Georges Floyd et tant d’autres là-bas ; Théo, Zyed, Bouna, Mohammed et Adama ici….

Les listes des personnes assassinées par la police sont malheureusement bien trop longues pour pouvoir être lues. La manifestation de samedi avait pour but tout d’abord de rendre hommage à toutes ces victimes mais aussi d’exprimer notre colère et dénoncer un racisme d’état, une impunité totale d’une police, qui n’hésite pas à agresser, mutiler et même tuer.

Il est impératif et primordial de ne plus rester de marbre face à cela, face à ces politiques sécuritaires menés depuis de trop nombreuses années qui permettent et cautionnent ce genre d’exactions devenus monnaie courante aujourd’hui.

La question n’est pas celui du policier mais bel et bien de celui du système de violence organisé qu’est la Police. Institution bienveillante pour les classes les plus aisés et haineuse pour les classes populaires, encore plus si elles ont le malheur d’être noir ou arabe.

En France comme aux Etats Unis on retrouve les même mécanismes d’un racisme d’État structurel au système capitaliste :

- Aux yeux de tous, pour l’affaire Théo, l’IGPN , la police des police, dépendante bien évidemment essentiellement de la police nationale, rejette la piste du viol délibéré en privilégiant la thèse de l’accident.

- Aux yeux de tous, la Justice Française, n’hésite pas à relaxer les deux policiers mis en cause dans la mort des 2 jeunes à Clichy, Zyed et Bouna.

- Aux yeux de tous, dans l’affaire du meurtre d’Adama, la Justice soutient sa police en privilégiant la thèse de l’accident tout en condamnant délibérément ceux qui luttent pour que justice soit faite à des amendes et des peines de prisons diverses, (à savoir ses frère et sœur).

- Aux yeux de tous, la justice excuse, pardonne et par conséquentlégitime les agissement d’une police, devenu la caricature parfaite d’une dérive sécuritaire qu’exerce les pouvoir en place passé ou présent.

Foucault posait légitimement la question de qui sert qui ? Est ce la police qui sert la justice ? Ou bien à l’inverse la justice n’est elle la que pour protéger l’institution policière, garante armé de l’ordre établie et donc du capitalisme.

Ne soyons pas dupes, à travers ces faits réguliers que le pouvoir en place aime dépeindre comme étant des actes isolés – les fameuses bavures – il ne s’agit rien d’autres que des meurtres systémiques, déclinaison directe du racisme d’État et de la domination de classe, consommant une fracture dans un monde qui tend de plus en plus à se fasciser.

En France ou ailleurs c’est bien le pouvoir en place qui a le monopole de la violence (symbolique ou non) et la police représente son bras armé, chargé d’assurer une répression constante envers les habitant des quartiers populaires, les militant.es syndicaux, politiques et associatifs ou encore les ultras dans les stades.

En bref, toutes celles et tous ceux jugés « dangereux », non normalisé, susceptibles de menacer la stabilité du système en place et de l’idéologie dominante,

Les leçons d’aujourd’hui sont donc très simple.

Il est important aujourd’hui de continuer à se réapproprier le terrain dont les politiques réactionnaires, néolibérales et fascisantes cherchent à s’emparer. C’est un cri d’alarme important.

Continuons à montrer ensemble, que nous nous élèverons toujours contre la casse de nos conquis sociaux, la montée de la précarité, le renforcement des dispositifs sécuritaires, la violence d’État, la haine et le racisme.

L’avenir de notre société ne doit pas être entre leurs mains, mais bel et bien entre les mains de ceux et celles qui cherchent à dépasser le système actuel et à proposer une alternative solidaire, cohérente, dénuée de toute oppression de sexe, de genre, de race et bien évidemment de classe.

Plus qu’une histoire de volonté, cela en devient une nécessité.

Pas de Justice, pas de paix !


Article publié le 17 Juin 2020 sur Lenumerozero.info