21 juin : Un an après la mort de Steeve, D’Harcourt récidive !

* Rappel des faits *

Depuis vendredi la ville était en état de siège. Dès la marche
d’hommage à Steeve, leur présence proche était provocatrice.
Première charge sans sommation à 21 heures place du Bouffay. La foule
dansante s’éloigne du dispositif pour gagner le marché de la petite
Hollande. Elle est rejointe par un camion sono. Immédiatement, le
rond-point est noyé sous les gaz. Le cortège festif reflue vers la
Loire. Une fois hors de portée des tirs policiers, le cortège danse
dans une ambiance bon enfant. Pour éviter la ligne de gyrophares qui
l’attend plus loin, et la réitération d’un drame comme l’an dernier,
la fête mobile quitte les quais et s’engage rue des Olivettes.
Très vite, à chaque intersection, les gendarmes cherchent à nasser le
cortège dansant. La police noie le quartier sous les gaz. La foule
suffoque, de nombreuses personnes tombent au sol. Quelques-unes
s’évanouissent. Arrivé au carrefour du CHU, le camion sono contourne
le dispositif en roulant au pas, pour s’extraire du cortège festif et
s’éloigner des gaz. Tout au long de la soirée, celui-ci n’a fait que
passer de la musique en cherchant à éviter les provocations
policières.

* Communiqué de Presse *

Dans un contexte marqué par une émotion internationale générée par
les violences policières, la fête de la musique à Nantes a de nouveau
été le théâtre de violences policières inacceptables. La
préfecture a choisi délibérément, une fois de plus, la stratégie de
la tension : interdictions préfectorales, dispositif ahurissant et
disproportionné. Alors qu’il fait déjà l’objet d’une procédure pour
mise en danger de la vie d’autrui pour la fête de la musique de
l’année dernière, le préfet récidive. Tout cela pour empêcher la
jeunesse nantaise de danser !
Hier soir, la police a arrosé la foule de gaz lacrymogènes et
procédé à de nombreuses arrestations, dont celle du chauffeur du
camion sono. Celui-ci a fait plus de 36 heures de garde à vue pour
avoir fait danser une foule gazée et matraquée par les autorités ! Il
a été relâché et comparaîtra au tribunal le 11 septembre prochain.
Que l’État brandisse la menace du COVID pour justifier l’interdiction
d’une fête est cocasse à l’heure où la population est tous les jours
rassemblée en intérieur dans les bars, les restaurants, les écoles,
les centres commerciaux, et bien sûr sur les lieux de travail.
Jusqu’ici, il n’y a pas eu de clusters lors de rassemblement en plein
air.
La politique de la préfecture est incompréhensible, comme si tout
était fait pour que la fête de la musique devienne chaque année le
prétexte à un déchaînement de violences policières. Le 21 juin 2020
marque une étape de plus dans la dérive du maintien de l’ordre à la
nantaise.
Nous restons mobilisés et vigilants contre la criminalisation du droit
à la fête, l’atteinte aux libertés et la politique de la matraque.


Signataires : Média’son, Attac 44, Solidaires 44, Ensemble 44, France
Insoumise 44, UCL Nantes, NPA, NDDL Poursuivre Ensemble, Maison du
Peuple de St-Nazaire, des habitant-e-s de la ZAD, La Cagette des Terres
_ »Réseau de ravitaillement des luttes en pays nantais »_



Article publié le 25 Juin 2020 sur Zad.nadir.org