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La police nationale a été créée par le régime de Vichy en 1941.

La police française a raflé et déporté des juifs et des résistants vers l’Allemagne pour le compte des nazis ou à sa propre initiative.

Les GMR de Pétain ont changé de nom en 1945 pour devenir les CRS.

La préfecture de police de Paris a été incarnée pendant 8 ans par Maurice Papon, qui a fait tuer des centaines d’Algériens et leurs soutiens en 1961 et 1962, après avoir été préfet sous Pétain et dans les colonies françaises d’Indochine et d’Algérie.

Les pratiques coloniales de la police ont servi de support idéologique pour la police française de 1962 à nos jours, notamment avec le recyclage de la lutte contre la “criminalité Nord-Africaine” par les nouvelles brigades de police créées entre 1971 et 1995 par Bolotte et Pasqua.

Nicolas Sarkozy a fait du racisme ordinaire et du mépris de classe son mode de communication à partir des années 2000, notamment en insultant et en stigmatisant les populations immigrées, puis en instaurant pour la première fois l’Etat d’urgence à l’encontre de quartiers spécifiques en métropole en 2005. Ses successeurs se sont ensuite engagés dans les mêmes logiques, avec la même approche.

Depuis les années 1980 et avec l’adoption de l’Etat d’urgence en 2015, l’Etat français a accompli une rupture définitive avec la démocratie, démontrant de façon définitive son caractère liberticide et totalitaire.

Depuis 30 ans au moins, des centaines de personnes sont mortes entre les mains de la police sans qu’aucun policier ne soit démis de ses fonctions, désarmés, ni sanctionné à la hauteur de son crime.

Durant la révolte des Gilets Jaunes, l’appareil policier s’est rendu coupable d’un nombre inqualifiable et indéniable de violences et de mutilations graves, avec arme souvent, couvertes par le déni total des représentants politiques, ainsi que le cynisme amoral des grands médias et des syndicats policiers.

L’appareil d’Etat a récompensé tous les officiers de police impliqués dans ces violences.

La police et l’appareil d’Etat ne se sont jamais excusés d’avoir mis à genoux plusieurs dizaines de lycéens à Mantes-la-Jolie, exposant à la face du monde le lien intime qu’il y a entre la police d’aujourd’hui et les forces coloniales du passé.

Des milliers de policiers sont membres de groupes facebook et Whatsapp où s’échangent des propos et images insultantes, racistes, homophobes, misogynes, sans qu’aucune mesure n’aie été prise pour faire fermer ces groupes et licencier les auteurs de ces publications.

Des dizaines de policiers ont été mis en cause dans les révélations de policiers et d’un journaliste infiltré concernant le racisme et la violence banalisée au sein des forces de l’ordre, et notamment dans les lieux de détention du nouveau tribunal de Paris, sans qu’encore une fois aucune excuse ni aucun acte fort n’aie été posé pour mettre fin au sentiment d’impunité des auteurs de ces faits et propos.

L’Etat se plie devant des syndicats policiers à la violence décomplexée, dont le principal, Alliance, ne cache pas son accointance avec le Rassemblement National (et avant lui le FN).

Les services de renseignement “s’inquiètent” de l’omniprésence de l’ultra-droite dans la police.

Les réseaux sociaux sont inondés de preuves.

Une grande part de la population craint ou déteste la police pour ces agissements systématiques, notamment depuis que les mesures contre le COVID amènent des milliers de personnes à être verbalisées et agressées par des policiers surarmés pour avoir voulu respirer ou manger un sandwich.

Le Président très “Charlie” dialogue avec le fasciste Eric Zemmour et place au ministère de l’intérieur ce Darmanin accusé publiquement de viol, envoyant un message clair aux milliers de femmes dont les plaintes pour viol et violences conjugales ne sont pas et ne seront pas prises en compte par la police et la justice.

Ce même Darmanin qui, en 2004, s’alliait au néo-conservateur et droitard libertarien Christian Vanneste juste après que celui-ci aie été condamné pour des propos homophobes.

Darmanin n’est pas de droite, il est d’extrême-droite.

Macron n’est pas de gauche, il est d’extrême-droite.

Rien ne distingue cet Etat français dirigé par l’extrême-droite d’un régime totalitaire. Pourtant, rien ne permet non plus de garantir que demain, sous prétexte d’Etat d’urgence, de terrorisme ou juste d’ordre public, on ne prive de liberté un certain nombre de personnes pour des durées indéterminées. Les 800 assignations à résidence de 2015-2016, ainsi que les débats publics sur la création de centre de détention spécifiques pour personnes fichées en sont la preuve…

Le nazisme en Allemagne n’est pas apparu en 1933, il a pris corps petit à petit au cours des années 1920 dans une République qui se disait social-démocrate. Ne baissons pas nos gardes…

Alors quand Jérôme Rodriguez, avec lequel on n’est pas forcément en accord politiquement, qualifie l’étrange commissariat de la police ferroviaire (rue des Evangiles à Paris) de “camp de concentration” (ce qu’il est, puisqu’on y “concentre” des dizaines de manifestants derrière des grilles à l’air libre) et qualifie les policiers de “nazis”, Monsieur Darmanin est bien mal placé pour faire des leçons de morale…

Les leçons de morale du pouvoir, plus personne ne les écoute. Et le pouvoir non plus.

Le peuple veut la chute du régime.

Soutien à Jérôme Rodriguez !

Collectif Désarmons-les ! et Assemblée des blessé.es IDF






Article publié le 10 Sep 2020 sur Desarmons.net