Août 26, 2021
Par Archives Autonomie
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A Pékin, le samedi 14 octobre, le “Quotidien du Peuple” dénonçait les séquelles “anarchistes” de la Révolution Culturelle. “Aujourd’hui, pour liquider ce courant anarchiste, il faut, avant tout, critiquer profondément ses crimes contre-révolutionnaires et éliminer totalement ses mauvaises influences”.

Puis on prête à ces “anarchistes” l’intention de tout détruire, on les compare à des “voyous”, des “provocateurs” et des “opportunistes de droite” voire des “fascistes”. Enfin, qualifiant la liberté d’un “rêve”, on affirme  : “l’autorité et la discipline sont indispensables sous n’importe quel système social.”

En peu de lignes, on retrouve là tout le tissu de stupidités émises à propos, ou en marge, des anarchistes depuis toujours, autant par le mouvement stalinien que par la bourgeoisie. Et depuis Cronstadt, en 1921, où les vrais révolutionnaires ont été traités de “gardes blancs”, puis assassinés par les bolcheviks, être Anarchiste c’est travailler au débordement de tous les prometteurs de paradis futur, et artisans de notre enfer quotidien — être Anarchiste c’est œuvrer à la Révolution sans aucun compromis.

En Turquie comme un peu partout, dès qu’un mouvement de remise en cause se déclenche sans aucune influence de quelque parti politicard, on la qualifie d’anarchiste et on la réprime sans vergogne.

Le mouvement anarchiste a eu ses époques fortes. Pourtant en MAI 68 alors que la Liberté et le Socialisme s’exprimaient avec une puissance et une unité peu habituelles, LES ANARCHISTES ÉTAIENT NETTEMENT À L’ÉCART DES RÉALITÉS.

On pourrait se satisfaire autant de cet anarchisme — que l’on a qualifié d’”increvable” — que de cette révolution qui monte sous l’effet des pratiques et des insurrections à la base.

Mais ce serait s’illusionner sur l’issue victorieuse de la Révolution — et si l’Anarchisme veut contrebalancer les entreprises récupératrices et destructrices du souffle permanent qui tend au Communisme libre, IL NE DOIT PAS SE CONTENTER D’ÊTRE — IL LUI FAUT AGIR.

Certaines initiatives, au sein du Mouvement, animées plus ou moins par ce souci, ont tenté d’”organiser”, de “clarifier” les positions et le mode d’intervention anarchistes.

Pour nous l’Anarchisme est clair, et la stratégie est évidente, tous deux issus autant de l’expérience du mouvement lui-même que des diverses insurrections révolutionnaires. Quand on n’est au courant que d’une mince part des choses, et qu’on entreprend de “clarifier” on ne fait que truquer les cartes. La preuve en est que les “clarifications” de ces dernières années n’ont produit que les eaux troubles de l’individualisme exacerbé, du marxisme-libertaire et d’un “centralisme-démocratique” en guise de fédéralisme libertaire.

L’Anarchisme revendique la révolution globale et nous nous consacrerons bien plus à œuvrer à la Révolution, qu’à nous contempler sans cesse dans un miroir, qu’à rechercher des points de ressemblance avec les groupes politiques.

Il n’y a pas de solution-miracle, et “COMMUNE LIBRE” n’est qu’une part nécessaire du travail à mener. Ce travail consiste à exprimer l’appréhension anarchiste de la réalité et va au-delà des facilités de secte et des engagements à l’odeur de militarisation ; il est produit par une vision approfondie, bien que modeste, du problème particulier de l’individu au sein de l’universel.

Il y a une réalité qui n’arrange point tous ceux qui ont déjà pris place confortablement dans leurs nirvanas particuliers, dans leur bien-être de façade, dans leur assurance idéologique. Et sans que nous les déclenchions, des évènements révélateurs se produisent, qui débordent tous les camouflages, d’où qu’ils viennent. MUNICH est de ceux-là.

Nous n’avons pas la prétention de tout réinventer, nous voulons mettre au clair. Simplement, nous pensons que les paroles et les actes de certains hommes résonnent avec une puissance formidable dans l’actualité (Bakounine, Camus et bien d’autres) et qu’il est nécessaire de mettre en évidence leur trajectoire commune pour contribuer ainsi à unifier et donner force à leurs conclusions.

Peuvent venir joindre leurs efforts aux nôtres tous deux qui conçoivent :

  • qu’il n’y a d’issue émancipatrice pour les nouvelles générations que dans la destruction des racines-mêmes de l’autorité.
  • qu’il n’y a de disparition des totalitarismes que dans la destruction des appareils de PARTI, des nationalismes terroristes (qu’ils soient en raison d’Etat ou de déraison), et de notre système social actuel qui est fondamentalement nihiliste.

Ceci suppose bien sûr un travail beaucoup plus vaste, et dans d’autres domaines, que celui que se propose “COMMUNE LIBRE”.

Penser qu’on peut “changer la vie” en se dispensant éternellement de la violence et de l’Action Directe c’est faire abstraction entre autre de ces informations qui nous sont venues récemment d’Espagne  :

Les membres d’Ordre Nouveau et d’Occident soutiennent que la stratégie à suivre en France est la même que celle développée par les italiens dans les années précédentes”… voir “STRATÉGIE DE LA TENSION”.

Vient ensuite l’infiltration au sein de l’extrême-gauche pour jeter la confusion dans ses rangs, effectuer des provocations et espionner ; par exemple : la création d’organisations nazi-maoïstes, de groupes fantômes et de courte vie avec des étiquettes de maoïstes, gauchistes, anarchistes et trotskystes, et l’infiltration massive dans la gauche révolutionnaire de provocateurs et de confidents fascistes. Des actes de provocation à grande échelle au moyen d’attentats terroristes mis sur le compte de groupes d’extrême-gauche pour les compromettre devant l’opinion et les masses populaires.”

Ces projets nous montrent assez bien quelle action devra être menée, ou refusée. Ils nous montrent aussi (dans le contexte des phrases citées, paru dans ESPOIR et SOLIDARITÉ OUVRIÈRE [1]) que l’Espagne est une plate-forme de départ de l’entreprise totalitaire.

En Espagne, malgré le génocide franquiste, malgré la complicité internationale des Etats, l’Intelligence n’est pas morte, et la perspective du Communisme et de la Liberté est toujours ouverte.

C’est surtout sur l’Espagne que nous appuierons notre travail de Solidarité Internationale.




Source: Archivesautonomies.org