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Pour la quatrième fois depuis 1990, l’Italie s’est dotée d’un gouvernement technocratique cette fois-ci dirigé par un ancien directeur de la banque centrale européenne, Mario Draghi.

Les néo fascistes de la Lega de Salvini et les soi-disant « anti-système » du Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo récupèrent les postes suivants :

  • Pour la Lega, trois ministères : développement économique, du tourisme et du handicap.
  • Pour le M5S, quatre ministères : affaires étrangères, agriculture, jeunesse et relations avec le parlement.

Cette situation désastreuse résulte de manœuvres de politiciens liés aux milieux d’affaire effrayés par les quelques mesures sociales adoptées par le gouvernement sortant (revenu citoyen, interdiction des licenciements le temps de l’épidémie de COVID…).

L’objectif du nouveau gouvernement sera, vraisemblablement, de garantir qu’il n’y aura pas d’autres avancées, de revenir sur l’interdiction des licenciements (d’une façon ou d’une autre) et surtout de s’assurer que les 209 Mrd d’euros mis à disposition de l’Italie par l’Union Européenne, via le fond de relance, seront redistribués aux entreprises et non aux populations les plus en difficulté.

L’extrême droite, complice active de cette manœuvre, confirme en Italie comme dans tous les pays où elle a un pouvoir de nuisance, qu’elle demeure le pire ennemi des salarié.es et des précaires.

Dans cette situation de crise sanitaire et économique, avec un tel gouvernement soutenu par l’ensemble des forces politiques, l’enjeu majeur sera le développement des luttes sociales, en Italie comme ailleurs.

Si cela ne se produit pas, la colère des italiens contre les manœuvres politiciennes qui provoquent cette situation, a de fortes probabilités d‘aboutir à une victoire de l’extrême droite aux élections de 2023.

C’est exactement ce qu’espère Matteo Salvini et qui explique son soutien au gouvernement de Mario Draghi. Il pense en tirer les marrons du feu en 2023 avec un gouvernement à sa main, dirigé par la Lega et les Frères d’Italie de Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia est un parti néo fasciste qui se veut l’héritier de l’ex MSI, le parti des défenseurs de la mémoire de Mussolini. Il dispose de 18 députés et de 32 sénateurs au parlement).

VISA, le 15 février 2021




Source: Visa-isa.org