Septembre 27, 2022
Par Le Monde Libertaire
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Mahsa Amini était une jeune femme kurde de 22 ans. Elle était en voyage avec sa famille à Téhéran le 13 septembre. La police des mœurs de la république islamique l’a arrêtée dans la rue lui reprochant son hijab obligatoire insuffisant. Malgré ses protestations et celles de son frère, rien à faire, elle a été embarquée dans le van de la police. L’on a transféré Mahsa deux heures après son arrestation dans un hôpital de Téhéran. Elle avait reçu des coups mortels à la tête probablement dans la voiture de la police ou pendant la « réunion éducative » que l’on organise pour les femmes qui ne respectent pas ou pas suffisamment le code vestimentaire imposé par le régime. Elle est morte le 16 septembre après trois jours de coma. La mort de Mahsa a d’abord ébranlé sa ville natale kurde, Saghez, pendant les obsèques puis les jours suivants ce fut le cas dans plusieurs villes en Iran.

Selon les dernières informations du 23 septembre, des révoltes ont eu lieu dans plus de 80 villes iraniennes partout dans le pays y compris dans des villes très religieuses comme Qom ou Machhad. Les femmes retirent leur hijab et brûlent leur foulard en signe de contestation. Les slogans visent tout le régime comme : nous ne voulons pas la république islamique ou Khaménéi (le guide suprême) est un assassin, son règne est illégitime. Les différentes forces de police répriment sauvagement les manifestant.es. Le 22 septembre au matin, des organisations de défense des droits de l’homme ont annoncé la mort d’au moins 31 personnes pendant les premiers jours de la révolte. Le nombre de décès pourrait être beaucoup plus élevé car comme cela a été constaté pendant les précédentes révoltes les autorités dissimulent les morts par balles sur les actes de décès et font pression sur les familles, sinon elles ne leur rendent pas les cadavres. Malgré l’arrestation de dizaines d’étudiant.es ces derniers jours, la première manifestation le 24 septembre a eu lieu à l’université de Téhéran et iels étaient plus nombreux.ses que les jours précédents. Le nombre de morts annoncé le matin du 24 septembre était de 49 personnes identifiées mais il y en a sûrement beaucoup plus.

La répression est terrible, allant des gaz lacrymogènes et tonfas jusqu’aux armes à feu. La police emploie les pires tactiques pour se déplacer, entre autres, les bus de transport en commun et les ambulances. La police politique est plus active que jamais. Des dizaines d’étudiantes et d’étudiants ont été arrêtés alors qu’iels ont organisé des rassemblements dans l’enceinte des universités partout dans le pays. La police politique a même arrêté des militant.es politiques qui critiquent simplement le régime et ne demandent pas comme les jeunes et la population la chute de celui-ci. Internet et surtout Internet mobile est comme d’habitude, soit ralenti soit coupé dans les zones où le mouvement est au plus fort. Le régime fait tout son possible pour que les gens ne puissent pas s’organiser et publier les informations et diffuser les photos et vidéos des atrocités qu’il commet dans tous les coins de la rue. Par exemple un clip montre que les policiers poursuivent des manifestants. Quand les habitants ouvrent leurs portes pour leur donner refuge, les flics les cassent toutes et pénètrent dans la résidence. Les photos et vidéos de manifestantes et manifestants en sang ou décédé.es par balles ne manquent pas.

Un autre aspect du mouvement actuel en Iran est une solidarité sans précédent qui se fait partout dans le monde. De nombreuses personnalités politiques et beaucoup d’anonymes ont apporté leur soutien aux mouvements des femmes en Iran qui a choisi comme devise Femme, Vie, Liberté venant du Rojava scandé pour la première fois pendant les obsèques de Mahsa puis dans plusieurs villes kurdes d’Iran ensuite partout dans le pays dans la langue locale : persan, turc, arabe etc. Ce slogan est devenu de fait le point de ralliement de toutes et de tous les protestataires. Un autre aspect de la solidarité internationale est celui de différents collectifs de hackers Anonymous qui ont mis hors service plusieurs sites gouvernementaux iraniens et médias. L’hashtag #Mahsa_Amini en latin et en persan (#مهسا_امینی) est devenu l’hashtag le plus utilisé de tous les temps du réseau social Twitter. La solidarité internationale est très importante. La fédération anarchiste est bien évidemment solidaire et appelle toutes et tous les libertaires à soutenir la lutte des femmes et du peuple iranien.

Vive la solidarité avec la lutte en Iran ! Vive la liberté !

Fédération anarchiste, 28 septembre 2022




Source: Monde-libertaire.fr