Septembre 4, 2021
Par Manif Est
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Le 12 septembre à 14h à Là Qu’on Vive

« Il est nĂ©cessaire, quand on s’apprĂȘte Ă  lutter contre un ennemi qui nous menace, de se demander ce qu’il veut faire, car plus on aura de renseignements sur ses intentions, plus on aura de possibilitĂ©s de le repousser, de passer Ă  la contre-attaque, de nous dĂ©fendre. Mais, il me semble qu’une question fondamentale n’a pas encore Ă©tĂ© posĂ©e avec clartĂ© : qu’est-ce que la guerre ? On ne se le demande pas parce que tout le monde croit savoir exactement, qui d’une maniĂšre, qui d’une autre, ce qu’elle signifie et, par consĂ©quent, croit ĂȘtre en mesure d’entreprendre tout le nĂ©cessaire pour combattre ceux qui entendent la faire. En rĂ©alitĂ©, personne n’a les idĂ©es bien nettes lĂ -dessus. Â» (La guerre et la paix, Alfredo M. Bonanno, 1991)

Dimanche 12 septembre, Ă  LĂ  Qu’on Vive (Commercy) [1], on vous propose de se retrouver Ă  14h pour lire ensemble des textes anarchistes anti-militaristes [2] puis discuter de tout ça en partageant nos rĂ©flexions contre la guerre, afin de prendre prise sur ce qui se joue ici, juste Ă  cĂŽtĂ© de nous. Les discussions seront prĂ©cĂ©dĂ©es d’un repas partagĂ© Ă  13h (type auberge espagnole : chacun·e ramĂšne de quoi manger et/ou boire si iel le peut) pour celleux qui le souhaitent.

Les textes choisis portent une rĂ©flexion autour des guerres contemporaines, de leurs moyens et de leurs fins qui sont souvent les mĂȘmes et de l’épineuse question des guerres qui se veulent « justes Â». S’y ajoute aussi une critique du Service National Universel (SNU) en rĂ©sonance avec la collaboration entre l’Éducation Nationale, le patronat, le secteur associatif et l’armĂ©e. On parlera aussi de besoin de cadre, de dĂ©sertion et de tout ce qui nous rappelle que pour vivre, il faudrait ne pas mourir pour des bĂȘtises.

Un infokiosque d’autres textes contre la guerre sera Ă©galement prĂ©sent. → Si besoin de retrouver les textes, vous pouvez Ă©crire Ă  discussionscontrelaguerre(a]riseup(point]net


Pourquoi on veut parler de ça ici ?

« L’opinion courante ne dĂ©couvre l’horreur, l’oppression et l’absurditĂ© du monde que dans leurs aspects inhabituels et non les plus normaux, et jamais dans leurs causes. Les grands accidents du travail, les sĂ©vices policiers, les attentats, les tortures, les brimades Ă  l’entrĂ©e indignent mieux l’opinion publique que les guerres pĂ©riodiques et permanentes. Â» (Pour une critique de l’idĂ©ologie anti-militariste, Jean Barrot, 1975)

La guerre, en France, tout le monde s’en fout. On a l’impression que c’est loin, et qu’on n’a aucune prise dessus. Pourtant, la guerre est plus concrĂšte que ce qu’on pourrait le croire. Loin de l’image historique des deux guerres mondiales, qui sont dĂ©jĂ  largement visibles sur le territoire local (lignes de front, monuments et cimetiĂšres), et aprĂšs qu’ait Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ© en toute hypocrisie le centenaire de la guerre 14-18, l’industrie de la guerre semble toujours bien se porter sur le territoire meusien. Il n’a pas fallu longtemps aprĂšs la fermeture du 8Ăšme RĂ©giment d’Artillerie (en 2013) pour que les Ă©lu·es de Commercy et du dĂ©partement [3] dĂ©roulent le tapis rouge Ă  des entreprises capitalistes militaristes telles que Safran-Albany (en 2014) et John Cockerill (en 2016). C’est Ă  croire qu’au nom du pognon et de l’emploi, l’art de tuer devient tout Ă  fait acceptable…

« Il y a 4 ans, il n’y avait que des champs de blĂ©, lĂ  oĂč aujourd’hui travaillent 400 personnes. Â» (France 3 Lorraine, en 2017, Ă  propos de Safran-Albany Commercy)

Cockerill & Safran : cĂ©koiça ?

Safran, c’est une multinationale cotĂ©e au CAC40 spĂ©cialisĂ©e dans l’aĂ©ronautique, la dĂ©fense [4] et l’espace ; Ă  Commercy, son entreprise en partenariat avec Albany (la mĂȘme merde) produit des piĂšces pour moteurs d’avions civils.

Quelques rues plus loin, la multinationale belge Cockerill [5] (Ă©nergie, armement, sidĂ©rurgie) forme des militaires saoudiens au maniement d’armes lourdes (tourelles-canons) [6]. Ces mĂȘmes militaires utilisent les connaissances acquises Ă  Commercy dans le cadre de la guerre au YĂ©men [7] : la responsabilitĂ© de ces atrocitĂ©s commence ici.

La Meuse, nouvel eldorado des industries mortifĂšres ?

Nous sommes dĂ©jĂ  largement colonisé·es par la nuisance nuclĂ©aire qui Ă©tend ses tentacules dans tout le secteur (projet CigĂ©o d’enfouissement des dĂ©chets nuclĂ©aires Ă  Bure ; entrepĂŽt de piĂšces pour centrales nuclĂ©aires Ă  Velaines, et autres projets en cours ou avortĂ©s) et par l’argent nausĂ©abond dit « d’accompagnement Ă©conomique Â» du laboratoire de l’Andra Ă  Bure qui inonde littĂ©ralement toute l’activitĂ© locale. Mais cette corruption institutionnalisĂ©e et le saccage du territoire ne leur suffisent pas, voilĂ  maintenant que les marchands de canons, largement liĂ©s aux industriels du nuclĂ©aire, s’installent dans le nouvel eldorado des industries mortifĂšres : le sud meusien !

Le nuclĂ©aire engendre la guerre. À moins que ce ne soit l’inverse… Surtout en Meuse oĂč le lien entre nuclĂ©aire et militaire n’a jamais Ă©tĂ© aussi assumĂ© [8].

Si ces rĂ©flexions te parlent, viens donc, qu’on en discute ! Dimanche 12 septembre Ă  14h Ă  LĂ  Qu’on Vive !


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Source: Manif-est.info