Novembre 5, 2020
Par Paris Luttes
426 views


Depuis lundi 2 novembre 2020, les prisonniers du bâtiment 1 du CRA de Vincennes sont en grève de la faim. Ils rejoignent ainsi d’autres sans-papiers en lutte dans les CRA de Toulouse et de Marseille. Ils ont écrit un communiqué collectif qu’on publie ici, où ils expliquent les raisons de la grève : les conditions sanitaires pourries (confirmées par la vidéo sortie ici), mais aussi les provocations et les humiliations des flics, sans oublier le sale travail des juges et les vols cachés.

Suite au début de la grève, les flics ont commencé à mettre des gros coups de pression aux prisonniers, par exemple en fouillant à fond et à plusieurs reprises les cellules et en renversant tout ce qu’ils trouvaient. Les grévistes tiennent le coup, mais ils ont besoin du max de soutien depuis l’extérieur : n’hésitons pas à appeler les cabines, à harceler l’administration du CRA ou l’asso qui intervient dans le centre, ou à chercher d’autres moyens pour montrer notre solidarité malgré le confinement.

Contre les cra et l’enfermement, solidarite avec les sans-papiers en lutte !

Liberté pour tous et toutes !

Motifs de la grève de la faim

En ces jours, compte tenu de la crise sanitaire dans laquelle nous sommes, le 01 Novembre 2020 nous, retenus du centre de rétention administrative de Vincennes-Paris, avons décidé unanimement d’entamer une grève de la faim pour les raisons suivantes :

1 – Les raisons sanitaires universelles concernant la pandémie Covid-19 ne sont pas respectées au sein du centre où nous sommes actuellement enfermés. En effet, nous dénonçons un abandon volontaire de l’administration vis-à-vis de nous. Nous dormons à quatre par chambre alors qu’il ne devrait y avoir qu’une personne par chambre en respect des mesures barrières.

Toutes les pièces de vie ne sont pas désinfectées toutes les deux heures, ce qui devrait être normalement le cas. Nous n’avons même pas de gel hydro-alcoolique. Il n’y a pas de port de masque régulier pour tous les retenus. Toutes les personnes qui arrivent en rétention sont associées aux anciens retenus, sans avoir effectué un test Covid-19 au préalable. Lors de nos prises de repas en réfectoire, nous sommes nombreux, entassés sans qu’aucune mesure barrière ne soit respectée. Nous sommes donc automatiquement exposés à d’éventuels risques de contagion.

2 – Nous sommes régulièrement exposés à des bruits de nuisances sonores répétitifs en appelant les retenus pas leurs noms pour qu’ils se présentent, ce qui peut nous poser de graves problèmes psychologiques. On constate un manque de sommeil de la part des retenus, qui pour éviter ce bruit sont obligés de prendre des somnifères pour s’endormir.

Quant à la nourriture, elle laisse à désirer. Les aliments qu’ils nous proposent sont à la limite de la date de péremption. La mauvaise qualité de la cuisson n’est généralement pas au point, ce qui nous expose à de graves risques d’intoxication alimentaire. En plus de cela, les menus sont répétitifs.

3 – Tous les jours, nous subissons des humiliations, des insultes de la part des policiers, voire même des agressions physiques dont certains retenus ont été victimes. Ils nous traitent indignement sans tenir compte de nos droits. On considère que chaque être humain a le droit de vivre et d’être respecté même dans une prison. Il y a un abus de pouvoir de leur part.

4 – Lorsque nous sommes présentés aux juges, il y a plusieurs dossiers concernant beaucoup de retenus qui ne sont pas traités sur la base de bonnes informations. Par exemple, des dates de naissance qui sont modifiées, ce qui change et fausse leurs identités.

Nous sommes conduits à l’aéroport pour des vols masqués sans avoir rencontré nos autorités consulaires. Quand bien même nous y sommes présentés, ils nous délivrent souvent des laissez-passers que la police aux frontières de l’aéroport ne nous présente même pas. On peut dire que nous avons même souvent des doutes sur l’existence de ces documents qu’ils prétendent aussi.

5 – Actuellement nous traversons une deuxième phase de reconfinement. Sur les restrictions liées à cette décision présidentielle, nous estimons que nous ne sommes pas en sécurité ici car le virus ne fait aucune distinction entres les Hommes en règle administrativement et les « sans papiers ».

Suivent plusieurs signatures




Source: Paris-luttes.info