Janvier 14, 2021
Par Rennes Info
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Le 12 janvier 2021

Nous, associations de réduction des risques, apportons notre soutien
sans réserve à l’association
Techno+, victime d’une campagne de désinformation et de dénigrement.

En ce début d’année et alors que les hésitations du gouvernement sur la
gestion de la crise sanitaire
s’accumulent et que la campagne de vaccination piétine, c’est sur la
free-party de Lieuron que s’est
jeté un acharnement médiatique et politique frôlant la chasse aux
sorcières.

Ce 31 décembre, ce sont près de 2.500 personnes qui se sont réunies pour
deux jours de fête dans un
hangar en Ille-et-Vilaine. Ce réveillon marqua le départ d’une machine
politico-médiatique toujours
pas retombée : chroniqueurs et politiciens scandalisés, chasse au
bouc-émissaire, surenchérissement
des sanctions à appliquer. Aujourd’hui les organisateurs présumés
risquent dix ans
d’emprisonnement.

Est-il nécessaire de rappeler que les free-parties sont, Covid ou non,
interdites et réprimées par les
pouvoirs publics depuis bien longtemps ? En 2001, l’amendement Mariani
s’attaquait déjà à ce
mouvement en imposant, entre autres, la déclaration en préfecture et en
instaurant la saisie du matériel ainsi qu’une pénalisation sévère des
organisateurs. Les gouvernements successifs ont choisi l’interdit comme
seule méthode de gestion de ces évènements. Dès lors, comment s’étonner
que les rassemblements s’organisent sans eux ?
Bien que cette fête survienne dans un contexte de crise sanitaire
présente, réelle et menaçante, liée
à l’épidémie meurtrière de la Covid-19, on peut constater que des
dispositions ont été prises pour
réduire les risques.

Les organisateurs ont fait le choix d’un lieu, un grand hangar ouvert,
permettant une aération en
continue de l’espace.

L’association Techno+ était présente, conformément à ses missions, pour
accompagner les
personnes présentes. Des masques et du gel gratuits étaient à
disposition et les consignes de l’ARS Bretagne ont été relayées : gestes
barrières, se faire tester, se mettre en quarantaine à l’issue de la
soirée. Des consignes spécifiques ont été communiquées comme ne pas
partager les bouteilles d’eau et des messages et outils de réduction des
risques ont été diffusés comme l’y autorise le Décret n°
2005-347 du 14 avril 2005 approuvant le référentiel national des actions
de réduction des risques en
direction des usagers de drogue et complétant le code de la santé
publique.

En dépit des accusations relayées par les médias, nous tenons à rappeler
ici qu’en vertu de ce décret, de nombreux dispositifs sont financés sur
tout le territoire français pour mener des actions de
prévention et de réduction des risques sur une multitude de terrain
d’intervention. Que ceux-ci soit
jugés légaux ou illégaux (entre autres freeparties, squats et
bidonvilles), nous continuerons d’y être présents pour accompagner les
personnes concernées par les usages de substances psychoactives et
les risques liés à la fête.

Nous ne le répéterons jamais assez, il faut être solidaire des
personnels de santé, prendre soin de soi et des autres, réduire au
maximum les risques de contaminations, en finir avec cette maladie, et
pour cela, il faut savoir prendre des mesures responsables. C’est dans
ce cadre que les intervenants de Techno+ ont assuré leurs missions et on
ne peut que saluer leur travail.

Et n’oublions pas que, comme l’expriment parfaitement les
organisateur.trices de la soirée dans leur tribune à Libération : « ces
fêtes sont un vecteur d’espoir et de cohésion sociale pour des centaines
de milliers de jeunes, de toutes classes et de toutes origines. Elles
sont ce qu’elles sont, mais elles sont surtout le reflet de toute une
partie de notre société que nos gouvernant·e·s ne pourront éternellement
continuer d’ignorer ».

La crise sanitaire liée à la Covid-19 agit en révélateur des limites et
manquements du modèle sociétal dans lequel nous évoluons, basé sur la
prohibition de certaines substances psychoactives et sur la
répression des usager.ères plutôt que sur la promotion de la santé vu
par le prisme de la santé
publique.




Source: Rennes-info.org