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En juin 2021, l’Institut de recherche de la FSU organisait un ­colloque autour des défis actuels du syndicalisme, réunissant différentes organisations syndicales et des universitaires. Les éditions Syllepse viennent d’en tirer un recueil instructif.

Les responsables syndicaux qui étaient présent·es pour la FSU, la CGT, Solidaires et la Confédération paysanne, ont vu leurs débats s’articuler autour de ­quatre thèmes de réflexions : évolution du travail ; enjeux éco­logiques ; féminisme et anti­racisme ; syndicats et politique. Autant de sujets qui posent des défis inédits au « syndicalisme de transformation sociale » au moment où la CFDT gagne du terrain.

Plusieurs intervenant·es ont, dès l’introduction, énoncé qu’il fallait reconstruire en évitant deux écueils : le « vain réformisme » et la « vaine radicalité ». D’autres ont souligné la tension permanente, pour le syndicalisme de classe et de masse, entre le besoin de rassembler largement et la nécessité d’une ligne alternative au capitalisme. Certaines et certains se sont même inquiétés d’une résurgence du « syndicalisme révolutionnaire » dans cette période de confusion.

Raison de plus pour regretter l’absence d’un vrai discours syndicaliste révolutionnaire pour offrir un autre éclairage, alors que toutes et tous les intervenant·es proclament volontiers leur attachement à la Charte d’Amiens et à sa ­double besogne  : revendications immédiates et révolution (pardon, « transformation »…) sociale. D’autant que l’on retrouve parfois à la CGT, à la FSU ou chez Solidaires des flashes de radicalité incantatoire – qui n’ont rien à voir avec le syndicalisme révolutionnaire – aussi bien dans les déclarations officielles que dans les postures d’« opposants »…

Les PME, pas forcément des déserts syndicaux

D’autres intervenant·es ont scruté une fois de plus les difficultés du syndicalisme à s’implanter dans le désert des « nouveaux métiers », tout en pointant les problèmes de l’institutionnalisation dans la fonction publique et les grandes entreprises. Cela rend encore plus frappant que personne ne s’intéresse aux ­réalités du syndicalisme dans les petites et moyennes entreprises, qui emploient pourtant beaucoup de main d’œuvre sans être forcément des déserts syndicaux. Objets plus difficiles à saisir pour les universitaires, elles sont aussi loin de fournir la haute bureaucratie en permanents confédéraux et fédéraux.

C’est plus souvent au niveau des unions locales ou départementales que la création et le suivi de ces syndicats se joue. La contribution de responsables intermédiaires aurait permis d’approfondir les enjeux et les problèmes du syndicalisme « réellement existant ».

Jean-Yves (UCL Limousin)

  • Jean-Michel Drevon, Le Syndicalisme au défi du XXIe siècle, Syllepse, 170 pages, 12 euros, janvier 2022.



Source: Unioncommunistelibertaire.org