Voici ce qu’on peut lire sur le texte qui figure à côté des portraits :

Pourquoi une rue Christophe Colomb à Ivry-sur-Seine ?

Alors que, loin du mythe du valeureux « découvreur des Indes », Christophe Colomb fut la main armée des volontés d’expansion du Vieux Monde. Son arrivée de l’autre côté de l’océan Atlantique en 1492 est le début de la colonisation européenne sur le continent américain.

Alors que, contrairement aux croyances inculquées, le continent n’était ni vierge, ni inhabité et certainement pas à disposition. L’Amérique n’a pas été découverte mais envahie. Cette entreprise se déroula de façon violente, les indigènes furent massacré·es, violé·es, spolié·es de leurs terres et de leurs identités.

L’histoire est une science vivante. Les dates, les personnes glorifiées aujourd’hui sont celles des vainqueurs. L’histoire est ce que nous décidons d’en faire. Rien n’est figé. Emmanuel Macron déclare : « la République n’effacera aucun nom ou aucune trace de son histoire ». Nous pouvons répondre qu’on n’effacera pas les noms, mais qu’on les remettra bien à leur place. Il s’agit de leur retirer les honneurs et de déplacer le regard, de rendre justice aux peuples qui n’ont eu de cesse de lutter contre leurs oppresseurs, aujourd’hui encore ! Glorifier des acteurs de la colonisation, de l’esclavage ou des répressions des luttes ouvrières par des statues, des noms de rues ou encore des bâtiments rend toutes les formes de résistance invisibles.

Alors que notre histoire regorge de femmes et d’hommes qui se sont soulevé·es contre le rouleau compresseur que fut la colonisation à travers le monde. Il est temps d’imposer des modèles et personnes inspirant·es dont nous voulons dans nos espaces publics, dans nos livres d’histoire, dans la bouche de nos enfants. Nous refusons une Histoire à orientation unique. Nous préférons inscrire sur les murs de notre ville les noms de quelques résistantes, encore moins connues du fait même d’être femmes !

Pourquoi une rue Christophe Colomb à Ivry-sur-Seine ?

Alors que Bartolina Sisa mobilisa une armée contre les colons espagnols en Bolivie ;

Alors que Lozen guerrière Apache ne cessa de livrer combat contre les forces mexicaines ;

Alors que Berta Caceres milita contre les nouvelles formes de colonisations au Honduras avant d’être assassinée ;

Alors que Lalla Fatma N’Soumer dirigea les troupes kabyles dans leur combat contre l’armée coloniale française.

Il est temps de reconnaître les crimes de la colonisation et de rendre justice aux luttes pour l’indépendance des peuples colonisés !

Nous refusons qu’une rue porte le nom de Christophe Colomb dans notre ville. Le temps du silence se termine aujourd’hui, il est temps d’entendre les voix de celles qu’on a voulu étouffer !

Habitantes en lutte contre la société coloniale, son racisme et son sexisme

Pour nous contacter : abyayala_94@protonmail.com

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Article publié le 20 Juil 2020 sur Paris-luttes.info