FĂ©vrier 7, 2021
Par Le Monde Libertaire
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CONTRE LA POLITIQUE DES “SAUVEURS”
Pour qui veut changer le monde, mais pour de vrai ; pas en réformant le capitalisme.
Septembre 2020.

A lire chaque lundi dans le Monde Libertaire en ligne.

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La situation est pire de jour en jour : davantage de coupes budgĂ©taires, d’expulsions, de contrĂŽles policiers… Leurs plans ne semblent pas entravĂ©s par la faible rĂ©ponse que nous opposons. Ils gagnent du terrain et nous ne savons pas comment rĂ©agir. Le peu d’expĂ©rience dans la lutte, les stratĂ©gies de divertissement en place, l’individualisme et les luttes de pouvoir entre organisations censĂ©es ĂȘtre rĂ©volutionnaires nous affaiblissent pour faire face Ă  la situation.

AprĂšs la dictature franquiste, l’État a prĂ©parĂ© la transition Ă  la dĂ©mocratie, ce fut du grand art, le chef-d’Ɠuvre qui a dupĂ© ou achetĂ© la plupart des organisations se dĂ©clarant rĂ©volutionnaires Ă  l’époque, et Ă  la surprise -presque- gĂ©nĂ©rale, l’État a mis la main sur tous les moyens de lutte des ouvriĂšres et gagnĂ© la plupart des syndicats et des partis ; il n’avait dĂ©sormais plus sans grand mal qu’à mettre en place Ă  sa guise un modĂšle social. C’est en soudoyant et en proposant de bonnes planques qu’il a Ă©tĂ© mis fin Ă  la rĂ©sistance ouvriĂšre. Qui peut comprendre autrement que le patronat et l’État subventionnent les syndicats et les partis politiques ? C’est comme si les loups mangeaient dans la main des humaines de sorte qu’ils ne sauraient plus se procurer de nourriture et seraient obligĂ©s de manger dans la main qui le nourrit pour mieux le domestiquer Ă  son profit. Prendrais-tu l’argent de ton ennemi ? Aurais-tu confiance ? Financer les partis et les syndicats c’est les soudoyer sans le dire.

DĂ©jĂ  que la rĂ©sistance avait Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©e par toutes les arrestations et les persĂ©cutions subies pendant le franquisme et au cours de la fausse dĂ©mocratie que nous connaissons aujourd’hui, voilĂ  que la dite crise de 2007, est venu nous arracher, avec plus de force que les crises prĂ©cĂ©dentes, le nouveau modĂšle de sociĂ©tĂ© oĂč nous vivions, comme ils nous avaient fait croire : l’État-Providence [littĂ©ralement en espagnol, État du Bien-ĂȘtre]. On parlait de classe moyenne, le chĂŽmage Ă©tait bas, les banques accordaient des prĂȘts exorbitants… Beaucoup de gens ont cru Ă  cette fable de nouveau modĂšle de sociĂ©tĂ© qui n’était qu’un capitalisme Ă  visage plus aimable qui allait rĂ©partir un peu plus les miettes et mĂšnerait encore plus ouvertement la population Ă  assumer la sociĂ©tĂ© de consommation. Ce qu’on appelle État-Providence a servi Ă  faire retomber les quelques foyers de rĂ©sistance qui restaient encore en Espagne au dĂ©but des annĂ©es 90.

Le discours de l’État-Providence a Ă©tĂ© adoptĂ© par la plupart des partis politiques et des syndicats, devenus fonctionnaires depuis 1976, lesquels abandonnĂšrent dĂšs lors leurs vellĂ©itĂ©s rĂ©volutionnaires pour prendre le train de ce nouveau marchĂ© de dupes ; de sorte que lorsque la soi-disante crise Ă©clata, aucun n’était prĂȘt Ă  contester les nouveaux intĂ©rĂȘts du capital. La crise n’a pas Ă©tĂ© pas un phĂ©nomĂšne inattendu, n’oublions pas que le systĂšme capitaliste se dĂ©clare en crise Ă  intervalles rĂ©guliers et se sert de cette excuse pour avancer vers ses objectifs. La crise a Ă©tĂ© le prĂ©texte pour baisser la qualitĂ© de vie de la classe laborieuse, et pour ce qui concerne 2007, en profiter trĂšs clairement pour rĂ©duire les droits sociaux, du travail et Ă©conomiques.

Il faut dire aussi qu’une bonne partie de la population, avalant les mensonges des mĂ©dias, dĂ©fend n’importe quelle action de l’État en vue de revenir Ă  la bulle capitaliste prĂ©cĂ©dente, le peuple accepte de tristes mensonges, par exemple que certaines doivent vivre mal pour que d’autres d’entre nous vivent bien, qu’il doit y avoir des guerres pour que le monde tourne ou que la vie est dure et que le lot de certaines est de souffrir. Il est indiscutable que la vie est dure, mais le grand coupable en est le capitalisme, pas les gens qui souffrent et mourront sur son autel.

Suite au travail sur la sociĂ©tĂ© menĂ© par les services de l’État, las Ă©conomistes, les marchĂ©s, on a constatĂ© le peu de rĂ©actions face Ă  ces plans d’abaissement du niveau de vie de la classe laborieuse, ils ont ainsi pu poursuivre leur stratĂ©gie de plus en plus au grand jour vers un monde globalisĂ© de maĂźtres et d’esclaves. Ce n’est pas un hasard si aprĂšs la crise, en Espagne, les riches Ă©taient plus riches et les pauvres plus pauvres. Des Ă©conomistes ont affirmĂ© que certains riches avaient multipliĂ© leur fortune par quatre aprĂšs la crise Ă©conomique. En 2017, dix ans aprĂšs la crise, 1 pour cent de la population espagnole possĂ©dait 40 pour cent de la richesse du pays tandis que la situation du peuple s’était beaucoup prĂ©carisĂ©e.

Au niveau mondial, il y a huit millionnaires qui ont plus d’argent que la moitiĂ© de la population de la planĂšte rĂ©unie. Nous vivons dans une lutte des classes perpĂ©tuelle. En 2014, le millionnaire Warren Buffet, dĂ©tenteur de l’une des plus grandes fortunes au monde, a dit : “La lutte des classes continue toujours, c’est juste que c’est la mienne qui est en train de la gagner”. Ces messieurs mettent en Ɠuvre leurs plans et avec leurs trucs qui marchent toujours, ils mous rĂ©duisent Ă  la misĂšre. Aujourd’hui ils continuent Ă  introduire des lois de plus en plus dures, comme la derniĂšre “loi museliĂšre”, qui nous prive des derniers droits qui nous restaient.
Préparons-nous pour les prochaines crises.




Source: Monde-libertaire.fr