Avril 7, 2021
Par Paris Luttes
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L’ART PEUTIL (AUSSI) CASSER DES BRIQUES ?

“Aisthésis” , prenons la liberté de traduire ce grec ancien par “discernement au moyen des sens”, ou encore par« sentir, ressentir ».

Nous visons là ce qui précisément relève de l’Art, du poème, cette zone de brouillage entre les mondes sensibles (privé, public, misère)

Expliquons-nous : Lorsque nous lisons un bouquin en allant au turbin, cette activité n’est pas simple activité machinique. Elle est créatrice de “sens”, elle nous “transforme”, nous “altère”, tout comme lorsque nous nous arrêtons sur le vol d’un tapis de feuilles mortes dans un parc ou devant un tableau de Giotto ! Et c’est à cet instant précis que la machine capitalistique perd son sens (je ne suis plus enchaîné à ma machine Mais en train de contempler en “soi” une Nature qui vaut pour elle-même, activité libre, (s’il en est) je ne produis plus rien que ma propre sensation et par chance, je suis en retard ! Le chef va gueuler, chouette ! La production elle, devient “improductive” comme une structure de Tinguely s’auto-détruisant (personne pour la faire marcher) !

Le capitalisme ne fabrique plus rien l’espace d’un instant, ni balles explosives, ni capuchons de stylos. Notre activité, fût-elle contemplative demeure (n’en doutons pas) une action engagée dans la révolution, la plus cinglante à venir, celle qui précède les éclats de dynamite, celle qui ne se voit pas au premier regard.

L’Art Brut (plus que tout autre), est révolutionnaire : directement branché sur l’inconscient. De tout art sauvage ne faisons plus jamais un “marché monétaire”… Les galeristes méritent qu’on les dépouille.

VOIR,” “lire”, n’est pas une simple réceptivité : c’est une Activité mutative, transformative (elle peut l’être, du moins, selon son objet)

Relisons Gabriel Gauny (Cf Rancière, Le philosophe plébéien), poseurs de parquets, typographes, balayeurs mélancoliques, terrassiers… Jouissez à votre tour du Beau et du Sublime, jadis réservés aux bourgeois.

Jouissez (nuit, jour) des entrées d’immeubles sculptées voici trois siècles, jouissez d’une Aurore, qui sera bientôt la vôtre !

Pourquoi ce Billet d’humeur ? Parce que chaque phrase infâme de Macron nous tourne le cœur ! À chacune de ses allocutions, celles de Véran ou de Castex. Ces minables comédiens, nous sentons le Chaos approcher ! D’ailleurs, il n’est pas si lointain ce temps où Sarkozy raillait « La Princesse de Clèves », traitant l’ouvrage d’inutile accessoire de pensée pour réussir à gagner plus. Réveillons les mémoires.

Cet épiphénomène est plus grave qu’il ne paraît, car il trace un partage entre l’ouvrier et l’homme “d’Esprit”. FUCK

Nous clamons au contraire : L’élément révolutionnaire et l’art ne doivent jamais se disjoindre, il y va de la pensée même.

Nous avons librement traduit le grec Aithsésis en une forme de sensorialité éminente (rétive à toute forme de factualité) et cependant, toujours ponctuelle, toujours évanouissante, de là cette nécessité de rester vigilants. « sentir, imaginer, ressentir, penser ».

À nous de rendre ces termes durables.

Nous ne parlons pas de l’élation produite par trois lignes de coke, mais du sensoriel “pur” surgissant du sentiment de beauté contenu par exemple dans Mrs Dalloway de Virginia Woolf ou du livre de l’intranquillité de Péssoa, tout autant de l’oeuvre de Séraphine de Senlis ou d’Henry Darger.

La phrase désastreuse de Sarkozy « casse » le monde en deux. Je cite : ” Cette littérature ne pourrait pas intéresser une “guichetière”.

Le barbare a parlé (mais il eut d’illustres prédécesseurs). Enfoncer le clou dans l’horreur est une spécialité des successeurs de Napoléon (mythe français paraît-il ? la gerbe).

En revanche, nous inscrivons en lettres de feu sur les imaginations paresseuses scotchées sur leur réussite sociale : « La politique révolutionnaire, l’action directe et l’art ne se disjoignent pas ! Ne se disjoindront jamais et c’est par là que nous surprendrons leur conscience, à l’improviste, évidemment ! À coups de manche de pioche.

Question : métaphore ou pas métaphore ? »

En 2016, je me souviens d’une banderole de black blocs où étaient inscrits ces derniers mots (sublimes) de la « Chanson de la plus haute tour » : “Ah ! Que le temps vienne – Où les coeurs s’éprennent ! “–

LÀ, à cet instant, je me suis dit : Nous avons gagné ! fini les besogneux commissaires du peuple (staliniens et gaullistes), fini le Météore, installé de passage à Turin, seul, “voyant” mais déséspéré, perdant l’esprit, finis les grévistes se chicorant (seuls) avec ces chevaliers teutoniques de la BAC.

Une osmose ou une anamorphose politique a paru s’accomplir. De fait, elle a eu lieu !

Nous « devenons » multiplices révolutionnaires ! Et que brûlent toutes les banques ! Toutes les prisons ! Tous les instituts de “remédiations cognitives”-

Oui, le poème en acte, c’est cela : l’incarnation presque charnelle de l’acte libérateur, c’est la pensée ne cessant de réinventer des formes de luttes inédites, mutantes et plus anti-capitalistes, anti-autoritaires, non-binaires, que jamais et toujours avec féérie… le Sabbat des sorcières est notre sphère secrète.

Aucun flic ne la trouvera jamais, car là où elle réside, EUX, n’existent pas….

Activité onirique, action directe, poème chargé de plomb,nous vous attendons, tas d’enflures. Nous calancherons peut-être, écrasés sous le nombre mais en cheyennes.

Ce qui importe, c’est que le début de la lutte eut lieu, et elle se relèvera toujours !

Gardons nos âmes embrasées…

Sylphe




Source: Paris-luttes.info