Depuis des années cet établissement du CHU de Tours souffre de sous-effectifs récurrents. Le premier « plan » apporté par la direction est d’épuiser les soignants par la pratique de l’auto-remplacement. Les agent·es se voient régulièrement changer leur planning pour pallier le manque d’effectifs. De plus, les heures supplémentaires ne sont ni comptabilisées, ni récupérées. Cela à un impact direct sur la vie privée de chacun·es, sur leur fatigue mentale et physique !

Depuis 2017, le CHU de Tours a engagé des restructurations massives dans les services, supprimant des lits et des postes de soignants, d’administratifs, de techniciens afin d’obtenir le financement, pour le « CHU 2026 », du ministère. Ce qui n’arrange rien. Le « plan B » de la direction est alors d’avoir mis en place le système du « Whoog » (Système d’appel au remplacement sur tout l’hôpital, pour l’absentéisme de dernière minute). Mais tout bricolage a ses limites ! Car faut-il encore que les agents ne dépassent pas le temps de travail légal. Et comme la direction fait exploser ces demandes depuis le début de l’année, il y a de moins en moins d’agent·es répondant à ces appels ! De plus, ce système, engendre aussi la fatigue par le surplus des journées de travail.

Alors à l’Ermitage (comme dans d’autres services), un troisième « plan » est apporté par la direction pour pallier le manque d’effectifs : la fermeture de lit. 12 lits de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) sont fermés depuis le mois de juin et ce jusqu’à une date non définie. Ce service est un accueil spécialisé prenant en charge des personnes en perte de mobilité suite à une lourde hospitalisation ou une intervention chirurgicale. Le but des soins prodigués est d’aider les patients à retrouver leur motricité. Mais aussi la fermeture de l’Unité Cognitivo-Comportementales (UCC), qui a pour but de réduire les troubles du comportement de patients présentant une maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée pour lesquels le recours à une hospitalisation est nécessaire.

Ces fermetures impactent directement l’accompagnement des patient·es /résident·es, leur accueil, le respect de leurs besoins, l’accomplissement de leurs soins. De plus, les lits d’aval de rééducation sont sous dotés par rapport aux besoins. Les fermer engorge les services d’hospitalisation et les urgences. Il faut donc les rouvrir ! Pour améliorer les conditions de travail des agents, mais également la qualité des soins apportés aux usager·es, la seule solution est d’embaucher. Mais la direction prétend à longueur de temps que le vivier est vide, que personne ne postule ! Faudrait-il encore que les emplois proposés ne soient pas des contrats précaires à temps partiel. Des embauches directes, et à temps plein sont la solution !

Pour toutes ces raisons, les agent·es de l’Ermitage ont voté la grève. Voici leurs revendications :

  • Renfort des effectifs, remplacement des arrêts, permettant aux agent•es de tous les services de mener les prises en charge et l’ensemble de leurs tâches dans de bonnes conditions.
  • Matériel nécessaire pour les soins, en quantité suffisante (ex : capiluves).
  • Plannings : respect des règles de plannings, arrêt des suppressions des jours de repos et de congés, respect des congés annuels, arrêt des changements de planning sans être prévenu.es dans le temps légal, mise à disposition des plannings prévisionnels et affichages en continu des plannings définitifs.
  • 1er et 4ème étage : 2 IDE tous les matins, week-end et jours fériés inclus.
  • Temps d’encadrement de minimum deux semaines pour les nouvelles et nouveaux agent•es.
  • Arrêt de la pratique des rappels à domicile, et le respect des choix des agents à ne pas communiquer leur numéro de téléphone afin de garantir le respect de la vie privée.
  • Prise en compte des heures supplémentaires effectuées dans le cadre des obligations de service (temps de transmissions qui dépasse le temps de travail journalier).
  • Arrêts des comportements managériaux qui peuvent être à l’origine de risques psychosociaux dans la gestion du service.
  • Amélioration des conditions de travail actuelles et futures.

Les équipes de l’Ermitage, soutenues par les syndicats CGT et SUD.


Article publié le 19 Août 2019 sur Larotative.info