuellement et isolĂ©ment Ă  l’injonction. DĂšs lors, au sujet du vaccin, deux camps grosso modo s’opposent, d’un cĂŽtĂ© ceux qui seraient favorables au vaccin, donc mĂ©caniquement au « passe sanitaire Â», rĂ©putĂ©s altruistes, de l’autre, les Ă©goĂŻstes, supposĂ©s « anti-vaccins Â» donc « complotistes Â», etc. Cette division en deux catĂ©gories est non seulement absurde mais aussi particuliĂšrement nocive pour toute construction de lutte, qui nĂ©cessite de rĂ©flĂ©chir, de crĂ©er une pensĂ©e commune dĂ©passant les choix individuels. On peut ainsi tout Ă  fait ĂȘtre favorable Ă  la vaccination et opposĂ© Ă  son obligation.

Il semble donc nĂ©cessaire de concentrer la rĂ©flexion et la lutte sur la loi ayant instituĂ© le « passe sanitaire Â», Ă  marche forcĂ©e.

Qu’est-ce que le « passe sanitaire Â» ?

Le « passe sanitaire Â» constitue deux catĂ©gories de personnes, nantis de « droits Â» diffĂ©renciĂ©s, permettant d’exclure certaines d’entre elles des transports, du soin, du travail, etc. Cette situation est d’ailleurs dĂ©jĂ  celle des Ă©trangers, qui sont privĂ©s de la plupart des droits dont jouissent les citoyens français. Notre sociĂ©tĂ© est en thĂ©orie basĂ©e sur le fait que les citoyens jouissent des mĂȘmes droits formels. Bien sĂ»r, l’exercice rĂ©el de ces droits est conditionnĂ© Ă  la position sociale et dĂ©terminĂ©e par de multiples dominations.

Le « passe sanitaire Â» Ă©tablit dĂ©sormais une discrimination basĂ©e sur un motif qui est celui de la santĂ© (rĂ©elle ou supposĂ©e) de l’individu concernĂ©. Quels sont les droits dont on prive les non-vaccinĂ©.e.s (ou ceux et celles qui refusent de faire usage du « passe sanitaire Â») ? Pour une part, il s’agit de l’accĂšs au loisir (partir en vacances, aller au restaurant, etc.), des possibilitĂ©s de vie sociale, de celle d’aller voir ses proches en maison de retraite, d’entrer dans les mĂ©diathĂšques, de prendre le train, etc. L’existence est quasiment rĂ©duite Ă  la perspective d’aller travailler.

Le « passe sanitaire Â» rĂ©serve l’accĂšs aux soins « non-urgents Â» Ă  ses dĂ©tenteurs ; cette discrimination est sans prĂ©cĂ©dent : une partie de la population n’a plus le droit de se faire soigner – et la faute en est rejetĂ©e sur elle-mĂȘme. De plus, qui dĂ©cide du caractĂšre « non-urgent Â» ou « urgent Â» de l’intervention souhaitĂ©e ? Le mĂ©decin ? L’infirmiĂšre ? La secrĂ©taire de l’hĂŽpital ? Le vigile Ă  l’entrĂ©e ? Alors mĂȘme que la crise de la covid19 a mis en lumiĂšre la situation catastrophique du systĂšme de santĂ© (souvenons-nous des infirmiĂšres qui revĂȘtaient des sacs poubelles en guise de protection au printemps de l’an dernier), le « passe sanitaire Â» l’accentue. La stratĂ©gie de l’obligation vaccinale dĂ©guisĂ©e permet l’approfondissement de la fameuse « casse Â» de l’hĂŽpital, en se dĂ©barrassant d’une partie du personnel rĂ©tif au vaccin. Moins de gens auront lĂ©galement accĂšs aux soins de base, et un grand nombre renonceront Ă  y recourir, ce qui donne des raisons supplĂ©mentaires Ă  l’État pour continuer Ă  ne pas financer le secteur de la santĂ©. Cela prĂ©sage Ă©galement de lourdes consĂ©quences en terme de santĂ© globale de la population.

Concernant l’accĂšs Ă  la scolarisation, le contrĂŽle et l’exclusion seront aussi la rĂšgle : les protocoles ne sont pas encore dĂ©finitivement Ă©tablis mais il a Ă©tĂ© annoncĂ© que les Ă©lĂšves non vaccinĂ©s seront exclu.e.s des classes dans lesquels un cas de Covid serait dĂ©clarĂ©.

En plus de la perte de droits, l’obligation vaccinale passe par une menace sur le travail, c’est-Ă -dire sur les conditions de subsistance. Les exploiteurs pourront dĂ©sormais, non pas certes licencier leurs salariĂ©s, mais « suspendre leur contrat de travail Â» et le salaire qui va avec, ce qui, avouons-le, n’est pas trĂšs diffĂ©rent. Et qu’adviendra-t-il des intĂ©rimaires dĂ©pourvus de « passe sanitaire Â» ? Dans le secteur de la santĂ©, les soignant.e.s qui refusent la vaccination sont menacĂ©.e.s de ne plus pouvoir exercer. Une fois ceci posĂ©, il devient Ă©vident que la question du « choix Â» ou de la « libertĂ© Â» est pure fadaise : on a affaire Ă  une obligation, qui, si on ne s’y soumet pas, entraĂźne la perte de l’accĂšs au soin, de la possibilitĂ© d’une vie sociale et mĂȘme de son travail.

Dans le mĂȘme temps, on n’exigera pas le « passe sanitaire Â» pour prendre le mĂ©tro, pas davantage qu’on ne le demandera aux chauffeurs routiers dans les restaurants de bords de route. DĂšs lors, le projet est assez clair : il s’agit, comme pendant le premier confinement, de maintenir au travail les pauvres dans certains secteurs, vaccinĂ©.e.s ou non, coĂ»te que coĂ»te. Le vaccin, qui nous avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme un outil « libĂ©rateur Â», est en rĂ©alitĂ© Ă  la fois un moyen de coercition et un moyen de garantir la bonne marche de l’économie.

De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le « passe sanitaire Â» est une intensification brutale, dĂ©lirante, du contrĂŽle de chacun de nos actes. Avec cette mesure, on passe un palier dans la gestion sĂ©curitaire de l’épidĂ©mie. Le capitalisme de surveillance s’épanouit sans limite ; nos dĂ©placements sont dĂ©sormais encore davantage suivis Ă  la trace. La numĂ©risation de notre « statut sanitaire Â» donne accĂšs Ă  chaque employeur, chaque patron de restaurant, chaque vigile, chaque contrĂŽleur SNCF, Ă  des informations qui auparavant Ă©taient censĂ©es relever du secret mĂ©dical.

Inégalités nationales & inégalités mondiales

Nous avons donc affaire Ă  un systĂšme discriminatoire basĂ© sur une stratĂ©gie prophylactique improvisĂ©e et risquĂ©e. La « libertĂ© Â» de choisir ou non de se faire vacciner est bien entendu parfaitement illusoire. Cependant, rĂ©clamer cette mĂȘme libertĂ© revient Ă  tomber dans un piĂšge. Il n’y a pas de libertĂ© individuelle, au fond ; c’est collectivement que nous pouvons ĂȘtre libres, et non chacun dans son coin, assurĂ©s dans la conviction, bonne ou mauvaise, que c’est nous qui faisons les « bons choix Â». Sortir de ce piĂšge peut passer par le dĂ©placement de la question sur le terrain de l’égalitĂ©. Ainsi, on se donne les moyens d’élaborer une position collective qui dĂ©passe les positions individuelles (du type pro-vaccin / anti-vaccin).

Deux catĂ©gories de citoyens nantis de droits diffĂ©renciĂ©s, c’est une inscription dans la loi de l’inĂ©galitĂ©. De plus, la « stratĂ©gie vaccinale Â» ne repose mĂȘme pas sur un accĂšs universel au vaccin : on nous somme de nous vacciner alors mĂȘme que, le premier jour de l’instauration du « passe sanitaire Â», le nombre de doses de vaccin Ă©tait largement insuffisant et que, pour jouir des « droits Â» que confĂšre le sĂ©same, il faut attendre au minimum trois semaines aprĂšs la premiĂšre injection. Nous avons Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  ĂȘtre d’abord en tort, donc dĂ©jĂ  punis, avant mĂȘme de pouvoir nous « rĂ©gulariser Â». En outre, lorsque l’on regarde la carte de la vaccination, et qu’on la superpose Ă  la carte des zones de pauvretĂ©, on s’aperçoit qu’elles sont pratiquement le dĂ©calque l’une de l’autre : les territoires pauvres sont ceux qui comptent le moins de vaccinĂ©.e.s. faute d’accĂšs au vaccin comme au soin en gĂ©nĂ©ral (3) ; tandis que la bourgeoisie des beaux quartiers peut prĂ©senter son « passe sanitaire Â» pour engloutir ses mojitos au soleil d’aoĂ»t, les pauvres sont condamnĂ©s Ă  faire la queue en attendant qu’on leur octroie le « droit Â» d’obtenir le « passe sanitaire Â».

Chacun.e aura remarquĂ© au passage que la police ou l’AssemblĂ©e nationale sont des institutions dans lesquelles le « passe sanitaire Â» n’est pas demandé  C’est que le revers d’une discrimination, c’est le privilĂšge qu’on s’octroie ou qu’on octroie Ă  ceux dont on a le plus besoin.

A cette inĂ©galitĂ© nationale, il faut absolument ajouter l’obscĂšne inĂ©galitĂ© mondiale : en mai dernier, plus 75 % des doses de vaccin avaient Ă©tĂ© administrĂ©es aux populations des dix pays les plus riches (4). L’OMS mĂȘme, qui n’est pas un organisme d’ultragauche, rĂ©clame qu’on donne les futures troisiĂšmes doses des riches occidentaux aux pays les plus pauvres (5) ; mais les gouvernements concernĂ©s n’en ont cure et annoncent dĂ©jĂ  qu’ils distribueront ces troisiĂšmes doses Ă  leur propre population.

La conception et la fabrication accĂ©lĂ©rĂ©es des vaccins, qui ont donnĂ© lieu Ă  une « course Â», comme on dit, ont enrichi d’une maniĂšre proprement dĂ©lirante les firmes pharmaceutiques concurrentes. Elles ont Ă©tĂ© soutenues Ă  des niveaux jamais atteints par les États, qui en outre ont opportunĂ©ment supprimĂ© les obstacles rĂ©glementaires Ă  la mise en place rapide des vaccins. Elles ont mĂȘme Ă©tĂ© garanties financiĂšrement par l’UE en cas de problĂšme sanitaire qui surviendrait du fait du vaccin (6). On peut risquer la santĂ© des gens, mais pas la santĂ© Ă©conomique des firmes pharmaceutiques. Le refus rĂ©itĂ©rĂ© de lever les brevets sur les vaccins est une obscĂ©nitĂ© supplĂ©mentaire, qui dĂ©montre (s’il en est encore besoin) que les pays capitalistes avancĂ©s n’ont pas le moindre souci des populations des pays pauvres, sinon comme main-d’Ɠuvre bon marchĂ©.

L’État et le fascisme

A chaque crise, l’État se dĂ©veloppe soudain un peu davantage, et accroĂźt son emprise sur la vie des gens, son contrĂŽle des rapports sociaux et sa mainmise sur tous les secteurs de l’existence. Jamais, sauf par la rĂ©sistance acharnĂ©e des administrĂ©.e.s, il ne recule. Les manifestants sont traitĂ©s de fascistes par le gouvernement alors mĂȘme que c’est lui qui met en place des mesures qui Ă©voquent un rĂ©gime fasciste. Dans la forme socio-Ă©conomique capitaliste, la diffĂ©rence entre fascisme et dĂ©mocratie n’est pas une diffĂ©rence de nature mais de degrĂ© : en temps de crise, la dĂ©mocratie parlementaire se dote d’outils relevant de ce qu’on qualifie de fascisme.

Ce qu’il faut relever ici particuliĂšrement, c’est la dĂ©lĂ©gation du pouvoir de l’État Ă  toute une foule de citoyens, petits commerçants, fonctionnaires, secrĂ©taires mĂ©dicaux, vigiles et forces de sĂ©curitĂ©, chargĂ©s de se contrĂŽler les uns les autres, avec leur propre smartphone, sans que cela ne coĂ»te un sou Ă  l’État. Deleuze Ă©crivait dĂ©jĂ  en 1977 que ce qu’il qualifiait de « nĂ©o-fascisme Â» reposait sur « l’organisation concertĂ©e de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargĂ©s d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinĂ©ma (7). Â»

Par ailleurs, la « gestion de la crise sanitaire Â» s’est accompagnĂ©e d’un gouvernement par le mensonge qui a lui aussi atteint des niveaux absolument dĂ©lirants. Chacun.e se remĂ©morera la litanie ahurissante des mensonges successifs de l’État depuis le dĂ©but de la crise de la covid19 (le masque ne sert Ă  rien, il n’y aura pas d’obligation vaccinale, etc.). Mais ces mensonges, semble-t-il, ne sont pas des erreurs ou des imprĂ©cisions ; il s’agit d’un mode de gouvernement qui, en plaçant chacun.e dans un Ă©tat d’incertitude permanente, produit la sidĂ©ration, empĂȘche la rĂ©flexion, renforce la contrainte. En rĂ©action Ă  l’infĂąme brouet sans cesse contradictoire que nous sert le pouvoir, il se fabrique une infinitĂ© de vĂ©ritĂ©s abstraites. DĂšs lors, il suffit Ă  chaque individu d’opĂ©rer son « choix Â» « libre Â» parmi ces diffĂ©rentes positions, qui deviennent « sa Â» rĂ©alitĂ©. On ne peut donc pas vraiment s’étonner de ce que les positions les plus farfelues ou les plus abjectes aient acquis force de vĂ©ritĂ© ; ce qu’il faut garder en tĂȘte, c’est que ceux qui dĂ©fendent ou professent de telles positions farfelues ou abjectes (les « complotistes Â») ne font en derniĂšre analyse que rĂ©agir au mode de gouvernement par le mensonge. En d’autres termes, ce sont les gouvernements qui sont responsables de ce qu’eux-mĂȘmes fustigent comme Ă©tant du « complotisme Â».

Organisons-nous

Alors que la situation Ă©cologique, politique, sociale de la planĂšte entiĂšre est plus catastrophique que jamais, les gens n’ont jamais Ă©tĂ© aussi peu en mesure d’y rĂ©pondre collectivement. Sans cesse renvoyĂ©.e.s Ă  notre condition d’individus, culpabilisĂ©s, obligĂ©s de faire le « bon choix Â» individuellement, et rĂ©primĂ©s individuellement, nous manquons dĂ©sespĂ©rĂ©ment de rĂ©ponse commune. IsolĂ©.e.s, nous ne pouvons rĂ©agir face Ă  une bourgeoisie qui elle se serre manifestement les coudes, et ce Ă  l’échelle mondiale.

Il faut avant toute chose expulser les militants d’extrĂȘme-droite des mouvements contre le « passe sanitaire Â» ; que ces ordures en viennent Ă  crier « libertĂ© Â» alors mĂȘme qu’ils sont favorables Ă  un État plus coercitif encore, ne serait-ce que sur la question dite migratoire, est une salissure supplĂ©mentaire de ce vocable. La « libertĂ© Â» qu’ils revendiquent s’avĂšre souvent correspondre Ă  la libertĂ© pour les forts d’écraser les faibles. Ce mouvement ne peut se construire « avec tout le monde Â» : la prĂ©sence des idĂ©es d’extrĂȘme-droite ne sert en dĂ©finitive que le pouvoir en place, en faisant passer le gouvernement pour « modĂ©rĂ© Â» voire « centriste Â», en lui permettant d’associer publiquement l’ensemble des opposants au « passe sanitaire Â» Ă  des « fachos Â», et en prĂ©parant l’affrontement sempiternel Macron / Le Pen pour l’an prochain.

Ce que pourrait porter ce mouvement, c’est, outre l’abrogation de la loi sur le « passe sanitaire Â», la levĂ©e immĂ©diate des brevets sur les vaccins, la responsabilisation des firmes pharmaceutiques pour tout problĂšme de santĂ© public ou privĂ© consĂ©cutif au vaccin, l’investissement dans l’hĂŽpital public, l’accĂšs universel au soin, etc. Il est aussi nĂ©cessaire de mettre en question les logiques gĂ©nĂ©rales de santĂ© collective.

Quand on dĂ©plore la « dictature sanitaire Â», on oublie que la dĂ©mocratie parlementaire c’est dĂ©jĂ  la dictature de la bourgeoisie, laquelle n’agira contrairement Ă  ses intĂ©rĂȘts que si elle s’y voit forcĂ©e par un mouvement de masse suffisamment combatif. Il convient de reconstituer aussi vite que possible des logiques collectives, en s’organisant sans dirigeants Ă  l’échelle de son quartier, de son village, de son entreprise, etc. Ce n’est de toute Ă©vidence qu’en construisant une pensĂ©e et une action politiques collectives qu’on se donnera une chance de rĂ©sister Ă  l’enfer capitaliste.

Il y aura d’autres pandĂ©mies, d’autres catastrophes. Il a Ă©tĂ© beaucoup relevĂ©, au dĂ©but de la crise mondiale de la Covid-19, comment les conditions actuelles du capitalisme Ă©taient favorables Ă  la naissance, Ă  la mutation, et Ă  la rapide circulation de nouveaux virus (8). Par ailleurs, la dite « urgence climatique Â», dont la bourgeoisie n’a manifestement que faire (mĂȘme si sa propre reproduction en tant que classe est par lĂ  menacĂ©e), gĂ©nĂšre annĂ©e aprĂšs annĂ©e son lot d’infernaux drames, incendies gĂ©ants ou inondations, invasions d’insectes et disparitions d’espĂšces par lĂ©gions. Devrions-nous, Ă  chaque fois, admettre que chaque catastrophe soit l’occasion d’un tour de vis supplĂ©mentaire, d’une coercition, d’un contrĂŽle plus grands sur nos vies ? Plus que jamais, il est temps de nous organiser pour abolir ces conditions Ă  bref dĂ©lai et Ă  large Ă©chelle, et d’établir au plus vite un rĂ©gime collectif dans lequel nous aurions ensemble voix au chapitre ; faute de quoi nous devrons nous rĂ©signer Ă  observer l’agonie du monde avec par-dessus le marchĂ© un bracelet Ă©lectronique dans la poche.

Un trio d’AriĂ©geois.e.s perdu.e.s dans toute cette merde

23 août 2021




Source: Iaata.info