Mai 19, 2016
Par Paris Luttes
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S’il était évident que ce rassemblement serait bon enfant, il est le résultat d’une auto-organisation à la base comme le raconte ce récit publié par le collectif des enseignant-es de Colombes. Action évidemment insuffisante mais qui pourrait déboucher prochainement sur une lutte de toute l’Education nationale à l’échelle de l’Ile de France. Aux militant-es anticapitalistes et anti-autoritaires de ne pas dédaigner ce type d’évènement imparfait mais au contraire de faire entendre leurs analyses, mots d’ordre et modes d’action !

150 personnes se sont rassemblées devant le Ministère de l’éducation ce mercredi 18 mai à 14h. Des professeurs des lycées en éducation prioritaire du 92 (Maupassant de Colombes, Joliot-Curie de Nanterre et les lycées professionnels Prony d’Asnières, Paul Langevin de Nanterre et Léonard de Vinci de Bagneux), du 93 (Jacques Feyder d’Epinay), du 95 (de Garge les Gonesse ou encore du bassin d’Argenteuil), des collèges de Colombes (Moulin Joly, Jean-Baptiste Clément, Gay Lussac, Marguerite Duras) mais aussi de Bagneux, de Boulogne, de Pantin ou encore de Saint-Denis (93). Des parents d’élèves des lycées du 92 et du 93 étaient également présents. Les bonnets d’âne du 93 avaient aussi décidé de se joindre à ce rassemblement, eux qui réclament des créations de postes pour lutter contre la multiplication des non-remplacement dans les écoles. Des représentants syndicaux de la CGT éduc’action, du SNES-FSU, du SNEP-FSU, du SNUEP-FSU, du SNUIPP-FSU et de SUD éducation et des parents de la FCPE étaient présents pour soutenir cette mobilisation.

Ils se sont réunis pour pointer le décalage entre la réalité vécue sur le terrain et la communication ministérielle qui met en avant les créations de postes dans l’éducation nationale et la réforme de l’éducation prioritaire. En effet, en plus de réduire les moyens dans les collèges pourtant classés en éducation prioritaire comme à Colombes, la Ministre a annoncé dans un récent courrier qu’aucun lycée ne serait plus classé en éducation prioritaire. Pourtant, les inégalités scolaires ne disparaissent pas par miracle à 15 ans ! De même, dans le 93, le manque de personnels dans le premier degré conduit à multiplier les journées de cours sans professeur car sans remplaçant. Autant de journées de cours perdues pour les élèves.

Les professeurs des établissements de Colombes avaient quant à eux appelé à une Garden Party de l’éducation prioritaire et ont servi champomy et petits fours pour fêter leur nouvelle vie, maintenant que la Ministre les a déclarés riches. Symboliquement, ils ont rendu les moyens désormais superflus au Ministère : des filets de volley, des manuels de différentes disciplines, des raquettes de ping-pong, une télé, une mappemonde, un oscillateur, etc. ont été déposés devant le Ministère.

Un point commun entre ces établissements : le manque de moyens accordés par le ministère dans des zones qui concentrent pourtant les difficultés économiques et sociales.

Le Ministère a refusé de recevoir une délégation : ni les bonnets d’âne, ni les établissements mobilisés, n’ont été reçus !

Les personnes présentes ont chanté des slogans tels que “Dans tous les quartiers, dans toutes les régions, un même droit à l’éducation” ou “A ceux qui veulent détruire l’éducation prioritaire, profs et parents répondent : Résistance !” pour faire entendre à la Ministre leur colère !

Ils ont promis de se retrouver très rapidement pour de nouvelles actions tant que la Ministre refuse ne serait-ce que de les entendre. En effet, pour le moment, les conditions d’une rentrée 2016 réussie sont loin d’être réunies…




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