Il y a quelques années en Grèce, tandis que le mouvement social affrontait les mercenaires de la Troïka, naissait à Athènes le collectif anarchiste Rouvikonas. Ses victoires sur des terrains perdus font de lui le symbole d’une nouvelle forme de résistance, dans un rapport de force immédiat avec le pouvoir, et donnent aux idées anarchistes une grande visibilité.

Comment Rouvikonas passa le Rubicon

Détestés par les présentateurs de journaux télévisés et adorés par une partie de la population, ils sont parfois considérés comme des « Robins des bois » du fait de la dimension spectaculaire de leurs actions en soutien aux opprimés. Ceci peut masquer le contenu idéologique, la stratégie politique et une pratique scrupuleuse à l’origine du rapport de force qu’ils imposent à l’État. C’est pourtant cet ensemble qui génère l’envergure et la pertinence de leur influence. Pour comprendre les mécanismes de leur efficacité, il est nécessaire de mettre en parallèle la généalogie du groupe avec son évolution idéologique.

Revenons d’abord sur la formation de Rouvikonas. Nous sommes à Athènes en 2013, trois ans se sont écoulés depuis la mise en place du premier plan d’austérité. Si la résistance ne faillit pas, elle se transforme. L’occupation des places entre juillet et août 2011, inspirée par les Indignados d’Espagne, a ouvert le champ des possibles au-delà des manifestations. Les occupants des places Thésée à Syntagma ont fini par décamper, mais leur passage a amplifié le désir de démocratie directe, d’autogestion et le refus des vieilles habitudes autoritaires. Les assemblées de quartier se multiplient et avec elles les lieux autogérés. Dans ce contexte, le mouvement anti-autoritaire pour la démocratie directe Alpha Kappa a le vent en poupe et participe activement à la diffusion de telles idées. Son activité politique plutôt non-violente, est tournée vers l’autogestion et la contre-culture.

De son côté, l’anarchisme est en première ligne de la contestation sociale mais progresse par étapes. D’une part, à cause de son manque d’ancrage historique. Rappelons rapidement qu’après son apparition en Grèce au milieu du XIXe, l’anarchisme connaît une période très creuse jusqu’à la dictature des colonels (1967-1974). Il émerge à nouveau dans les années 70, puis s’étend dans les années 80 et 90, avant de devenir important dans les années 2000 et de jouer un rôle majeur à partir des émeutes de 2008. Le manque d’organisation est une autre des difficultés entravant son impact. L’anarchisme est alors globalement atomisé en petits groupes autonomes ou purement affinitaires, agissant presque exclusivement dans le cadre des manifestations. Si une fédération finit par voir le jour, elle peine à unifier cette réalité en une résistance percutante, son action demeure donc relativement formelle (mise en réseau, diffusion d’information…).

Dans ce contexte, à partir de 2011, une poignée de camarades expérimentés ayant déjà lutté ensemble et parallèlement impliqués dans la formation d’une nouvelle Fédération anarchiste (qui verra le jour deux ans plus tard), s’organisent en réseau affinitaire autour d’un lieu, le K*Vox à Exarcheia. Au début, ils se concentrent sur l’aide aux prisonniers politiques et évoluent en groupe d’action directe anarchiste à partir de 2013. Le nom Rouvikonas fait allusion au Rubicon de la Rome antique, un fleuve dont la traversée était une déclaration de guerre. Rouvikonas s’écrit avec un P majuscule en alphabet grec, d’où le P dans une étoile noire comme emblème du groupe. Rouvikonas revendique par son nom une lutte totale et sans retour.

Les années passent et, début 2015, l’ascension puis l’arrivée au pouvoir de Syriza empoisonne progressivement la contestation sociale. Officiellement d’extrême-gauche, le parti capte la colère qui animait le désir de changement de la société et incarne l’échec de celle-ci à renverser le Pouvoir. Au bout de six mois La résignation produite par l’échec lamentable de Syriza appelle une nouvelle offensive de la résistance, plus agressive. De plus, les problématiques nouvelles révèlent les limites de l’organisation du collectif : le cadre de la manifestation restreint l’action, qui plus est dans un mouvement social qui faiblit. Le groupe s’en extrait et change de stratégie en élargissant sa lutte à l’ensemble des oppressions étatiques et conséquemment, le spectre de ses actions. Celles-ci, désormais mensuelles, répondent dans leur ensemble à un impératif : constituer un soutien concret aux plus précaires pour faire perdurer leur luttes qui semblait alors s’essouffler. De plus, ils communiquent systématiquement sur chacune de leur action, en laissant par exemple des tracts sur place expliquant leurs revendications ou en se filmant au moment des faits pour mettre en ligne la vidéo parfois moins d’une heure après l’attaque. Cette stratégie déjoue les éventuelles tentatives de récupération ainsi que la manipulation des médias contraints à partager les textes du groupe, première source d’information. Très vite, leur engagement passe difficilement inaperçu dans l’espace public. Nous sommes toujours en 2015 quand Rouvikonas pénètre dans Tiresias – l’administration qui recense les emprunteurs insolvables destinés à être saisis et expulsés de leur logement – et se met à détruire les fichiers sur lesquels figurent le nom des pestiférés.

La portée du collectif s’étend et de nouveaux paramètres viennent modifier son organisation. Nombre de personnes souhaitent rallier ce combat, dès lors la forme et la fréquence des actions peuvent être décuplées.

Ce qui pose deux impératifs : repenser la sécurité et l’idéologie du collectif. D’une part, la cohérence de l’auto-organisation prônée réside dans sa capacité à assurer son autodéfense et par là, sa durabilité. Ouvrir d’avantage le groupe et entreprendre des actions plus ambitieuses implique de minimiser les risques, tant dans les attaques que dans les manifestations. Il est nécessaire de restructurer le fonctionnement du collectif afin de protéger l’identité de ceux qui le rejoignent. D’autre part, cet afflux de nouveaux membres impose une clarification de l’idéologie de Rouvikonas qui reposait jusqu’alors sur des principes partagés plus ou moins implicitement par le groupe affinitaire d’origine. Les bases théoriques de ce qui est désormais une organisation doivent être redéfinis et explicités.

En 2017, le groupe s’élargit à une soixantaine de membres et les attaques mensuelles deviennent hebdomadaires. Ils sont désormais en mesure de mener des actions de portée locale comme internationale [note] [<a title="Présentation vidéo de Rouvikonas en dix minutes, « Rouvikonas, des anarchistes en première ligne » (extrait du film « L’Amour et la Révolution » de Yannis Youlountas) : https://www.youtube.com/watch?v=342ZzVVCm70″ class= »notebdp »>note] , incarnant la pluralité et l’efficacité de leur engagement. En juillet, suite à la mort d’épuisement au travail d’une employée au ramassage des ordures de la municipalité de Zografou (dans l’est d’Athènes), ils attaquent la Mairie de Zografou à coups de massue et de peinture et publient un communiqué très relayé dans la capitale. En septembre, les foudres du groupe s’abattent sur le notaire athénien Nikos Papatheou, spécialisé dans la saisie d’appartements. Six personnes cagoulées dévastent son étude, détruisant dossiers et ordinateurs. En septembre, le groupe attaque les bureaux de Turkish Airlines, groupe majoritairement possédé par l’État turc, en solidarité avec les opposants persécutés en Turquie, particulièrement deux enseignants en grève de la faim. En novembre 2017, Rouvikonas attaque l’ambassade d’Arabie Saoudite au nord d’Athènes. Ils s’en prennent au régime monarchiste saoudien et à la guerre qu’il mène au Yémen. En 2018, ils mènent une action en plein jour devant l’ambassade de France à Athènes. La façade est aspergée de peinture rouge sur toute leur longueur pour dénoncer la répression du mouvement social en France et les bombardements en Syrie.

Aujourd’hui composé d’une centaine de membres, le groupe Rouvikonas est en mesure de mener plusieurs attaques par semaine, parfois quotidiennement, et de s’engager dans de multiples lieux de solidarité, notamment à Exarcheia. Ils sont par exemple impliqués dans le centre social K*Vox, mettent à disposition un lieu accueillant un centre médical autogéré, et s’engagent dans l’ouverture et la défense de squats. En avril dernier, le lendemain d’une vague d’expulsion de bâtiments squattés (notamment ceux dans lesquels vivent des réfugiés), ils attaquent le Ministère de la Culture, propriétaire d’un des immeubles évacués. Désormais auteurs de plusieurs centaines d’actions, leur développement et leur influence va de pair avec celle de leur idéologie.

L’évolution théorique de Rouvikonas est indissociable de celle de l’anarchisme en Grèce, ce qui a donné naissance à une nouvelle Fédération (qui entretient de bons rapports avec la première). Tout d’abord marqué par l’internationale situationniste, l’insurrectionnalisme et l’autonomie, le mouvement anarchiste a réussi à supplanter le stalinisme hérité de la guerre civile (1946-1949) qui a longtemps été en première ligne des luttes en Grèce. Parmi toutes les figures de l’histoire de l’anarchisme, celle qui marque le plus les esprits au sein de Rouvikonas est sans doute celle de Makhno.

Les influences du groupe affinitaire à ses débuts étaient celles qui façonnaient alors l’anarchisme en Grèce. Mais en 2015, l’essoufflement des manifestations couplé à l’élargissement de Rouvikonas amène des réalités nouvelles, impliquant questionnement et réorientation du collectif pour y correspondre. Cette évolution révèle un de ses principes majeurs : être en adéquation avec leur contexte. A ce sujet, un membre du groupe souligne « Si nous étions en Chine, nous serions sans doute anarcho-syndicalistes ». Réexaminer constamment leur stratégie organisationnelle leur permet d’adhérer à leur propre mouvement évolutif comme à celui de la réalité sociale. L’innovation tant théorique que pratique motive leur croissance : il s’agit d’inventer. Pour ce faire, le groupe opère une analyse méticuleuse de l’histoire de l’anarchisme et son corpus : « Nous nous sommes concentrés sur les meilleurs moyens de lutter, en recherchant les plus optimisés, novateurs et efficaces (…) tout ce que l’histoire des lutte sociales a apporté ». Ainsi, le groupe ne se définit pas selon les catégories traditionnelles de l’anarchisme, mais résulte d’une volonté de les dépasser dans un contexte bouleversé. Le même membre de Rouvikonas déclare à peine ironiquement : « Nous pensons que l’anarchisme a besoin de nouvelles déclinaisons ». Pour y parvenir, leur stratégie se fonde sur l’expérimentation théorique et pratique, vouée à se modifier en fonction du contexte. Une critique que l’on pourrait qualifier d’hyperbolique a façonné l’idéologie du groupe, en ne conservant du passé que ce qui semblait correspondre le mieux au contexte de la Grèce, aux objectifs de Rouvikonas et aux moyens dont il disposait.

Rouvikonas ne prétend pas avoir trouvé la formule définitive et généralisable ailleurs. Au contraire, le groupe s’oppose au sectarisme de la plupart des organisations communistes en Grèce, auquel il préfère l’ouverture propice à la confrontation des opinions et aux richesses qui en émanent. Cette approche politique lui permet de tirer profit des différences entre ses membres et de s’associer avec d’autres groupes notamment au sein de la nouvelle Fédération (Anarchiki Omospodia). Ils rejettent également l’élitisme de l’avant-garde éclairée léniniste et à l’origine politicienne de la Révolution. Pour Rouvikonas, le soulèvement viendra de la base sociale, non des organisations politiques. S’il est essentiel qu’elles y participent, elles n’en seront pas l’origine. Une autre membre du groupe précise : « Nous ne voulons pas de Révolution politique ». Néanmoins, ils sont partisans de l’action : s’ils orientent leur engagement selon le contexte, celui-ci est permanent. Le collectif n’attend pas que les conditions idéales soient réunies pour agir. La pluralité de la lutte appelle sa constance, indépendamment du cadre des manifestations : la récurrence des attaques, la mise en place de lieux autogérés, solidaires, sont tout aussi indispensables à l’émancipation sociale. En choisissant de ne pas agir uniquement dans un moment révolutionnaire, mais d’opérer sur un terrain plus vaste, plus complet et de manière plus approfondi, Rouvikonas refuse de réduire son anarchisme à l’insurrectionnalisme.

Initialement, Rouvikonas était presque exclusivement engagé auprès des prisonniers politiques, ce qui l’a un peu éloigné des autres combats de la base sociale. Il n’était alors pas en mesure d’être une structure émancipatrice en appui à la diversité des opprimés. Les choses ont bien changé. Dans une liste non exhaustive, notons : la lutte contre : la précarité, l’exploitation, la corruption, la bureaucratie, le fascisme, l’homophobie, la transphobie, le sexisme, le racisme, la xénophobie ; et plus globalement les affres du capitalisme. Ainsi, dans une perspective plus ouverte, les objectifs du collectif vont désormais dans le sens de « la construction d’une autre façon de vivre ensemble, dans une société libérée des rapports de domination et d’exploitation » [<a title="Entretien avec Spyros Dapergolas, membre de Rouvikonas :
http://blogyy.net/2019/06/05/entretien-avec-spyros-dapergolas-de-rouvikonas/ » class= »notebdp »>note] .

Cette démarche d’ouverture émane de l’évidente nécessité de la solidarité. Suivant cette logique, le groupe affiche clairement sa position internationaliste : « Pour les anarchistes, il n’y a pas de frontières dans la lutte comme il n’y en aura pas dans le monde de demain. C’est une seule et même voie : celle de l’émancipation individuelle et sociale. Le pouvoir qui se dresse en face de nous n’est pas seulement national, mais aussi international » précise un membre du groupe. C’est grâce aux liens entre les camarades du monde entier que Rouvikonas continue de lutter, d’évoluer, en étendant toujours davantage son influence. En effet, la résistance percutante que le groupe représente est proportionnelle à la répression qu’il subit. Menacé dans son ensemble par 200 000 euros d’amende, deux de ses membres ont récemment été condamnés à payer chacun 30 000 euros de caution de garantie dans un délai de deux semaines pour éviter la prison [note] [note] . Mais une mobilisation internationale exceptionnelle à déjoué cet écrasement financier, défaite qui atteste qu’en nous associant, nous mutualisons savoirs et pratiques pour surmonter la répression. Les oppressions n’ont pas de frontières et si les luttes n’en ont pas non plus, elles forment une résistance globale effective et offensive. Ainsi, les actions de soutien aux résistances libertaires à l’étranger prennent une place importante dans leur combat, en témoigne par exemple leur présence à Raqqa en 2017.

Suivant cette position, Rouvikonas est désormais officiellement membre de la nouvelle Fédération en Grèce, ce qui lui permet d’amplifier son action et sa réflexion en réseau avec d’autres collectifs. Si les liens se tissent au-delà des éventuelles différences théoriques (considérées comme un enrichissement potentiel), elles ne sont néanmoins pas ignorées. Quand Rouvikonas travaille avec d’autres groupes, cette association est définie précisément. D’une part, les collectifs doivent partager certains fondamentaux : être anti-autoritaire dans sa lutte comme dans son fonctionnement, organisé horizontalement et ne pas se fermer absolument à la société, de sorte à pouvoir soutenir les opprimés. Les limites de cette coopération sont par ailleurs clairement établies au préalable. Les points de convergences et de divergences théoriques sont explicités de sorte à définir collectivement jusqu’où les groupes peuvent s’associer et ainsi minimiser d’éventuels conflits. En interne, le groupe fonctionne de manière analogue. Son unité est fondée sur le partage de principes et d’objectifs. Notons principalement : le refus de l’État et du Pouvoir, un but révolutionnaire et non réformiste et le projet commun de la construction d’une société auto-organisée et autogérée, sans élite ni parti ni avant-garde éclairée. S’ils sont radicaux concernant ces fondamentaux, ils n’en demeurent pas moins fermement opposés au sectarisme et sont ainsi en mesure de faire coexister les éventuelles différences politiques des membres.
Cette culture du lien et de la critique va de pair avec l’importance que Rouvikonas accorde à la communication. Il se dit influencé, entre autres, par l’expérience de Narodniki : le développement de ces collectivités autonomes dans la Russie du XIXe a été nourri par la circulation des idées entre les groupes et dans l’opinion publique. A Athènes, la récurrence et la pluralité des réunions horizontales entre les différentes strates du collectif, ainsi que les assemblées avec d’autres organisations concrétisent un espace de dialogue riche et fertile. Dans la même démarche, la communication avec l’opinion publique est au nombre de leurs impératifs. Les actions sont systématiquement expliquées via des tracts laissés sur place ou des communiqués accompagnés de vidéos postées sur internet. Ils vont également tracter dans la rue et organisent des réunions ouvertes à tous, indiquées sur leur page Facebook qu’ils ont choisi de créer et de rebâtir à chaque fois qu’elle a été supprimée par les modérateurs de la firme. Par ailleurs Rouvikonas pratique fréquemment une véritable guerre de communication contre la désinformation et les propos outranciers de certaines cibles passées quand celles-ci refusent de reconnaître les raisons pour lesquelles elles ont été attaquées. Cette stratégie ancre dans l’espace public la possibilité d’une société autonome.

La permanence de la lutte répond à un autre de leur positionnement : la désacralisation de l’État et du Pouvoir. Pour s’en émanciper, Rouvikonas prône et incarne l’action : « Il n’y a pas d’action ratée, de petite action, le problème c’est l’inaction » déclare un des membres. Attaquer la société oppressive et en construire une autre est un argument irréfutable contre le mensonge de notre impuissance. Pour mener ces combats, ils reprennent les flambeaux de l’action directe, la propagande par le fait et l’entraide.. Omniprésente, la lutte est à mener constamment, sur tous les fronts, au-delà d’un « contexte révolutionnaire ». Comme le souligne un autre membre du groupe « Il ne faut surtout pas que l’État t’attende, qu’il sache ce que tu vas faire ». Pour le collectif anarchiste du centre d’Athènes, le terrain de la résistance est celui des limites du Léviathan. En jouant avec elles, il les révèle, les ridiculise et les repousse. Le groupe à toujours été vigilant à ne pas dépasser la frontière entre la qualification juridique de délit et de crime, ce qui lui permet de résister à la répression et d’assurer sa pérennité. L’organisation de Rouvikonas n’est donc pas forcément un modèle à exporter, à reproduire, mais une source de réflexion et d’inspiration pour continuer à inventer nos propres formes de luttes, adaptées à nos nécessités : »S’il n’y a pas de solution, c’est que tu ne l’as pas encore créée. » rappelle un des membres fondateurs.
Suite à la victoire de la droite aux élections du 7 juillet à Athènes, le quartier anarchiste [<a title="Sur le quartier rebelle d’Athènes, aussi surnommé « quartier anarchiste » : « Exarcheia la noire, au cœur de la Grèce qui résiste » de Maud et Yannis Youlountas aux Éditions Libertaires. » class= »notebdp »>note] et Rouvikonas sont plus que jamais dans la ligne de mire de l’État. Kyriakos Mitsotakis, le nouveau Premier ministre, a annoncé sa volonté de « nettoyer Exarcheia avant la rentrée » et « d’en finir avec Rouvikonas ». Depuis des mois, une répression sans précédent s’abat sur cette zone et ses collectifs, suivie quotidiennement par une émission en prime time aux informations officielles. Cette situation annonce la violence de la lutte à venir, dans les prochaines semaines, en même temps qu’elle témoigne de la réalité du rapport de force avec le Pouvoir construit par le mouvement anti-autoritaire dans lequel s’inscrit Rouvikonas. En prônant l’action contre l’attentisme, l’horizontalité contre la hiérarchie, la solidarité et l’ouverture contre le sectarisme, ce groupe incarne la possible défaite de la société oppressive et la victoire d’une nouvelle, enfin émancipatrice. Un anarchisme à nouveau en première ligne.

Ophelia Phos

1) Plus de détails sur les actions de Rouvikonas : https://secoursrouge.org/Rouvikonas-Lutte-repression-resistance-15013
2) Présentation vidéo de Rouvikonas en dix minutes, « Rouvikonas, des anarchistes en première ligne » (extrait du film « L’Amour et la Révolution » de Yannis Youlountas) : https://www.youtube.com/watch?v=342ZzVVCm70
3) Entretien avec Spyros Dapergolas, membre de Rouvikonas :
http://blogyy.net/2019/06/05/entretien-avec-spyros-dapergolas-de-rouvikonas/
4) Répression de Rouvikonas : http://blogyy.net/2019/05/29/giorgos-kalaitzidis-increvable-anarchiste-bientot-embastille-par-tsipras/
5) Ce dépôt de garantie est à triple usage : il permet d’une part d’éviter la prison préventive, de payer en partie une amende potentielle, et de financer les « jours amendes » (prix d’une journée en prison) qui reviennent à 10 euros par jour.
6) Sur le quartier rebelle d’Athènes, aussi surnommé « quartier anarchiste » : « Exarcheia la noire, au cœur de la Grèce qui résiste » de Maud et Yannis Youlountas aux Éditions Libertaires.


Article publié le 09 Sep 2019 sur Monde-libertaire.fr