Les actes antisémites ont augmenté de 74% en France en 2018. Même si cette hausse n’est relative qu’à l’année 2017 et qu’on est loin des chiffres de 2014 ou 2015, ce qui doit conduire à la prudence dans l’interprétation des chiffres, la persistance de l’antisémitisme est intolérable. Ces derniers jours, les actes symboliques et visibles se sont multipliés : arbres à la mémoire d’Ilan Halimi sciés, portraits de Simone Veil vandalisés, insultes antisémites contre Alain Finkielkraut. C’est une mauvaise nouvelle, quoique pas très étonnante quand connaît la popularité accrue de Soral, Dieudonné et d’autres sinistres personnages. Cela doit encourager chacune et chacun, mais aussi nos collectifs militants, à redoubler d’efforts dans la lutte contre l’antisémitisme.

Il y a cependant une instrumentalisation abjecte de cette lutte de la part des partis de gouvernement, dont il est d’autant plus urgent de se démarquer qu’elle ne peut qu’encourager les replis identitaires et les racismes, y compris l’antisémitisme.

Cette instrumentalisation est à l’œuvre quand Macron et le gouvernement bondissent sur les débordements médiatisés de certain∙es Gilets Jaunes pour condamner l’ensemble du mouvement. Il ne faut pas minimiser l’expression du complotisme, du racisme et notamment de l’antisémitisme, récurrente dans le mouvement. C’est notamment le fait de l’intervention de groupes fascisants mais pas seulement. C’est aussi un symptôme de la progression des idées réactionnaires dans la société. Mais réduire le soulèvement des Gilets Jaunes à cela, c’est un mensonge éhonté quand on connaît le fond des revendications sociales et démocratiques du mouvement, sans parler des positionnements explicites de différents groupes comme ceux de L’Île-Saint-Denis ou de Commercy.