Novembre 10, 2021
Par Autre Futur
276 visites


La campagne présidentielle de 2022 devrait très probablement être ponctuée par tout ou partie de ces “sujets”. Retiré du monde du travail, vivant “en région”, mais toujours attaché à la lutte des classes, c’est une autre perspective qui m’interroge :

Comment lutter librement à l’ombre des nouvelles chapelles ?

En tant que mâle, octavon, hétérosexuel, cisgenre, libertaire et marxien, fils d’un ouvrier et d’une mère au foyer, anticapitaliste, syndiqué, Bac+9, iconoclaste, etc…, comment vais-je pouvoir participer à une structure politique active et de terrain, sans que mon profil original ne soit assujetti à un “examen de bonne moralité politique”, validé par un quelconque “bureau de certification” … ? Et, si tant est que les épreuves soient réussies, comment alors siéger dans des réunions avec l’assurance que mon “ADN social” ne soit pas traduit en critères discriminants ?

- Mâle, cisgenre, hétérosexuel : Selon certains rapports “libertaires”, “La non mixité est un outil permettant de rompre avec les institutions patriarcales, pour instaurer une autogestion féministe, un outil d’émancipation et d’élaboration politique pour les groupes sociaux discriminés“.
À priori, classé comme “dominant”, comment et avec qui, partager des luttes pour l’abolition du patriarcat, pour l’internationalisme et l’émancipation ? Parmi les outils de la non mixité, en est-il prévu un pour “éduquer /rééduquer les dominants” (Stages, ateliers, camps d’été,…). Et au delà des appels aux “souvenirs”, souvent idéalisés, de grandes figures du féminisme, dont des Mujeres Libres [3], des incantations, des commissions de réflexion mixtes et/ou non mixtes…, quelle serait concrètement la “feuille de route” minimale et applicable, y compris pour une “auto-défense féministe et [des] principes d’éducation populaire“… ? [4] Idem pour les questions liées à la sexualité, qu’elle soit hétéro, homo ou lgbtqia+… 

- Octavon : Les prismes du wokisme me permettront-ils, au delà de mes références/positions intellectuelles et politiques, de débattre totalement sur des sujets liés aux Noirs ? Devrai-je justifier de mon 1/8ème de sang Nègre, et de mes ascendances d’anciens esclaves libres d’Haïti [5] avant d’intervenir ? Et quid de cette légitimité si ce 1/8ème vient de ma mère (à priori une dominée) ou de mon père (à priori un dominant) ? Etc…

- Fils d’un ouvrier et d’une mère au foyer, Bac+9, retraité : Enfant du baby-boom ayant grandi sous De Gaulle et sur les suites de 68, que pourrais-je opposer à un jeune militant qui me lancerait un ridicule “OK boomer” en guise de (non)argumentaire, mais aux allures de (vraie)baseline publicitaire ? Euh… sans doute l’inviterais-je “poliment” à se plonger dans les œuvres de Rabelais, dont l’aventure subversive des guerres picrocholines, qui sont aisément commandables et téléchargeables sur Google Play.

- Libertaire, marxien, iconoclaste : L’éclairage scialytique de la “nouvelle” cartographie “sociale”, qui met en lumière le wokiste, le genre, l’identitariste ou le non-mixte, quand ce n’est pas tout à la fois, et qui déconstruit le collectif sur l’autel du groupusculaire, du personnel, du plus petit élément [6], n’est pas sans rappeler le très biblique “Je suis l’alpha et l’oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout-Puissant.” [7]. À cette approche d’une “nouvelle organisation”, je préfère celle qui définissait le mouvement DADA : “ni un dogme, ni une école, mais plutôt une constellation d’individus et de facettes libres“…




Source: Autrefutur.net