Janvier 31, 2021
Par Le Monde Libertaire
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CONTRE LA POLITIQUE DES “SAUVEURS”
Pour qui veut changer le monde, mais pour de vrai ; pas en réformant le capitalisme.
Septembre 2020.

A lire chaque lundi dans le Monde Libertaire en ligne.

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Nous voulons améliorer les choses, et pour cela beaucoup croient qu’il faut faire la chose suivante : changer ce pays. Nous entendons toujours des phrases telles que “le pays va vraiment mal”, “nous devons redresser ce pays”, etc. Mais qu’est-ce qu’un pays ? En quoi consiste-t-il ? Quand on nous dit qu’il faut redresser le pays, que nous sommes toutes dans le même bateau, que nous devons entrer en compétition avec d’autres pays pour ne pas rester hors du marché… tout ce qu’il y a de vrai là-dedans c’est qu’on est en train de nous inciter à produire parce que l’État n’est rien d’autre qu’une grande entreprise. Dire “redresser le pays”, veut dire réellement remplir les poches des petits chefs de l’État et de tous les parasites qui les entourent, comme la police, les militaires, les politiques, l’Église… Toutes ces institutions employées depuis toujours pour réprimer et tromper le peuple sont un cancer que nous nourrissons et enrichissons avec notre travail, notre consommation, nos impôts.

Hauts gradés, ecclésiastiques et chefs d’entreprise, tous ces gens qui amassent des monceaux d’argent sont les véritables propriétaires de l’État. Nous sommes ses fidèles défenseurs, productrices et consommatrices. L’État est l’outil parfait pour mener à bien le système de domination : il a sa classe privilégiée (riches), sa police et son armée pour le défendre et le bas peuple travailleur. Qui a le pouvoir contrôle le marché, les médias et a le monopole de la violence.

Dans les dernières années on nous a fait croire que la seule forme d’organisation de la société, c’est l’État, mais celui-ci n’est qu’une structure créée pour nous contrôler et utiliser la population comme marchandise. C’est une institution où, si on est en haut, on s’enrichit et on commande et si on est au bas de l’échelle, on vit pour produire et servir l’intérêt de ses supérieures.

La constitution de pouvoirs après un changement ou révolution ne représente rien d’autre qu’une nouvelle classe privilégiée qui soumettra le reste de la population. Toute classe privilégiée, quand le peuple voudra des changements et s’organisera, étouffera le conflit en se servant de la police, et si nécessaire, l’armée, quelle que soit la tendance de ce nouveau gouvernement. Quiconque voudra être libre, ne peut restructurer la société en conservant une structure créée de longue date pour soumettre le peuple, ne peut reconstruire une structure de répression et de contrôle tel que l’État. Dans la recherche d’un changement, la construction doit se faire depuis la base et depuis les assemblées des peuples, les quartiers et lieux de travail. Ce sera le seul moyen de construire une société qui parvienne à satisfaire les besoins de ses membres participants. La participation de toutes est nécessaire pour prendre des décisions pour nos communautés. De même que pendant la période de la guerre civile et de la révolution sociale (1936-1939) et beaucoup d’autres dans l’histoire, c’est la classe laborieuse qui doit diriger les usines, les ateliers et les champs. Les travailleurs n’ont nullement besoin de l’État, ils peuvent s’organiser par eux-mêmes sans se donner un maître.

L’État est une institution qui nous oblige à respecter ses décisions et les suivre sans réfléchir, il nous apprend à être soumises ou, sinon, à en payer les conséquences. Éducation autoritaire fondée sur les châtiments et la peur pour nous endoctriner et pour que nous ne créions aucun problème au pouvoir. Nous quittons l’école après un bon lavage de cerveau, prêtes à travailler huit heures en échange d’un salaire, et dans la plupart des cas pour un travail qui ne nous plaît pas ou qui finira par nous lasser. Nombreuses sont celles qui ne comprennent pas leur travail, ne savent pas où vont les produits qu’elles fabriquent, donnent huit heures de leur vie comme si elles en avaient à revendre. Nous avons accepté par soumission ce mode de vie et nous faisons tous les jours notre devoir de “bons citoyens” dans notre fonction. Nous rentrons dans une dynamique en accomplissant notre journée de travail mais, en tant qu’êtres humains rationnels, nous remettons souvent tout en cause et nous ne trouvons pas de sens à la vie, parce que personne ne peut comprendre un travail monotone dont en plus il ne connaît pas la finalité ou à qui va tout ce qu’il produit au quotidien. Nous devons toutes, dans la recherche de nouvelles façons de structurer la société, participer à sa construction, mais bien entendu en comprenant le sens de notre effort. Il ne peut y avoir destruction de l’État que si nous, les membres de la communauté, nous comprenons ce que nous faisons et si nous le faisons pour nous. Et pas seulement dans le monde du travail mais aussi dans les quartiers et villages.

La passivité a été souhaitée pendant des années par les États pour pouvoir mener à bien leurs plans sans que personne ne proteste ni ne s’en mêle. C’est ainsi que nous en sommes arrivés à la situation actuelle, nous n’avons aucune capacité de décision ou d’organisation, nous sommes complètement absorbés par les discours de ceux qui nous guident et nous protègent.

On nous éduque depuis l’enfance dans l’idée de la nation ou de l’État. Drapeaux, chants, matchs de l’équipe nationale, olympiades et mille autres moyens pour que nous nous sentions appartenir à quelque chose qui, en réalité, n’est qu’un sentiment, une illusion. Sentir qu’on est d’un village ou d’un lieu n’a rien à voir avec la nécessité d’un État.

N’oublions pas que le petit peuple n’est pas seulement le bras producteur des États, c’est aussi lui qui part à la guerre et défend les intérêts des patrons et des multinationales, ceux-là même qui vendront d’abord les armes puis les briques et les fenêtres pour reconstruire les maisons détruites. Nous, les travailleuses de tous les pays, non seulement nous nous chargerons de produire les armes, les briques, les fenêtres… mais aussi de mourir sur le champ de bataille pour un nationalisme inventé qui défend un État et, bien entendu, les intérêts et les profits de ses maîtres.

Historiquement, toute idéologie socialiste ou révolutionnaire a vu l’État comme l’un de ses plus grands problèmes pour l’émancipation des travailleurs, et les révolutions menées à travers la conquête de l’État, n’ont rien obtenu d’autre que de soumettre le peuple aux nouveaux représentants de l’État. Aujourd’hui on dirait que beaucoup oublient l’histoire et mettent en évidence qu’ils ne veulent que commander, pas la liberté du peuple.

x véritables gouvernants et aux grands patrons de l’économie mondiale. Le nationalisme est devenu plus que jamais une invention pour les pauvres qui tient de moins en moins debout. Les multinationales étrangères, des entreprises de notre propre pays qui se délocalisent dans d’autres pays où la rentabilité est plus élevée pour le patron, mettent à nu la fausse invention du nationalisme qui est toujours utilisé pour semer la haine entre les peuples. Les grandes multinationales se déplacent et les déplacements des personnes et limité par les frontières et par les nations.




Source: Monde-libertaire.fr