DĂ©cembre 20, 2021
Par Lundi matin
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On parle beaucoup de l’abolition de la police depuis un an et demi. Mais cette formulation recouvre des propositions politiques trĂšs diffĂ©rentes. Les annĂ©es Ă  venir pourraient voir l’élimination progressive des services de police et, Ă  leur place, un ensemble d’autres agences, d’ONG, de psychiatres et d’organisations de surveillance du voisinage qui font respecter le mĂȘme ordre social sous un autre nom.

L’abolition par le haut ?

En mars 1856, en rĂ©ponse Ă  l’agitation qui rĂ©gnait dans l’empire russe, le tsar Alexandre s’est adressĂ© Ă  la noblesse en proclamant : ’Il vaut mieux abolir le servage par le haut que d’attendre qu’il soit aboli par le bas’. À l’époque, peu de Russes pouvaient imaginer l’abolition du servage ; beaucoup pensaient qu’elle mĂšnerait au chaos. En prenant l’initiative d’introduire lui-mĂȘme des rĂ©formes, Alexandre a pu supprimer le servage en laissant intactes les inĂ©galitĂ©s Ă©normes existantes entre les pauvres et la classe dirigeante. Cela a empĂȘchĂ© tout vĂ©ritable changement social en Russie pendant un demi-siĂšcle.

À Minneapolis, en rĂ©ponse au meurtre de George Floyd en mai 2020, beaucoup de gens se sont soulevĂ©s et ont, littĂ©ralement, aboli le Third Precinct (NdT : Commissariat du 3e arrondissement, rĂ©duit en cendre au troisiĂšme jour d’émeute dans la ville) en chassant les agents qui Ă©taient Ă  l’intĂ©rieur du bĂątiment et en mettant le feu Ă  celui-ci. C’était l’abolition par le bas. Les politiciens essayent toujours de rattraper les mouvements sociaux en promettant d’accorder par la loi tout ce qui peut ĂȘtre obtenu par l’action directe ; ainsi Ă  Minneapolis certains d’entre eux se sont soudainement proclamĂ©s partisans de l’abolition de la police, et de nombreux dĂ©tracteurs de la police ont Ă  nouveau placĂ© leurs espoirs dans la rĂ©forme.

AprĂšs un an et demi d’obstacles, de campagnes de peur dans les mĂ©dias [1] et de grands coup de com’ menĂ©s par les services de police du pays, une proposition visant Ă  remplacer le service de police de Minneapolis par d’autres agences a Ă©tĂ© soumise au public lors d’un rĂ©fĂ©rendum le 2 novembre 2021. Avant le 26 mai 2020, si prĂšs de 44 % de la population votante de n’importe quelle ville des États-Unis avait votĂ© en faveur de l’abolition de la police, cela aurait Ă©tĂ© signalĂ© comme un coup important portĂ© Ă  la lĂ©gitimitĂ© de l’institution du maintien de l’ordre ; Abraham Lincoln a remportĂ© l’élection prĂ©sidentielle de 1860 avec seulement 39 % des voix, et il n’axait mĂȘme pas sa campagne sur la question abolitionniste. La semaine derniĂšre cependant (NdT : le texte original date du 7 novembre), les centristes et les conservateurs ont revendiquĂ© la dĂ©faite du OUI au rĂ©fĂ©rendum Ă  Minneapolis comme une victoire.

Mais la rĂ©forme que nous avons vue sur le bulletin de vote aurait-elle vraiment apportĂ© les rĂ©sultats que les partisans de l’abolition de la police recherchent ? Dans l’analyse suivante, un habitant de Minneapolis rĂ©flĂ©chit aux implications de cette tentative d’abolition de la police par le haut.

Comment (ne pas) abolir la police

« Je ne suis pas contre la brutalitĂ© policiĂšre, je suis contre la police. Â»

-Frank B. Wilderson III

Le dĂ©partement de police de Minneapolis n’a pas Ă©tĂ© aboli.

MalgrĂ© la promesse d’une ’majoritĂ© de blocage’ des membres du conseil municipal Ă  la suite du soulĂšvement George Floyd en 2020 [2], le MPD n’a pas Ă©tĂ© aboli. Il y a eu l’offensive mĂ©diatique qui s’ensuivit sur la façon dont le gouvernement de la ville allait abolir la police au plein coeur d’une vague de criminalitĂ©, et le MPD n’a pas Ă©tĂ© aboli. Enfin, il y a eu la campagne massive (contre le dĂ©mantĂšlement) Ă  propos de la question n°2 [3], le rĂ©fĂ©rendum sur le changement de nom et la rĂ©organisation du dĂ©partement, et le MPD n’a pas Ă©tĂ© aboli.

Pourtant, il Ă©tait tout Ă  fait possible que la campagne pour le rĂ©fĂ©rendum soit couronnĂ© de succĂšs et que les membres du conseil municipal tiennent leur promesse initiale et dĂ©mantĂšlent effectivement le MPD. Nous pourrions bien voir cette question Ă©merger Ă  nouveau lors du prochain cycle Ă©lectoral, Ă  Minneapolis ou ailleurs aux États-Unis. C’est pourquoi il est important d’examiner les prĂ©misses sous-jacentes de ces tentatives d’’abolition de la police’ et comment elles pourraient contribuer discrĂštement Ă  renforcer le pouvoir et le contrĂŽle de la police.

Un peu de contexte

Petit retour sur le mouvement abolitionniste de Minneapolis qui n’était pas facile Ă  suivre cette derniĂšre annĂ©e et demi. En juin 2020, neuf des douze membres du conseil municipal ont annoncĂ© leur intention d’abolir le MPD. Cela devait prendre la forme d’un amendement Ă  la Constitution de la ville, qui exige actuellement que la ville finance un service de police avec un nombre d’agents minimum. Peu de temps aprĂšs, la Commission de la Constitution de la ville est intervenue pour casser l’amendement permettant aux politiciens de se sortir d’affaire Ă  peu de frais.

Juin 2020, les membres du conseil municipal de Minneapolis promettent de dé-financer la police.

Fin 2020, une pĂ©tition a commencĂ© Ă  circuler pour tenter de faire adopter l’amendement via un referendum en 2021. MalgrĂ© de nombreux obstacles, ce vote a donc eu lieu la semaine derniĂšre. L’amendement n’aurait pas littĂ©ralement aboli la police. Il aurait plutĂŽt remplacĂ© le MPD par un ’DĂ©partement de la sĂ©curitĂ© publique’ et supprimĂ© l’exigence minimale concernant le nombre d’agents de police.

Le scrutin n’a pas vu le OUI l’emporter mais la proposition a fait un score relativement bon pour un sujet aussi controversĂ© – suffisamment bon pour qu’elle ressorte un jour ou l’autre. Mais nous avons dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  voir quel type d’’abolition de la police’ elle permettrait, et ce n’est pas l’abolition pour laquelle tant d’entre nous se sont mis en jeu en 2020.

Alors que les dĂ©bats faisaient rage ( et que la maniĂšre de rĂ©diger ces propositions mais aussi les actions en justice intentĂ©es pour les stopper et la dĂ©formation de leur signification faisaient couler beaucoup d’encre dans les mĂ©dias) le conseil municipal de Minneapolis a commencĂ© Ă  imaginer ce Ă  quoi ressemblera l’abolition part le haut, quelle soit officiellement mise en Ɠuvre ou non. Nous pouvons identifier deux caractĂ©ristiques de leur approche, qui sont toutes deux dĂ©jĂ  en cours aujourd’hui.

PremiĂšrement, ils introduisent une collaboration plus Ă©troite avec d’autres services de police pour complĂ©ter un MPD dĂ©jĂ  affaibli sur le plan logistique et psychologique par le mouvement George Floyd – affaiblissement qui n’est pas liĂ© Ă  une supposĂ©e politique de ’ defund ’-, mais apparaĂźt plutĂŽt comme une consĂ©quence pratique de la rĂ©volte populaire que leurs meurtres ont provoquĂ©e. DeuxiĂšmement, ils prennent des dispositions pour que des groupes non Ă©tatiques financĂ©s fassent le travail de la police Ă  leur place par le biais du Bureau de prĂ©vention de la violence.

La main tendue

La premiĂšre stratĂ©gie devrait paraĂźtre familiĂšre Ă  toute personne vivant dans une grande agglomĂ©ration aux États-Unis. Il existe de nombreux services dont les compĂ©tences se chevauchent largement et qui peuvent assumer les tĂąches de rĂ©pression policiĂšre, mĂȘme si un service venait Ă  disparaĂźtre. La police des parcs de Minneapolis, la police de Metro Transit, la police de l’universitĂ© du Minnesota, les shĂ©rifs du comtĂ© d’Hennepin, la patrouille d’État du Minnesota, les services de police de toutes les villes et banlieues environnantes – voilĂ  quelques-uns des nombreux services qui peuvent assurer les tĂąches du MPD et qui ont fait le mĂȘme travail pendant tout ce temps. Ironiquement, dans de nombreuses rĂ©gions des États-Unis, les cadres dans lesquels les diffĂ©rents services de police collaborent sont appelĂ©s ’accords d’aide mutuelle’.

La rĂ©pression, l’automne dernier, des rodĂ©os de voitures, appelĂ©es ’sideshows’, est un exemple de cette collaboration multi-agences. Le MPD a tentĂ© de rĂ©primer seul ces situations mais elles sont reparties de plus belle au printemps 2021, et la police a rapidement Ă©tĂ© contrainte de battre en retraite.

Que la MPD soit un jour supprimĂ©e ou non, elle est dĂ©jĂ  relĂ©guĂ©e au second plan dans de nombreux services de police. L’hiver dernier, la police a menĂ© une vaste opĂ©ration contre une sĂ©rie d’attaques de voitures, avec l’aide des shĂ©rifs du comtĂ© et de la State Patrol. Ensuite, pendant la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant le procĂšs de Derek Chauvin, Minneapolis a mobilisĂ© d’innombrables agences ainsi que la Garde nationale pour l’aider Ă  verrouiller la ville – ce qui n’a d’ailleurs pas suffit Ă  empĂȘcher les contestations pendant la semaine qui a suivi l’assassinat de Daunte Wright [4] en avril Ă  Brooklyn (commune voisine de Minneapolis). La State Patrol et la Garde nationale, et non le MPD, ont dirigĂ© la rĂ©pression de ces manifestations.

En juin, une Ă©quipe spĂ©ciale composĂ©e de shĂ©rifs et de marshals fĂ©dĂ©raux a assassinĂ© Winston Smith Ă  Minneapolis, illustrant Ă  quel point le maintien de l’ordre dans les villes jumelles (NdT : Minneapolis et sa ville adjacente St Paul) est dĂ©jĂ  rĂ©parti entre un large Ă©ventail d’institutions. Cela est d’autant plus nĂ©cessaire que des centaines d’agents du MPD ont quittĂ© le dĂ©partement depuis le soulĂšvement de 2020.

Un aperçu de l’avenir

La deuxiĂšme stratĂ©gie est plus insidieuse. Un certain nombre de groupes communautaires prĂ©existants ont Ă©tĂ© sollicitĂ©s pour aider la police ou mĂȘme pour assumer entiĂšrement leur rĂŽle dans des situations qui pourraient s’avĂ©rer dĂ©licates pour des agents en uniforme. Nous en avons vu l’exemple le plus effrontĂ© lorsque le Mouvement Agape [5] a aidĂ© les employĂ©s de la ville Ă  dĂ©manteler les barricades autour du George Floyd Square- lieu de sa mort, que les personnes en deuil avaient barricadĂ© et transformĂ© en mĂ©morial. La police n’a mĂȘme pas eu besoin d’ĂȘtre sur place pour cela, bien qu’elle ait Ă©tĂ© vue dans les environs au cas oĂč son intervention serait nĂ©cessaire. Il s’est avĂ©rĂ© qu’elle ne l’était pas – il a suffi qu’un ’groupe communautaire’ se substitue au MPD pour profaner le mĂ©morial de George Floyd.

Les incidents de ce type sont de plus en plus frĂ©quents. Juste aprĂšs les meurtres commis par la police en avril et juin de cette annĂ©e, des groupes communautaires financĂ©s par l’État, comme les Minnesota Freedom Fighters, ont violemment adoptĂ© le rĂŽle de ’police de la paix’, un terme utilisĂ© pour dĂ©crire les personnes qui interfĂšrent avec et parfois agressent ceux qui rĂ©sistent Ă  la police ou s’engagent dans des actions de confrontation.

Les employés de la ville débloquent les rues du parc George Floyd grùce à la médiation de Agape.

L’aspect le plus insidieux de cette approche rĂ©side en ce que ses bases ont Ă©tĂ© posĂ©es dans le discours mĂȘme de l’abolition qui a surgi lors du soulĂšvement. Au cours de la rĂ©bellion, lorsque d’innombrables personnes ont cessĂ© d’accepter la lĂ©gitimitĂ© de la police, de nombreuses personnes et organisations se sont levĂ©es pour prendre leur place, utilisant le langage de l’abolition pour justifier leur rĂŽle de ’police communautaire’. Les Minnesota Freedom Fighters Ă©taient notamment l’un des groupes les plus en vue Ă  l’époque. Cette mĂȘme tendance Ă  l’autosurveillance est apparue sur le George Floyd Square avec le mouvement Agape ; jusqu’au retrait des barricades en juin – et mĂȘme depuis – le mouvement Agape faisait clairement partie de la composition de la place. Dans la ’RĂ©solution pour la justice’ publiĂ©e en aoĂ»t 2020 par des activistes cherchant Ă  reprĂ©senter l’occupation et le mouvement qui en est issu, le nom d’Agape est mentionnĂ© deux fois, une fois pour reconnaĂźtre leur rĂŽle dans la ’sĂ©curité’ en l’absence de la MPD, et une autre fois dans la revendication numĂ©ro 18 (sur 24), qui demande qu’ils reçoivent un espace permanent sur le square pour continuer Ă  fonctionner.

Cette idĂ©e de l’autocontrĂŽle oĂč la communautĂ© assure sa propre surveillance, forme le lien dans lequel l’abolition de la police et l’application de la loi fusionnent et ne font qu’un. Malheureusement pour les abolitionnistes sincĂšres, la ville est bien en avance sur nous dans le dĂ©veloppement de ce modĂšle. Dans les annĂ©es Ă  venir, il est plausible que l’on assiste Ă  la disparition progressive de tout ce que l’on appelle le dĂ©partement de police de Minneapolis et Ă  l’apparition, Ă  sa place, d’un ensemble d’autres agences, d’activistes, de psychiatres, d’organisations de surveillance du voisinage et d’autres personnes qui appliquent la mĂȘme loi violente et maintiennent le mĂȘme ordre que le MPD.

Si nous le reconnaissons maintenant, nous pouvons commencer Ă  nous prĂ©parer Ă  ce futur potentiel. Nous devons ĂȘtre capables d’identifier le maintien de l’ordre, quelle que soit la forme qu’il prend, quelle que soit la maniĂšre dont il est dĂ©guisĂ©. Nous avons besoin d’une analyse et d’un langage avec lesquels nous pouvons pointer du doigt les nouvelles formes de maintien de l’ordre lorsqu’elles surviennent. Nous devons populariser des visions de ce Ă  quoi nos vies pourraient ressembler sans le maintien de l’ordre et ouvrir des espaces dans lesquels nous pouvons expĂ©rimenter pour en faire une rĂ©alitĂ©.

Ce ne sont pas les uniformes et les badges qui rendent la police si destructrice pour nos communautĂ©s et nos aspirations. C’est le rĂŽle que joue la police dans le maintien de la suprĂ©matie blanche structurelle et d’autres formes d’oppression. C’est la maniĂšre dont elle concentre la force et son monopole lĂ©gitime, dont elle l’utilise pour appliquer le programme de la classe dirigeante en concentrant la violence sur certaines communautĂ©s cibles et sur toutes celles et ceux qui se battent pour l’autodĂ©termination face aux injonctions du pouvoir. Tous les rĂŽles que la police joue actuellement peuvent ĂȘtre transfĂ©rĂ©s Ă  des ’groupes communautaires’ sans armes et sans uniformes sans que les rĂ©sultats soient moins pernicieux. Nous ne voulons pas d’une sociĂ©tĂ© dans laquelle la police a Ă©tĂ© formellement abolie mais oĂč tout le reste continue comme avant. Nous voulons abolir les inĂ©galitĂ©s et l’aliĂ©nation que la police a pour mission de faire perdurer.

Une issue

Les mouvements en faveur de l’abolition de la police resteront prisonniers de ce lien tant que nous imaginerons l’abolition comme une proposition politique Ă  mettre en Ɠuvre par un gouvernement – tant que nous concevrons la police comme quelque chose de distinct des lois qu’elle applique. L’abolition effective de la police dont nous avons vu les prĂ©mices pendant le mouvement George Floyd ne peux pas s’incarner Ă  travers des patrouilles de citoyens – nous l’avons plutĂŽt entrevue dans les Ă©quipes d’émeutiers et de fĂȘtards qui ont transformĂ© la ville en quelques jours. Agissant au mĂ©pris de la loi, ils ont exprimĂ© collectivement que le pouvoir de façonner nos vies devrait ĂȘtre entre nos mains, et non monopolisĂ© par le gouvernement de la ville, les promoteurs, les banques ou qui que ce soit d’autre. Tout ce pour quoi nous sommes habituellement obligĂ©s de payer – les nĂ©cessitĂ©s, le luxe, les espaces et la convivialitĂ© elle-mĂȘme – a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© et partagĂ© avec tous.

De mĂȘme, une vĂ©ritable abolition de la police exige un engagement profond avec les idĂ©es de responsabilitĂ© et de justice transformatrice. La violence horizontale ne disparaĂźtra pas automatiquement si nous dĂ©-finançons (defund) et dissolvons la police. Si nous voulons rĂ©duire la violence et la souffrance dans notre sociĂ©tĂ©, nous devons Ă©galement abolir tous les autres systĂšmes qui crĂ©ent et renforcent l’inĂ©galitĂ©.

En fin de compte, nous aspirons Ă  cultiver de nouvelles façons de vivre ensemble qui nous permettent d’aborder les torts sans rĂ©inventer les lois et la police sous de nouveaux noms. Cela doit se produire dans notre vie quotidienne, et pas seulement dans des moments exceptionnels de rupture comme la rĂ©volte George Floyd. Si nous parvenons Ă  dĂ©velopper de nouvelles façons d’aborder les torts, nous serons plus en capacitĂ© de nous dĂ©fendre et de nous soutenir les uns les autres contre la police, et nous pourrons offrir des alternatives plus concrĂštes Ă  celles et ceux qui s’accrochent encore au seul ordre qu’ils connaissent. Ce n’est qu’en construisant des communautĂ©s dignes de ce nom que nous pourrons abolir la police une fois pour toutes.

Pendant la rébellion à Minneapolis, la construction de logements haut de gamme commence à brûler, mai 2020.



Cet article a Ă©tĂ© traduit par le collectif Matsuda qui travaille sur les questions abolitionnistes aux États-Unis. De nombreux textes sont accessibles sur leur site www.abolirlapolice.org Ils ont rĂ©cemment publiĂ© l’ouvrage Abolir la police dont nous avions publiĂ© les bonnes feuilles ici, nous les avions rencontrĂ© il y a peu et lĂ .




Source: Lundi.am