Janvier 7, 2022
Par Le Numéro Zéro
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La situation actuelle n’est malheureusement pas inédite et nous rappelle le danger de la tentation du fascisme. Pour le combattre, que cela soit dans la rue, sur les réseaux ou bien sur les « poteaux » de notre ville, il faut déjà le reconnaître. C’est pourquoi le Comité Antifa Saint-Étienne publie une description des groupes et groupuscules présents à l’échelle locale et/ou nationale. #10. Le Groupe union défense (GUD).

Il convient de remonter à la disparition du groupe Occident pour comprendre la naissance du GUD.

Plusieurs membres de cette organisation fraîchement dissoute désireu·se·x de poursuivre le combat, créent (à l’initiative notamment d’Alain Robert, ex-meneur d’Occident) un syndicat universitaire : l’Union-Droit, qui reçoit des militant·e·s d’extrême gauche l’appellation de GUD, dont se revendiqueront plus tard les « Gudards ». L’acronyme dérive rapidement de Groupe Union Droit à Groupe Union Défense, traduisant clairement l’évolution du groupe selon une optique militante et violente.

Alain Robert, grand adepte des théories antisémites développées par Edouard Drumont, va initier une démarche de mobilisation et de rassemblement des forces étudiantes nationalistes visant à poser les fondations d’un nouveau mouvement. C’est le prélude à la création d’Ordre Nouveau (ON) qui voit le jour en décembre 1969, avant l’émergence en 1972 du Front National.

Le GUD devient la branche étudiante d’ON (bien que le syndicat n’ait d’étudiant que le nom), se distinguant par des méthodes violentes selon le triptyque « barres de fer, croix celtique et humour provocateur », sous la bannière du rat noir belliqueux, leur emblème. Ce dernier illustre la puissante propagande de ce mouvement néofasciste qui aura su imprégner son époque et les mémoires par une forte représentation symbolique, lui conférant une aura européenne. Le GUD sévit principalement sur les campus d’Assas et de Nanterre, engendrant plusieurs affrontements, les opposant à des organisations gauchistes. C’est d’ailleurs leur offensive infructueuse, conjointement menée avec les étudiant·e·s du Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR), sur l’université de Paris X-Nanterre qui les conduira sur la voie de l’autodissolution en 1981. A partir des années 1980, le GUD va souffrir de l’absence d’une rivale à même de permettre la structuration d’un groupe si hétérogène et fragile. Il participera tout de même à la création de Troisième Voie en 1985. La décennie suivante les verra se rapprocher de théories nationalistes révolutionnaires et épouser des luttes étrangères pas exemptes de contradictions.

Il se décompose progressivement jusqu’à disparaître en 2002 avant de revenir sur le devant de la scène en 2010 à l’initiative d’Edouard Klein. En 2012, Logan Djian prend la tête du mouvement, non sans fracas, en témoigne le violent passage à tabac d’Edouard Klein en octobre 2015. Condamné à plusieurs reprises par la justice, Logan Djian s’est exilé à Lyon, centre névralgique du GUD, au printemps 2016, où il a ouvert un salon de tatouage, dans le Vieux-Lyon.

Le GUD-Lyon devient l’incarnation du mouvement, d’obédience néo-nazie. Le groupe finit par s’auto-dissoudre une nouvelle fois et s’engage dans le lancement d’un mouvement nationaliste-révolutionnaire inspiré du CasaPound Italien, le Bastion social (BS).

Le GUD a connu une histoire tumultueuse et chaotique qui traduit une absence de consistance idéologique et militante d’un groupe qui aura principalement vécu par opposition à des organisations militantes gauchistes. Le GUD relève plutôt d’un mythe mobilisateur qui aura gravité dans la sphère des groupuscules d’extrême-droite, en marge du Front National avec qui les liens demeurent solides.




Source: Lenumerozero.info