Jour19
Celui-ci qui me suivait avec sa bagnole il y a 5 ans, jusqu’à me montrer sa queue, m‘a resuivie le matin du Jour19. A l’époque où il me suivait tous les jours, viré difficilement en plusieurs mois à coups d’insultes, de jets de pierres et de crachats.

Jour18
Celui-là qui, auprès de moi qui ne porte pas de sous-tif, se plaignait régulièrement du sous-tif que sa femme met pour dormir, s’est remis à me parler du sous-tif de sa femme et de mes seins. Je l’avais viré cet été en lui disant que c’était pas cool qu’il harcèle une sans-sous-tif pour la seule raison que sa femme refuse d’enlever son sous-tif, refuse de se faire peloter et baiser par lui. Je donne raison à sa femme. Comme tout le monde ici se moque de son sens de l’hygiène et le rejette, je n’ai pas usé de moyens violents.

Jour0
L’autre qui m’épiait, il y a 6 ans, quand j’allais faire des cueillettes dans les bois n’est pas réapparu. Je l’avais viré à coups d’insultes et de menaces de lui lacrymo-bomber la gueule si il continuait.

Jour10

Le chasse-pêche-tradition qui voulait, il y a 4 ans, tirer sur mon amant comme sur un tourtereau s’est planqué un matin du Jour10 sur les berges de la rivière et m’a apostrophée en ces termes : « Viens ! Viens par là ! Viens voir ce que j’ai… ». Je ne l’avais pas vu de tout l’hiver. Riposte à venir.

Jour18bis

Le proprio de la dernière maison sur la Grand Route bricolait tout nu la fenêtre grande ouverte, juste au moment où je passais devant. « Un nouvel harceleur, qui se la joue nudiste-bricoleur » pensé-je.

Jour14
Le joggeur aux trois chiens, un voisin, m’a gueulé dessus voulant savoir ce que je faisais à plus d’un km de mon domicile. J’ai pété les plombs en lui criant des paroles assorties d’insultes plus agressives les unes que les autres, qui résonnent encore dans les cavités rocheuses. Comme un feu d’artifices tiré de mon poitrail. Ca l’a calmé.

Jour15&suivants :
Je suis allée chercher la copine qui m’aide à me débarrasser des harceleurs les plus tenaces. Elle a accepté de s’auto-déconfiner pour m’aider à les virer, qui quand ils voient deux meufs, préfèrent les esquiver

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Au nom de ma liberté, de la liberté des femmes*, de celles* et ceux* qui ne s’en tiennent pas au
confinement, qui désobéissent, aux révoltées* et contre l’ordre patriarcal.


Article publié le 05 Avr 2020 sur Nantes.indymedia.org