Salut chèr-e-s collègues.

Voici un argumentaire pour convaincre vos collègues lundi de se mettre en grève mardi 17 et les jours suivants. Je pars du principe qu’à ce moment de la mobilisation, les points techniques de la réforme sont acquis.

« Ca ne va servir à rien. »

Seul un défi qui n’est pas relevé est sûr de mener à un échec. C’est ce que nous demandons chaque jour aux élèves en difficulté. D’au moins essayer.

Nous avons, comme les salarié-e-s des transports, le moyen de gêner l’économie : quand les gens doivent garder leurs enfants, ils ne peuvent pas aller travailler. C’est en « tapant » au portefeuille qu’on va faire plier ce gouvernement libéral.

« Financièrement je ne peux pas. »

Ci-dessous, le coût d’un ou plusieurs jours de grève :

Pour un salaire à 1850 euros par mois.

1 jour de grève = 1850/30 = 61 euros.

Divisé par 12 mois :

1 jours : 5.12 euros/mois.

2 jours : 10,24e / mois

3 jours : 15,36e /mois

4 jours : 20,48e / mois

5 jours : 25,60e / mois

6 jours : 30,72e / mois

7 jours : 35,84e / mois

2 semaines : 71,68e / mois

3 semaines : 107,52e / mois

Pour un salaire à 2500 euros.

1 jour : 6,94e / mois

2 jours : 13,88e / mois

3 jours : 20,82e / mois

4 jours : 27,76e / mois

5 jours : 34,70e /mois

6 jours : 41,64e / mois

7 jours : 48,58e / mois

2 semaines : 97,16e / mois

3 semaines : 145,74e / mois

L’argument financier ne tient pas. En tout cas pas pour 1 jour, ni pour 2, ni pour 3. À partir d’une semaine il devient acceptable.

Les salarié-e-s des transports touchent les mêmes salaires que nous : un chauffeur/une chauffeuse de bus commence à 1600 euros, et termine sa carrière à 2200 euros. Ces gens sont en grève DEPUIS le 5 décembre.

Faire grève, c’est faire ce qu’on demande chaque jour aux élèves : faire des efforts maintenant pour se construire un futur meilleur. Sortir du désir immédiat et primaire, prendre de la hauteur et voir à long terme.

« De toute façon si c’est pas celle-là, ça sera une autre dans 5 ans. »

Nous avons l’occasion de mettre un coup d’arrêt à une spirale négative. Comme nous demandons à un-e élève avec un comportement perturbateur de commencer par se mettre au travail, nous devons commencer par stopper cette dynamique. Ce succès nous engagera dans une dynamique positive.

La question écologique remet en question le système libéral. Rien ne nous garantit un gouvernement libéral dans 2, 4, 10 ans.

La situation de catastrophe écologique est la conséquence de l’inaction des générations précédentes. Voulons-nous être la génération qui aura aussi laissé s’installer la catastrophe sociale ?

« C’est pas moi tout-e seul-e qui va changer quelque chose ».

Notre métier d’enseignant-e nous le montre chaque jour : chaque petite action compte.

Et nous sommes loin d’être seul-e-s : nous sommes le second secteur mobilisé. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Les transports, l’énergie, les ports, les routiers, les hôpitaux, les pompiers, etc. sont en grève.

Donc, lundi, mardi, mercredi, jeudi, tous et toutes en grève. Et on reprend en janvier si besoin.


Article publié le 14 Déc 2019 sur Paris-luttes.info