Septembre 21, 2017
Par Zone À Défendre
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https://blogs.mediapart.fr/collectif-syndical-contre-laeroport-de-nddl/blog/050917/ndl-contre-laeroport-et-apres-lindispensable-cohesion

#### Contre l’aéroport et après : l’indispensable cohésion

­Unité, solidarité : une cohésion à toute épreuve ! La Zad et son monde
représentent des biens communs d’utilité manifeste, à défendre
aujourd’hui et demain, pour les luttes en cours et à venir…

C’est déjà évident aujourd’hui. Ce le sera d’autant plus demain : grâce
aux paysans historiques mobilisés dès les années 1970, et à toutes
celles et ceux qui ont suivi, la lutte tenace de Notre Dame des Landes,
et son occupation des terres, s’affirme comme un bien précieux pour les
militant·es bataillant contre le rouleau compresseur capitaliste et la
dépossession de nos vies. Pour le collectif syndical contre l’aéroport
et son monde, passé, présent et futur de ce site de résistance aux
portes de Nantes comptent donc tout autant. Si le projet d’aéroport
devait être enterré, son monde reste notre ennemi permanent. Et le
restera.

# Un bien commun des luttes

Depuis des années, cette zone à défendre a largement dépassé le cadre
géopolitique de la région nantaise, incarnant un pôle de combativité
face à l’Etat, aux multinationales, aux féroces appétits de terres, mais
aussi un lieu des possibles tentatives de sortie du système de
production et d’échanges capitalistes. En ce sens, Notre Dame des Landes
représente un véritable bien commun des luttes. Ce formidable patrimoine
partagé, collectif, est aussi un terrain d’expérimentation sociale et
politique qui rayonne au-delà des frontières.

Cet espoir vivant et durable, concret, pugnace, beaucoup de gens qui
luttent l’ont fait leur. Un peu comme le Chiapas, ou depuis moins
longtemps le Rojava kurde, ont ouvert des brèches dans le système,
suivies avec intérêt par les militant·es attentif·ves aux expériences de
vies qui se reprennent en main, qui s’émancipent du capitalisme, des
rapports de profit, d’exploitation et de domination.

Sur place, dans le périmètre de la Zad, les innovations sociales et
politiques composent aussi une part du paysage partagé par les
résistant·es à tous niveaux. Résistant·es au productivisme, à la
dilapidation des espaces agricoles, aux remises en cause brutales des
acquis sociaux, mais aussi à la criminalisation des actions syndicales
et plus largement militantes, ou aux restrictions des libertés publiques
renforcées par l’état d’urgence. Toutes offensives relevant d’une même
logique d’un système de plus en plus autoritaire, soumis à la seule loi
du profit.

# Un outil d’intérêt général pour les luttes

Cette enthousiasmante zone à défendre est aussi un outil des luttes, lié
et allié aux sans papiers à Nantes, Rennes, Calais ou ailleurs, aux
Grecs résistant aux énièmes vagues d’austérité libérale, aux Italiens de
la vallée de Susa bataillant contre le projet Lyon Turin… Un mouvement
qui renoue aussi avec les alliances ouvriers-paysans qu’a connu la
région nantaise en Mai-68 et lors les années qui ont suivi avec le
mouvement des Paysans-travailleurs. Le territoire de la zad incarne
aujourd’hui une solidarité durable avec les luttes du monde paysan pour
une autre agriculture que celle qu’impose le système capitaliste et le
productivisme. Nous sommes nombreux·ses à nous y retrouver, au sens
propre comme au figuré.

Les capacités du mouvement anti aéroport, toutes composantes unies, à
tenir face aux velléités des partisans de l’ordre, aux manigances des
actionnaires du béton et aux dividendes des profiteurs, ont donc inspiré
bien au-delà des périmètres locaux et conquis les participant·es aux
grands rassemblements, blocages et manifestations et celles et ceux qui
observent de plus loin sans y avoir mis les pieds…

La naissance de « La Cagette des terres », réseau de solidarité et de
ravitaillement des piquets de grèves, squats de migrants ou occupations
de facs, nous paraît une raison importante de plus de tenir à un espace
de lutte sans lequel cet outil de soutien à la combativité ouvrière et
de convergence des luttes n’existerait pas. C’est d’autant plus crucial
face à l’offensive ultralibérale du gouvernement et de ceux qui l’ont
précédé, face à la guerre ouverte pour détruire le code du travail et
accroître toujours plus les conditions d’une exploitation « libre et non
faussée » des salarié·es. C’est bien le même bulldozer ultralibéral qui
tente de supprimer les droits des salarié·es que celui qui voudrait
détruire le bocage de la zad.

Plus que jamais, il importe de veiller à maintenir cette enclave, son
statut de bien commun des luttes, son rôle d’intérêt général
irremplaçable au service de ces luttes. Pour le collectif syndical
contre l’aéroport, la perte d’un tel symbole des luttes et outil actif
de leur convergence n’est pas envisageable une seconde, pas plus que des
négociations pour discuter d’une évacuation.

Jusqu’ici, face aux diverses menaces d’expulsion, manœuvres et
tentatives de division, seule la cohésion entre ses composantes,
hétérogènes mais toujours unies, a bâti un rapport de force qui a fait
échouer ces intentions néfastes. Largement discutée et approuvée, la
plate forme commune, « Les 6 points pour l’avenir de la zad »* définit
les objectifs partagés.

A l’heure où la mission des médiateurs laisse planer l’hypothèse d’un
possible abandon du projet, mais assorti, disent-t-ils, d’un « retour à
l’ordre », le collectif syndical contre l’aéroport réaffirme son soutien
indéfectible à un autre bien commun : l’unité dans la diversité des
modes d’action et des mobilisations. C’est cette cohésion qui a fait
reculer le pouvoir jusqu’ici, c’est cette cohésion qui arrachera
l’abandon du projet, c’est encore cette cohésion qui permettra de garder
cette zone, ses terres, son esprit et ses espoirs vivaces.


* Les 6 points pour l’avenir de la zad

« Nous défendons ce territoire et y vivons ensemble de diverses manières
dans un riche brassage. Nous comptons y vivre encore longtemps et il
nous importe de prendre soin de ce bocage, de ses habitant-e-s, de sa
diversité, de sa flore, de sa faune et de tout ce qui s’y partage.
Une fois le projet d’aéroport abandonné, nous voulons :

- Que les habitant·e·s, propriétaires ou locataires faisant l’objet
d’une procédure d’expropriation ou d’expulsion puissent rester sur la
zone et retrouver leurs droits.

- Que les agriculteur·trices impacté·es, en lutte, ayant refusé de plier
face à Ago-Vinci, puissent continuer de cultiver librement les terres
dont ils et elles ont l’usage, recouvrir leurs droits et poursuivre
leurs activités dans de bonnes conditions.

- Que les nouveaux habitant·es venu·es occuper la zad pour prendre part
à la lutte puissent rester sur la zone. Que ce qui s’est construit
depuis 2007 dans le mouvement d’occupation en termes d’expérimentations
agricoles hors cadre, d’habitat auto-construit ou d’habitat léger
(cabanes, caravanes, yourtes, etc.), de formes de vie et de lutte,
puisse se maintenir et se poursuivre.

- Que les terres redistribuées chaque année par la chambre d’agriculture
pour le compte d’Ago-Vinci sous la forme de baux précaires soient prises
en charge par une entité issue du mouvement de lutte qui rassemblera
toutes ses composantes. Que ce soit donc le mouvement anti-aéroport et
non les institutions habituelles qui détermine l’usage de ces terres.

- Que ces terres aillent à de nouvelles installations agricoles et non
agricoles, officielles ou hors cadre, et non à l’agrandissement.

- Que ces bases deviennent une réalité par notre détermination
collective. Et nous porterons ensemble une attention à résoudre les
éventuels conflits liés à leur mise en œuvre. »

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