Faire le ménage dans ses affaires de manif

Le réveil sonne et hop tu sautes dans ton jean préféré et t’enfiles ton blouson noir pour rejoindre le cortège. Sauf que… il reste souvent des petits objets au fond de nos sacs, dans nos poches de veste, et pantalon dont on ne pensait pas se servir en manif. Rien de fou, mais des choses suffisamment compromettantes dans l’esprit torve des flics : un outil de travail, un petit canif, une boulette de shit… des trucs de rien du tout, mais qu’il·elle·s kifferont se mettre sous la dent s’il·elle·s t’interpellent et te fouillent.

Donc on fait le tri et on laisse chez soi tout ce dont on ne comptait pas se servir !

Avoir de quoi se protéger est primordial, mais se faire embarquer et rater la manif pour du shit, un couteau suisse ou une clef de huit, c’est dommage.

Retenir un nom d’avocat·e

Pour le ou la désigner en garde à vue.

Tu peux trouver celles et ceux en contact avec la Legal Team Paris au lien suivant : https://rajcollective.noblogs.org/les-collectifs-locaux/paris/

Il suffit de retenir un nom, et le barreau correspondant (la ville dans laquelle exerce l’avocat·e).

Pas besoin de connaître son numéro de tél.

Si tu en désignes un·e, mais qu’il·elle n’est pas dispo, il·elle se fera substituer par un·e autre avocat·e du collectif.

Si les keufs disent que l’avocat·e n’est pas joignable/pas disponible, c’est souvent du pipeau. Ne te laisse pas embrouiller et insiste. Ils sont obligés de contacter l’avocat·e que tu choisis.

S’il·elle·s font vraiment obstruction, comme tu as le droit de contacter une personne proche pendant tes premières 24h de GAV, puis à nouveau pendant les 24 suivantes, tu peux la prévenir de cette obstruction.

Il peut malheureusement arriver que le collectif d’avocat·e·s soit débordé lors de certaines manifs. Dans ce cas, une bonne stratégie peut être de garder le silence, et de garder cette attitude même avec un·e avocat·e commis·e d’office. Le droit au silence est un droit essentiel de la défense, qui ne peut pas t’être reproché au tribunal.

Deux ou trois choses importantes à savoir concernant les commis·e·s d’office :

– ce sont des avocat·e·s d’astreinte et les astreintes ne durant que 24h, cela signifie que tu auras un·e commis·e d’office différent·e à chaque étape de ton parcours judiciaire (GAV puis « déferrement » (envoyé·e au tribunal) voire comparution immédiate). Pas idéal pour suivre ton dossier !

– il·elle·s sont payé·e·s au nombre de dossiers et auront donc généralement tendance à boucler rapidement les affaires, donc peuvent t’inciter à parler en GAV, et parler, ça alimente le dossier des keufs, bien souvent vide au départ.

– si le collectif d’avocat·e·s en contact avec la Legal Team n’a pas pu s’occuper de ton dossier en comparution immédiate et que tu as un·e commis·e d’office, il faut demander un renvoi du procès.

Entre cette 1re audience et le renvoi, tu pourras désigner de nouveau un·e avocat·e de ton choix et contacter la Legal Team dans ce but. Tu auras ainsi le temps de bien organiser ta défense !

Préparer ses garanties de représentation

C’est quoi et à quoi ça sert ?

Si après ta garde à vue tu es déféré·e (présenté·e à la justice), et que le procureur décide de t’envoyer en comparution immédiate (un procès fait le jour même à la va-vite), on te recommande vivement de demander un renvoi (report du procès). Mais dans ce cas, il faudra fournir des documents censés attester que tu ne peux pas te volatiliser et que tu te présenteras bien à ton procès. Sans ça, tu peux te retrouver en détention provisoire, c’est à dire en taule jusqu’à ta nouvelle date de procès !

En gros, il s’agit de n’importe quels documents attestant que tu habites quelque part, que tu travailles, cherches du travail, étudies quelque part (liste détaillée plus bas).

Il est crucial d’avoir ces documents prêts à l’avance. Sans ça, tes proches se retrouvent à essayer de les rassembler à l’arrache pendant tes 48h de GAV, et 48h ça peut faire très court.

Choisir une personne de confiance qui ne va pas en manif, lui confier ses garanties, et apprendre son numéro par cœur.

Ces garanties, il faudra les confier à quelqu’un·e avant de partir en manif. Une fois en garde à vue, tu peux faire prévenir un·e proche par le comico, et même t’entretenir directement avec. C’est à ce moment que tu peux lui dire que tu es en GAV, dans quel comico, et qu’il faut contacter et envoyer les garanties à la Legal Team. Ne parle pas plus de l’interpellation et de ce que tu as fait ou pas en manif, car le coup de téléphone est souvent surveillé par les flics.

Comment bien choisir cette personne ? Idéalement, il faudrait que ce soit quelqu’un·e :

  • en qui tu as confiance/qui ne te fera pas la morale dès qu’il·elle saura que tu es en GAV
  • qui ne va pas à la manif (il·elle ne pourra pas t’aider si elle est aussi en GAV)
  • dont tu connais le numéro par cœur (au comico, ton téléphone sera peut être sous scellé, et même s’il ne l’est pas, c’est une très mauvaise idée de débloquer son tel devant les flics, ils pourraient en profiter pour fouiller dedans)
  • qui a le contact de la Legal Team
  • d’assez militant·e pour savoir que les flics ne sont pas nos ami·e·s, et pour ne pas se mettre à raconter trop de trucs quand le comico l’appelle
  • , mais pas forcément la personne avec qui tu t’organises le plus ! On ne tient pas forcément à ce que les keufs récupèrent le numéro de tél de celui ou celle avec qui on fait les 400 coups.

Ne pas parler en garde à vue

Tout ce qu’on peut dire peut nous incriminer ou incriminer d’autres personnes. En garde à vue, on n’a pas accès à un dossier précis de ce qui nous est reproché, on est crevé·e et sous pression, ce n’est pas le moment où l’on peut se défendre dans de bonnes conditions.

Contact

Liste de possibles garanties de représentation

Les garanties de représentation sont un ensemble de documents qui permettent d’assurer aux autorités judiciaires que vous n’allez pas disparaître et que vous allez vous présenter à votre procès. Elles sont un des outils déterminants pour se défendre face aux demandes de mises en détention provisoire, notamment lorsque vous refusez la comparution immédiate ou si vous êtes mis.e en examen en attente d’un procès.

Vous pouvez nous envoyer à l’adresse stoprepression[at]riseup.net des scans ou photos des documents suivants (en rappelant dans l’objet pour qui ces papiers sont destinés) :

– Pièces d’identité (CNI, passeport, permis, etc.) ;

– Justificatif de domicile (quittance de loyer, factures de gaz/élec, téléphone, etc.) ;

NB : Si vous n’avez pas de domicile dans les alentours ou pas de domicile du tout, nous recommandons vivement de vous faire fournir une attestation d’hébergement à titre gratuit par un·e proche : elle vaut justificatif de domicile devant les magistrats, elle consiste en une lettre signée ; attention, la personne qui fait cette lettre doit aussi envoyer une copie de sa propre pièce d’identité, ainsi qu’un justificatif de domicile.

– Contrat de travail ou promesse d’embauche, attestation de stage, de service civique ;

– Fiche de paye ;

– Certificat de scolarité/carte étudiante ;

– Attestation CAF pour le RSA ou Pôle emploi pour le chômage ;

– copie du livret de famille si enfants à charge ;

– certificats médicaux si maladie ou handicap notable

– Documents attestant de votre participation à des activités associatives ou culturelles, etc.

Bref, plus il y’en a mieux c’est !


Article publié le 02 Déc 2019 sur Paris-luttes.info