Nous nous sommes déjà fait avoir une première fois. Un virus qui tue, une pandémie mondiale, des mesures exceptionnelles et, face à l’urgence, on nous fait perdre nos repères. Le confinement nous a isolées dans nos colocs, nos foyers, seuls ou à quelques unes, sans prise sur la situation. Dans ces conditions, nous étions faciles à manoeuvrer.

Depuis 8 mois la vie est en suspension, reléguée au second plan au profit de l’économie. Le mot d’ordre étant “remettre les gens au travail”, à tout prix : rouvrir les usines, les écoles, télétravailler ou s’entasser dans le métro, que tous les secteurs nécessaires à la production marchande tournent à plein régime.

Et à présent le couvre feu pour contenir, officiellement, la propagation du virus. Toujours plus éloigné d’un quelconque intérêt sanitaire, les mesures prises par le gouvernement ne sont que du pur maintien de l’ordre. “Travaillez, consommez et rentrez chez vous”. Comme si le virus s’arrêtait aux portes du travail et des magasins. C’est bien connu, “le travail c’est la santé”. Et on nous culpabilise pour une fête de famille, on nous rend responsable d’une deuxième vague alors que des centaines de lits continuent d’être fermés dans les hôpitaux. À défaut de soigner, le gouvernement fait le choix de contrôler, surveiller, réprimer et c’est le tissu social qui est attaqué.

Nous voulons vivre, pas survivre. Et vivre, c’est pouvoir décider quand et comment voir nos proches, même le soir. Pouvoir rencontrer, échanger avec des personnes quand nous le désirons, même le soir. Conserver notre capacité à nous organiser, à résister, à lutter pour ce que nous voulons, le matin, le midi et même le soir.

À Toulouse, dans le quartier Saint-Cyprien, commme un symbole de l’obscénité capitaliste dans la gestion de cette crise, on détruit l’Institut Claudius Regaud et les anciens locaux du CHU pour y construire des logements de luxe (plus de 10000 euros/m2, un record pour la ville), des commerces et un hôtel 4 étoiles. Le chantier est en cours…

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Rendez-vous samedi midi pour un soupe-festive sur les ruines de l’hôpital de la Grave. Pour se retrouver, à 6, à 60, à 600.




Source: Iaata.info