Mai 1, 2016
Par Indymedia Bruxsel
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Sur la butte Montmartre, elles ont tenu têtes aux troupes de Thiers venues s’emparer des canons achetés par souscription populaire.

Elles ont participé à la défense de Paris, aux soins des blessés, aux avancées sociales mais aussi à l’émancipation féminine.

Ces oubliées, ces sans grades, celles qui tombèrent sous les balles des Versaillais et celles qui furent dénoncées et arrêtées.

Plus d’un millier de femmes passèrent en jugement, dont la plupart furent condamnées.

Les charges qui pesaient contre elles ? Leur participation à la Commune, bien sûr, mais aussi le vol, la prostitution.

Toutes ont aussi à un moment revendiqué l’égalité des salaires, le droit au divorce pour les femmes, le droit à l’instruction laïque et à la formation professionnelle pour les filles.

Ces femmes ont lutté ensemble pour la suppression d’une distinction entre femmes mariées et concubines, entre enfants « légitimes » et « naturels », elles ont réclamées aussi l’abolition de la prostitution, considérée comme une forme d’exploitation commerciale des unes par les autres.

Elles ont demandées le droit de participer à plusieurs commissions municipales créées dans les arrondissements, celui d’organiser des ateliers coopératifs. La lutte pour leur émancipation s’est inscrit dans celle de la classe ouvrière. Certaines écrivaient : « Nous voulons le travail pour en garder le produit, plus d’exploiteurs, plus de maîtres. » Les hommes n’étaient déjà pas tous prêts à leur laisser une place, aussi fallut-il vaincre leurs réticences à les laisser prendre part aux ambulances par exemple, jusqu’alors réservées aux hommes. Elles y parvinrent, y compris aux postes avancés des combats.

Elles ont pu ainsi faire valoir leurs revendications émancipatrices dont certaines gardent toute leur actualité 143 ans après.





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