Juillet 6, 2022
Par Mille Babords
155 visites

L’historien Jérémy Rubenstein vient nous parler des doctrine de contre-insurrection, du maintien de l’ordre et de la propagandes faites par l’extrême droite autours de ces doctrine.

https://www.facebook.com/events/443979060572469/?ref=newsfeed

Le 11 mai 2021, l’hebdo d’extrême-droite Valeurs Actuelles publiait une tribune signée par des officiers anonymes. Moins remarquée que la précédente, du 21 avril (dite « des généraux » dans le même journal), ce texte est emprunt d’une pensée militaire très particulière : la contre-insurrection à la française, généralement appelée la « Doctrine de Guerre Révolutionnaire » (DGR).

Cette irruption sur la scène publique de militaires menaçant ouvertement d’un putsch ne vient pas de nulle part. Cette DGR a une longue histoire, qui puise dans les techniques de domination coloniale du XIXème et XXème siècle et se cristallise durant les guerres de décolonisation (Indochine, Algérie, Cameroun, entre autres). Dans le temps plus court, les vingt dernières années ont réhabilité cette “doctrine” qui avait été bannie du corpus officiel de l’armée française depuis le début des années 1960, précisément pour son caractère explosif menant nombre d’officiers à entreprendre des coups d’État (réussi en 1958, raté en avril 1961). Entre autres, les Livres blancs (doctrine officielle de l’armée) de 2008 et 2013 réintroduisent la contre-insurrection, renforcent les forces spéciales (indissociables de la contre-insurrection) et brouillent les frontières entre Défense (extérieure) et Sécurité (intérieure) à travers la notion de « continuum ». Cela explique pour bonne part que des officiers de forces spéciales envoyés dans de différentes zones de conflit à travers le monde se croient habilités à dresser un diagnostic sur l’état de la France (au bord de la guerre civile, selon eux) et légitimes à intervenir.

Les tribunes des militaires ne sont pas publiées par n’importe quels journaux : ce sont les médias d’extrême-droite qui les diffusent. En soi, ces publications sont des opérations psychologiques. Et la couleur politique de ces médias ne doit rien au hasard : dès sa conception dans les années 1950, il y une forte imbrication entre la DGR et les extrêmes-droites. Par la suite, OAS (Organisation de l’Armée Secrète) aidant, cette articulation ne fait que se renforcer et s’internationaliser (des anciens membres de l’OAS se retrouvant en Italie, en Espagne ou en Argentine, entre autres). Mais la DGR s’imbrique aussi avec les autres droites (gaulliste et giscardienne). Ainsi, avec le temps, la DGR devient une sorte de boîte à outils pour les différentes formations de droite.

Durant notre conversation, nous nous focaliserons sur la droite maréchaliste actuelle, Mme Maréchal Le Pen n’étant pas la dernière à puiser dans le corpus contre-insurrectionnel (dont elle cache l’inspiration sous des atours « gramsciens », en référence au dirigeant historiques du Parti Communiste italien).




Source: Millebabords.org