Depuis le dĂ©but de l’épidĂ©mie de la Covid, le secteur d’activitĂ© de l’aĂ©ronautique est chamboulĂ©. Les commandes qui prĂ©tendument assuraient 10 ans de travail d’avance ont disparues, car paraĂźt il les compagnies aĂ©rienne les ont annulĂ© . Et c’est ce prĂ©texte que les patrons mettent en avant pour justifier des mesures censĂ©es prĂ©server la compĂ©titivitĂ© du secteur et l’emploi. Extraordinaire hypocrisie ! C’est nous, travailleurs de l’aĂ©ronautique, ouvriers ou employĂ©s, qui supportons dans les faits les consĂ©quences de cette crise. C’est Ă  nous que l’on demande de se serrer la ceinture pour prĂ©tendument sauver la boite mais en rĂ©alitĂ© prĂ©server les profits que des actionnaires avides se partageront. Dans cette ambiance dĂ©lĂ©tĂšre , des compagnons et moi mĂȘme, tous salariĂ© dans le secteur de l’aĂ©ro, nous avons dĂ©cider de monter un collectif, qui se nomme « Collectif des Travailleurs de l’AĂ©ronautique et d’Ailleurs Â». Notre but est de nous adresser aux salariĂ©s de ce secteur mais aussi, Ă  tous les autres qui d’une maniĂšre ou d’une autre subissent ou vont subir la crise de l’industrie de l’aĂ©ronautique, comme par exemple les travailleurs du BTP ou de l’Enseignement.

Airbus est la boite N°1 dans la rĂ©gion et sur le reste du territoire, si Airbus tousse, c’est toute la rĂ©gion qui s’enrhume. Airbus pĂšse lourd dans l’économie nationale, et non seulement Airbus fabrique des avions de ligne , mais aussi des hĂ©licoptĂšres, des satellites… ça fait beaucoup !

Donc il n’est pas Ă©tonnant qu’a l’intĂ©rieur des murs de cette boite un syndicat comme F.O fasse la loi ça aurait pu ĂȘtre la CGT ou la CFDT ça aurait Ă©tĂ© pareil, c’est une histoire de leadership et de politique entre syndicalistes. Mais en attendant F.O fait sont boulot auprĂšs des salariĂ©s, pour calmer les vellĂ©itĂ©s de remise en question, de la gestion du boulot, ils dĂ©minent , font du clientĂ©lisme, par exemple si tu prend ta carte ça sera plus facile pour se faire embaucher. Ce n’est pas seulement Airbus qui fonctionne de cette maniĂšre, les principales grosse boite de la rĂ©gion fonctionnent plus ou moins pareil.

Partant de ce constat, qui est que nous n’avons rien Ă  espĂ©rer des syndicats « reprĂ©sentatifs Â», il faut trouver autre chose, pour peut ĂȘtre agglomĂ©rer un maximum de personne autour de ce collectif pour pouvoir faire des actions plus autonomes, refuser la cogestion avec la direction, voire peut ĂȘtre si nous en avons les moyens contourner ces syndicats et proposer aux gens des trucs, comme l’action directe, des vrais AG. Le but du jeu Ă©tant de ne pas se laisser faire, et ne pas faire confiance aux PDG et syndicalistes.

Dans quelques semaines ou quelques mois, des milliers d’entre nous vont ĂȘtre licenciĂ©s soi-disant pour sauver l’emploi et l’entreprise. Peu importe le nombre exact qui de toute façon, sera infĂ©rieur au nombre initialement annoncĂ© dans les mĂ©dias. Les syndicats parleront alors d’une victoire (ça aurait pu ĂȘtre pire), pour les licenciĂ©s, ce sera une catastrophe, pour ceux qui resteront une humiliation supplĂ©mentaire. Des nĂ©gociations sont engagĂ©es entre les syndicats et les patrons pour dĂ©cider de notre sort. Les syndicats prĂ©tendent dĂ©fendre nos intĂ©rĂȘts dans ces nĂ©gociations, mais le fait qu’ils dĂ©pendent trĂšs majoritairement de l’argent de l’état et des patrons pour leur fonctionnement nous inquiĂšte beaucoup. Les permanents grassement payĂ©s censĂ©s nous reprĂ©senter dans ces nĂ©gociations ne reprĂ©sentent qu’eux mĂȘme, ils sont une courroie du systĂšme. Comme le dit la chanson, ne faisons confiance qu’à nos propres forces, exigeons d’élire nos propres reprĂ©sentants, dĂ©cidons de nos revendications et pour commencer dans les ateliers dans les bureaux formons nos propres assemblĂ©es, discutons ensemble, dĂ©cidons ensemble.

Depuis le dĂ©but de cette crise sans prĂ©cĂ©dents que le COVID Ă  provoquĂ©, nous avons pu constater en particulier dans le secteur d’activitĂ© de l’aĂ©ronautique, encore plus que de coutume, le cynisme, du patronat, leur mĂ©pris Ă  notre Ă©gard, nous avons pu aussi constater, le clientĂ©lisme, le travail de dĂ©minage social, voire ouvertement au service du capital de ces syndicats soi-disant reprĂ©sentatif.

Et c’est bien parce que de plus en plus de personnes, salariĂ©es ou non, ne font plus confiance Ă  ces institutions, thĂ©oriquement chargĂ©es de les dĂ©fendre que le mouvement des gilets jaunes qui fonctionne ne assemblĂ©es, met en pratique la dĂ©mocratie directe et l’action directe, refuse les reprĂ©sentants non rĂ©vocables Ă  tout moment connaĂźt le dĂ©veloppement que l’on sait Il serait intĂ©ressant que les gens en fasse de mĂȘme sur leur lieux de travail, puisqu’il est entendu que le syndicalisme officiel ne dĂ©fendra pas les travailleurs et encore moins avec la crise que nous traversons, ou ils tenteront de gĂ©rer au mieux les colĂšres pour pouvoir Ă©viter une Ă©ventuelle explosion sociale.


Article publié le 12 Sep 2020 sur Cntaittoulouse.lautre.net