Novembre 15, 2019
Par Paris Luttes
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Quelques conseils…

AVANT LA MANIF

Éviter de venir seul.e. Former des binĂŽmes ou trinĂŽmes (personnes se connaissant et ayant les mĂȘmes objectifs), si possible venir en plus grand groupe et fixer un rencard d’aprĂšs-manif pour voir si tout le monde va bien et mĂȘme tĂ©moigner.

Éviter d’amener agenda, carnet d’adresses, tracts et papiers personnels. Faites vos poches pour vous assurer de ne rien avoir de compromettant (couteau suisse, boulette de shit oubliĂ©e, …). Il est important d’avoir de l’eau et il peut ĂȘtre utile d’avoir quelque chose Ă  grignoter. Les nasses policiĂšres peuvent ĂȘtre longues. L’alcool n’est pas une trĂšs bonne idĂ©e, cela favorise la dĂ©shydratation et le risque d’hĂ©moragie en cas de blessures. Prendre de l’argent liquide, ça peut toujours servir. Les portables sont pratiques (garder en tĂȘte la gĂ©olocalisation), mais attention Ă  les Ă©teindre en cas d’arrestation. Un foulard peut ĂȘtre utile, ainsi que du sĂ©rum physiologique. Avoir des chaussures adaptĂ©es et Ă©viter de porter des vĂȘtements trop amples. Si on a les cheveux long on peut les attacher, et si cela est possible il est mieux de laisser boucles d’oreilles et piercing Ă  la maison. Emporter le nom ou le numĂ©ro d’un avocat et de la commission anti-rĂ©pression (si elle existe).



Trousses de secours

Il est important d’avoir toujours sur soi de quoi soigner de petites blessures, qu’elles soient le fait de la rĂ©pression policiĂšre ou de simples accidents. Pensez par exemple Ă  du sĂ©rum phy ou un produit pour les yeux, de quoi faire un pansement d’urgence si vous ĂȘtes sĂ©parĂ©E de votre secouriste ; une bande, quelques compresses… Essayez d’avoir dans chaque groupe quelqu’un ayant des notions de secourisme, et une trousse de secours complĂšte, avec des gants stĂ©riles, des pansements, des compresses, des bandes stĂ©riles, du coton, des antiseptiques et les mĂ©dicaments classiques contre les maux de tĂȘte, les problĂšmes digestifs…

PENDANT LA MANIF

Rester mobile et attentif.ve Ă  « l’environnement Â» : “forces de l’ordre” (CRS, BAC, RG, voltigeurs…), vidĂ©osurveillance urbaine, tĂ©lĂ©phones portables, go-pro … Avec leurs camĂ©ras, les flics fichent les manifestant.e.s, se masquer le visage peut ĂȘtre utile ; dans certaine situations cela parait indispensable. Essayer d’évaluer avec votre trinome des “portes de sorties” dans chaque nouvelles situations.

La premiĂšre arme de la police c’est la peur. SirĂšnes, fusĂ©es, grenades et intimidations orales sont surtout des techniques de dissuasions. Face Ă  cela, essayer de rester le plus calme possible, mĂȘme dans les mouvements de foule ; Ă©viter de crier ou de courir inutilement (cela augmente le stress collectif). Ne pas cĂ©der Ă  la panique… La peur est naturelle mais on peut apprendre Ă  la canaliser (chanter ensemble, crier des slogans, se regrouper…).

Une charge de police dĂ©passe rarement 60 m donc il est inutile de courir plus loin ; il vaut mieux marcher groupĂ©.e.s et Ă©viter de laisser des personnes isolĂ©es derriĂšre le groupe. La BAC, plus mobile, est souvent lĂ  pour interpeller : ils agissent en roue libre avant de se replier derriĂšre les lignes de CRS/GM, rester groupĂ©.e.s face Ă  elle, former des chaĂźnes si nĂ©cessaire, c’est un bon moyen d’éviter les arrestations. Attention quand mĂȘme aux LBD40 (flasball) !

Rester toujours attentif.ve aux autres manifestant.es : l’entraide est essentielle. Si on voit une arrestation, on peut s’y opposer en agrippant la personne et en interpellant les gens autour. Mais attention, ça ne sert Ă  rien de jouer les zorros… et de se faire serrer aussi.

Si rien ne peut ĂȘtre tentĂ©, essayez de trouver des infos puis transmettez les Ă  la commission « anti-rĂ©pression Â». Si il n’y en a pas vers chez vous trouvez un collectif de dĂ©fense des manifestant.e.s. Cela aide Ă  accĂ©lĂ©rer l’aide juridique (prĂ©parer un dossier, discuter de la dĂ©fense…) et l’ami.e incarcĂ©rĂ©.e se sentira moins seul.e. Si on est arrĂȘtĂ©.e, se signaler aux tĂ©moins, et Ă©viter les insultes et les coups : l’« outrage et rĂ©bellion Â» est l’arme judiciaire prĂ©fĂ©rĂ©e des flics pour charger un dossier.

En cas de nasse d’une partie des manifestant-es c’est presque toujours une bonne idĂ©e de rester en soutien Ă  l’extĂ©rieur de la nasse. Ça rĂ©chauffe les coeurs et ça peut dĂ©sorganiser la police.

Les lacrymos sont souvent trĂšs localisĂ©es, il suffit de se dĂ©caler de quelques mĂštres pour les Ă©viter. Observez le sens du vent. Ne pas relancer une grenade qui n’a pas encore explosĂ© car il peut s’agir d’une grenade explosive (GLIF4) ou d’une grenade de dĂ©sencerclement. En cas de gazage, respirer par la bouche au travers d’un tissu imbibĂ© d’eau (attention ! si le citron fait du bien sur le coup, l’association citron+lacrymos est trĂšs nocive). Les lacrymos collent Ă  la peau et aux tissus, il faut donc Ă©viter de se toucher les yeux et les lĂšvres avec des mains ou des vĂȘtements contaminĂ©s. Se rincer la peau avec de l’eau. Pour les yeux, le mieux est le sĂ©rum physiologique, sinon on peut utiliser de l’eau (Ă©ventuellement mĂ©langĂ©e Ă  du Malox).

EN CAS DE GARDE A VUE

La durĂ©e maximale d’un contrĂŽle d’identitĂ© est de 4 h ; une garde-Ă -vue peut durer 24 h, prolongeables jusqu’à 48 h. Depuis la rĂ©forme de la GAV en 2011, il est possible d’exiger la prĂ©sence d’un avocat dĂšs le dĂ©but de la GAV et pendant les interrogatoires ; il a 2 h pour arriver. Dans les faits, les flics peuvent insister pour commencer sans lui, sous prĂ©texte qu’il n’est pas joignable, et dĂ©buter une audition. Ne pas cĂ©der sur ce point. Rester vigilant.e mĂȘme en prĂ©sence d’un avocat : un avocat peu soucieux de la situation vous conseillera peut-ĂȘtre de tout dire, ou de donner votre ADN
 Demander Ă  voir un mĂ©decin (si cette demande n’est pas satisfaite il y a vice de procĂ©dure… et ça fait toujours du bien de rencontrer des gens).

Il faut savoir que tout ce que vous direz lors d’une audition sera utilisĂ© ensuite par un juge pour vous condamner. La loi n’oblige qu’à donner ses noms, date de naissance et adresse. Une des techniques policiĂšres employĂ©es est de vous inciter Ă  reconnaĂźtre ce qui vous est reprochĂ© pour sortir plus vite de garde Ă  vue. Accepter est un mauvais calcul.

MalgrĂ© toutes les pressions des flics on a Ă©videmment le droit de ne rien dĂ©clarer. Attention, les flics manipulent souvent les ProcĂšs-Verbaux, il faut bien les relire avant d’éventuellement les signer. Il est quasi impossible de revenir, lors d’un procĂšs, sur des dĂ©clarations faites au cours d’une garde Ă  vue.

Le fichage gĂ©nĂ©tique (ADN) est un grand pas vers la surveillance totale. MĂȘme si refuser de donner son ADN aux flics constitue un dĂ©lit (un an de prison et 15 000 euros d’amende), les poursuites ne sont pas systĂ©matiques, et les condamnations sont souvent lĂ©gĂšres ( une amende de quelques centaines d’euros…) quand la.e prĂ©venu.e invoque un refus du fichage gĂ©nĂ©tique et est soutenu.e par des associations, syndicats
 LĂ  aussi, la Caisse de SolidaritĂ© ou – s’il y en a une – la commission « anti-rĂ©pression Â» de votre mouvement sont lĂ  pour organiser la solidaritĂ© en cas de condamnation pour refus ADN.

En rĂšgle gĂ©nĂ©rale il vaut mieux demander Ă  reporter la comparution immĂ©diate pour prĂ©parer sa dĂ©fense car les condamnations sont en moyenne plus lourdes lors de celles-ci. Il faut que vous jugiez selon la gravitĂ© des faits, le contexte de l’arrestation et les garanties de reprĂ©sentation (information qui prouvent que vous ne risquez pas de ne pas vous prĂ©senter Ă  votre jugement : attestation de travail, formation, logement…) que vous pouvez fournir, on encourt alors le risque d’une dĂ©tention prĂ©ventive (quelques semaines). D’oĂč l’importance aussi de prĂ©parer un dossier solide lorsque vos ami.es sont arrĂȘtĂ©.es pour confirmer les garanties de reprĂ©sentation.

APRES LA MANIF

Changer ses vĂȘtements si nĂ©cessaire, Ă©viter de rentrer seul.e chez soi. S’assurer que les membres de son trinome sont eux aussi bien rentrĂ©s. Prendre une douche pour se dĂ©contaminer des gaz. C’est souvent bien de trouver un moment pour discuter de la manif et de nos ressentis, et pour s’organiser pour la prochaine !



Pour approfondir




Source: Paris-luttes.info