Octobre 6, 2018
Par Le Pressoir
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Le bulletin apérioidique du Collectif des antifascistes des Hauts-Cantons – ici le numéro 5

bulletin n° 5 - 1.4 Mo
bulletin n° 5

L’extrême droite tue. Elle s’en donne le droit. L’élimination physique de quiconque qu’elle aura désigné comme adversaires fait partie de sa charte. Mais cela, il faudra le répéter combien de fois ? Encore pas mal, lorsqu’on voit comment s’amorçait le 4 septembre le procès de trois des meurtriers de Clément Méric en juin 2013, et comment les médias relayaient la chose. « Violence commise en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner », ça s’appelle comme ça, lorsque ayant repéré ses cibles, constaté leur faiblesse, on appelle ses potes par portable et qu’on s’en donne à coups de poing américain ? « Rixe entre deux bandes rivales », cela ? Des braves petits gars un peu paumés, juste « skinheads », ces membres des JNR et du groupe « Troisième voie », groupes organisés pour l’action violente et qui en ont du reste fait un certain nombre de fois la démonstration ?

C’était mal barré. Et dans ce moment où l’ambiance à l’extrême droite est aux connexions, et où, qu’il soit migrant, musulman ou antifa, « tous unis contre l’ennemi commun », pas très rassurant.

Petit dialogue sur SMS entre Samuel Dufour, l’un des accusés, et un de ses camarades, juste après l’agression :

S. D. : Salut, j’ai frappé avec ton poing américain.

Y : Srx, (ça veut dire : « sérieux ») ques ce que ta fait encore ?

S.D. : Ba il est parti à l’hôpital… Mdr (ça veut dire « Mort de rire »)

Y : Mdr té grave

S.D. : 5 contre 3 et on les a défoncé

Ils ont parlé au procès des sms. Pas de Mdr. Mais l’avocat général, tout en s’employant à faire fond sur le caractère politique du meurtre, a (quand même !) insisté dans son réquisitoire sur l’aspect « agression », et requalifié l’acte commis en « coups mortels en réunion avec une arme », et « violences volontaires en réunion » pour Alexandre Eyraud, qui n’a pas porté de coups sur Clément Méric, mais dont la présence a permis l’agression. Verdict : pour Esteban Morillo, celui qui a donné le coup mortel, 11 ans, pour Samuel Dufour, 7 ans.

Alexandre Eyraud a été acquitté. Les deux premiers ont fait appel.

“Mort de rire” : mort de leurs rires, dans leurs rires.
Clément Méric, ces jours-ci, on a mal à toi.




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