Janvier 25, 2021
Par Le Monde Libertaire
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CONTRE LA POLITIQUE DES “SAUVEURS”
Pour qui veut changer le monde, mais pour de vrai ; pas en réformant le capitalisme.
Septembre 2020.

A lire chaque lundi dans le Monde Libertaire en ligne.

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En dehors du fait que nous passons notre vie au travail, parce que n’oublions pas que nous y passons une bonne partie de notre vie, nous sommes soumis Ă  une spirale d’obsolescence programmĂ©e dans laquelle non seulement nous sommes le bras producteur et l’acheteur de ce que nous avons nous-mĂȘme produit, dĂ©gageant ainsi de grosses sommes d’argent pour les multinationales, mais tout produit fabriquĂ©, l’est avec une date de pĂ©remption, programmĂ©e de sorte qu’il casse et que tu doives en acheter un autre au bout d’un certain temps. Nous passons notre vie Ă  fabriquer des voitures, des ordinateurs, de l’électromĂ©nager… qui outre leur usure normale, sont prĂ©parĂ©s en sĂ©rie pour cesser de fonctionner dans un certain dĂ©lai Ă  la convenance du systĂšme. Quand nous essayons de rĂ©parer le lave-linge ou de remplacer des piĂšces d’un appareil domestique Ă  usage quotidien, nous constatons qu’elles sont hors de prix ou ne sont plus au catalogue et que nous n’avons pas d’autre choix que d’en acheter un neuf. Nous sommes ainsi obligĂ©es de racheter les mĂȘmes appareils et c’est cette folie qui les enrichit. Si une grande partie des produits dont nous avons besoin au quotidien Ă©tait conçus pour ne pas tomber en panne, les entreprises ne tireraient pas autant de bĂ©nĂ©fices de la vente parce que les produits seraient durables et nous n’aurions pas Ă  les racheter, mais en les programmant pour qu’ils deviennent obsolĂštes Ă  court terme, le rachat et l’enrichissement sont assurĂ©s indĂ©finiment. Ce n’est pas soutenable et c’est destructeur pour la planĂšte. Bien sĂ»r, ils nous tiennent aussi par la mode et les “nouvelles tendances” pour que nous consommions davantage et que nous essayions d’avoiir toujours le produit dernier cri.
Sans compter le mode de vie sociale que nous souhaitons, il faut tenir compte du fait que ce modĂšle de production est en train de faire usage des ressources de la terre, qui ne sont pas infinies ; c’est-Ă -dire que nous sommes en train d’épuiser les ressources naturelles de la terre pour assurer les affaires et les profits d’un petit nombre. De cette façon on nous condamne Ă  des vies toutes tracĂ©es et Ă  aller au travail tous les jours. J’en reviens Ă  la mĂȘme chose, nous vivons pour travailler, nous ne travaillons pas pour vivre, ce qui doit ĂȘtre notre aspiration.
Il n’y a rien Ă  dire concernant celles qui ignorant ou oubliant tout ce qui vient d’ĂȘtre dit prennent le train du consumĂ©risme et essayent d’avoir le dernier tĂ©lĂ©phone, le dernier modĂšle de voiture… VoilĂ  quel serait le modĂšle Ă  suivre voulu par le capital, un esclave salariĂ© qui ne se pose pas de questions, qui consomme au maximum et tout en se prĂ©tendant “in” ne remet rien en question ; comme tout le monde, elle travaillera toute sa vie, principalement pour payer sa maison (louĂ©e ou achetĂ©e) et se nourrir, deux nĂ©cessitĂ©s de base qu’il paiera de sa vie au poste de travail. Se payer deux ou trois caprices vus Ă  la tĂ©lĂ©vision, et qui la feront passer pour une battante ne seront pas grand-chose au regard de ce qu’elle aura travaillĂ©. D’une certaine façon elle devra remplir la vacuitĂ© de son existence en achetant et en achetant encore. La personne qui passe sa vie Ă  son poste de travail a besoin d’y trouver une logique Ă  son quotidien et Ă  la fonction qu’elle a dans la sociĂ©tĂ©, elle tome ainsi dans la spirale du capitalisme, en pensant qu’elle travaille pour gagner de l’argent et que cet argent elle doit le dĂ©penser.
Avec les annĂ©es, les progrĂšs de la science et de la technologie, pour notre malheur, au lieu nous faciliter la vie, ont encore menĂ© Ă  la rivalitĂ© et Ă  la catastrophe. Parce que, dans ce monde, c’est la concurrence qui fait avancer la science et la technologie, parce que si telle entreprise n’est pas la plus Ă  la pointe sur le marchĂ©, une autre, plus grande, l’avalera. Mais ce qui est clair c’est que si les progrĂšs technologiques et scientifiques Ă©taient aux mains du peuple et au profit du peuple, nos vies seraient beaucoup plus confortables. Malheureusement les outils de production et la technologie sont contrĂŽlĂ©s par les personnes fortunĂ©es.
Imaginez-vous si tous les progrĂšs de la science et de la technologie des derniĂšres annĂ©es, visaient Ă  faciliter notre quotidien et pas utilisĂ©s pour nous contrĂŽler et nous soumettre. Si au lieu d’ĂȘtre au service des guerres, des compagnies pĂ©troliĂšres, des activitĂ©s miniĂšres polluantes… ils Ă©taient au service du bien de tous.
Le recours Ă  des mĂ©thodes de recherche de qualitĂ© pour les personnes et non pour les affaires, devrait ĂȘtre le modĂšle Ă  suivre dans une nouvelle sociĂ©tĂ©. Les rĂ©coltes de qualitĂ©, sans OGM, pesticides et autres substances nuisibles seraient un bon exemple, parce que la base d’une vie saine est l’alimentation. Mais dans la sociĂ©tĂ© actuelle, le besoin de produire vite et de prĂ©senter favorablement le produit sur le marchĂ© face Ă  une concurrence fĂ©roce, ont fait de l’alimentation un nĂ©goce qui oublie que nous sommes ce que nous mangeons. Les affaires passent avant la vie. Nous devrions produire des machines durables et des aliments sains pour ne pas tomber dans la spirale capitaliste de devoir aller produire tous les jours sans que cela ait de sens et bien entendu pour ne pas avoir de problĂšmes de santĂ© ni en raison du travail ni en raison de l’alimentation.
Il y a de meilleures mĂ©thodes et plus saines, des substituts Ă  de nombreux matĂ©riaux polluants, des Ă©nergies propres, etc. Tout cela a Ă©tĂ© inventĂ© mais aussi passĂ© sous silence et occultĂ© afin que le monde reste la bonne affaire d’un petit nombre et non un lieu oĂč pouvoir vivre en paix. Les nouvelles technologies, bonnes ou mauvaises, sont sĂ©questrĂ©es et sorties selon les intĂ©rĂȘts de ceux qui contrĂŽlent les marchĂ©s. L’usage des outils et des mĂ©thodes inventĂ©es jusqu’à prĂ©sent pour ce qu’on appelle Ă  tort le “dĂ©veloppement de l’humanitĂ©, pourraient, dans nos mains, reprĂ©senter un Ă©norme changement dans nos vies. Nous devons simplement avoir une autre philosophie. Au lieu de vivre en travaillant et dans la rivalitĂ© perpĂ©rtuelle, nous parlons de vivre avec des commoditĂ©s.
La rĂ©volution consiste Ă  enlever aux puissants les outils et ressources qu’ils dĂ©tiennent pour leur profit personnel et les mettre au service du peuple pour qu’il puisse dĂ©cider de son avenir et produire selon ses besoins, afin de vivre libres de toute exploitation et sans rivalitĂ©s.
Peu importe que nous travaillions dans un atelier, un bureau, dans le fonctionnariat, le professorat, la mine, c’est nous tous, peuple travailleur, qui faisons fonctionner tous les rouages de ce systùme criminel. Nous toutes enrichissons les grandes fortunes.
Nous sommes nombreuses Ă  ne pas accepter cette forme de vie imposĂ©e et Ă  ne pas aspirer Ă  aller travailler tous les jours et user notre santĂ© en Ă©change d’un salaire. Nous sommes nombreux Ă©galement Ă  ne pas voir comme une rĂ©volution d’avoir du travail et un crĂ©dit immobilier, parce que, mĂȘme si les partis politiques financĂ©s par l’ennemi, ont implantĂ© chez le peuple l’idĂ©e que c’est ça ĂȘtre libres, nous ne l’accepterons jamais.
Travailler ? Mais bien sĂ»r ! Mais pour nous et notre avenir et non pas en tant qu’esclaves pour des chefs, des banques et des multinationales.




Source: Monde-libertaire.fr