Septembre 30, 2021
Par Rebellyon
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Après le squat de Feyzin, après le gymnase Clémenceau, une nouvelle expulsion illégale de la part de la préfecture et de la métropole ! Un rassemblement de soutien est prévu vendredi 1octobre (demain) à 8h30 au commissariat de Villeurbanne (225 cours Emile Zola, 69100 Villeurbanne) pour soutenir les convoqué.es !

Le jeudi 16 septembre dernier, la préfecture a déployé un énorme dispositif policier pour expulser le squat de Feyzin où logeaient près de 250 personnes depuis environ deux ans. La préfecture n’avait « relogé » qu’une trentaine de personnes, dans un centre d’hébergement à Saint-Priest connu pour être l’un des plus vétustes de Lyon. Là-bas, il a été dit aux expulsé·es qu’iels ne pourraient rester que jusqu’au 31 octobre. Des dizaines d’autres habitant·es étaient parti·es la veille de l’expulsion, par peur de l’intervention de la police, et n’ont évidemment pas pu bénéficier d’un quelconque relogement. D’autres encore n’ont eu tout simplement aucune proposition le jour de l’expulsion, alors même que certain·es sont en demande asile, et l’Etat a donc l’obligation légale de les reloger.

Après l’expulsion de Feyzin, les personnes qui se sont retrouvées à la rue ont occupé le gymnase Clémenceau, pour revendiquer un relogement digne, pérenne et sans conditions pour tous·tes ; et trouver un abri pour la nuit. Mais les flics sont arrivés en nombre, repoussant les soutiens. L’expulsion a fini par avoir lieu vers 22h. Après des négociations difficiles, les occupant·es ont réussi à arracher une proposition de relogement pour trois familles dans les mêmes conditions précaires que celles qui avaient été relogées le matin, et pour les personnes en demande d’asile un vague engagement de la préfecture à « étudier les dossiers » d’une vingtaine de personnes en demande d’asile.

Depuis, les négociations se sont poursuivies avec la préfecture, et les personnes ont été hébergées tant bien que mal dans un lieu solidaire. Rien n’a avancé du côté des promesses de la préf et on sait déjà bien qu’il n’y aura rien pour les personnes considérées comme en situation irrégulière. C’est pourquoi ex-habitant.es et soutiens ont décidé de réquisitionner un bâtiment vide appartenant à la Métropole de Lyon, voué à la démolition depuis plusieurs années, et occupé depuis samedi dernier.

Mais il faut croire que tous les moyens sont bons pour protéger des murs que personne n’habite.Cette fois encore, la Préfecture et la Métropole ont mis le paquet : dispositif policier démesuré avec 3 équipages de la BAC, la police nationale et la municipale , la mise en place d’un périmètre de sécurité, un bélier pour défoncer la porte d’entrée.

Cette expulsion est tout à fait illégale : il n’y a pas eu d’effraction et c’était le domicile principal de plusieurs personnes depuis plus de 48h, selon l’article 226-4 du code pénale l’expulsion. Or, les habitant.es ont bien accumulé toutes les preuves nécessaires depuis le week-end dernier.

La police a donc ce pouvoir d’outrepasser la loi en interprétant les faits à sa guise : elle néglige les preuves irréfutables apportées, les attestations et autres témoignages de voisin.es présent.es, mais n’hésite pas à faire le siège du bâtiment d’à côté pour trouver un discours qui l’arrange de la part d’un voisin attestant sur l’honneur qu’il n’avait rien vu…

La propriété privée prime une fois de plus sur le droit au logement même quand la loi est respectée par les squatteurs.

En effet, la police est arrivée prendre les preuves de l’occupation à 9h. Elle a renforcé son effectif et bouclé le quartier à 10h. À 12h30, elle a défoncé la porte pourtant barricadée, pleinement avertie que des personnes se trouvaient derrière et risquaient d’être blessées.

À 13h, la police entre et les quatre personnes présentes à l’intérieur ont reçu une convocation pour le lendemain au commissariat de Villeurbanne.

Un rassemblement de soutien est prévu demain à 8h30 au commissariat de Villeurbanne (225 cours Emile Zola, 69100 Villeurbanne). Soyons nombreux·euses demain pour soutenir les convoqué·es !

A ce jour, les expulsé.es de Feyzin sont toujours sans solutions, nous appelons donc toutes personnes ayant de la place chez elles pour héberger quelques jours ou tout collectif / lieu / association pouvant héberger temporairement ou nous aider d’une manière ou d’une autre (bouffe, matelas, affaires…) à nous contacter par mail ([email protected])

Nous revendiquons toujours et encore un droit inconditionnel au logement. Suite à l’expulsion du squat de Feyzin, nous ne pouvons pas nous contenter d’une mise à l’abri provisoire de quelques familles dans un foyer aux conditions indignes, ni d’une négociation à l’issue incertaine. Tant qu’il y aura des personnes à la rue, tant que l’Etat n’assumera pas ses obligations d’hébergement, nous continuerons à nous mobiliser et à lutter.

Les expuslé.es de Feyzin et leurs soutiens




Source: Rebellyon.info