Décembre 1, 2022
Par CQFD
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Cette fois, youpi, le gouvernement n’aura pas eu à dégainer son 49.3 pour faire passer sa nouvelle réforme de l’assurance-chômage. Merci aux parlementaires serpillières Les Républicains, jamais en reste quand il s’agit de tabasser du chômeur. Adoptée définitivement par le Sénat ce 17 novembre, la loi sur le « fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi » livre pieds et poings liés les demandeurs d’emploi au gouvernement, celui-ci étant autorisé à modifier comme bon lui semble les règles d’indemnisation en riant au nez des partenaires sociaux.
S’il avait grosso modo un an pour le faire, il n’a pas tardé à sortir les crocs, alléché par l’odeur du festin. Quatre petits jours après la délivrance de ce permis de chasser, le ministre du Travail a donc sonné l’hallali, annonçant que la durée d’indemnisation baissera d’un quart pour les demandeurs d’emploi ouvrant des droits à partir du 1er février. Là où vous avez droit à 24 mois d’indemnisation dans le système actuel, vous n’en aurez plus que 18. Six mois envolés d’un coup. C’est plus Macron, c’est Majax. Voire Zaroff, cet aristocrate déchu qui, dans un célèbre film américain de 1932, chasse l’homme comme d’aucuns traquent le sanglier en rotant leur vinasse.
Autre aspect du nouveau micmac, la durée des indemnisations évoluera en fonction de la situation du marché de l’emploi. Si le taux de chômage atteint les 9 % ou progresse de 0,8 point en un seul trimestre, on (re)passera alors à des « règles plus protectrices ». Or, ces dernières ne sont autres que… celles en vigueur actuellement. Une belle fourberie : les indemnités ne pourront donc que baisser, le taux de chômage étant aujourd’hui dans les 7 % et n’ayant plus franchi la barre des 9 % depuis 2017, même au plus fort de la crise Covid.

Voilà donc un nouvel étage de l’ogive nucléaire balancée sur la gueule des chômeurs. Car c’est bien la suite de l’assaut en mode Blitzkrieg goût Medef lancé par les macronistes : la précédente réforme dévastatrice date d’à peine plus d’un an, qui signait la détérioration des conditions d’accès aux indemnités et la baisse de leur montant. Toujours plus profond que le fond.
Pour justifier cette nouvelle attaque, le gouvernement met en avant les difficultés de recrutement dans des secteurs où les conditions de travail sont bien pourries, comme l’hôtellerie-restauration ou le médico-social. L’objectif premier de l’exécutif n’est donc pas de faire baisser le chômage, mais bien de pousser les sans-emploi vers des jobs foireux, éreintants et sous-payés. Sachant que les emplois non pourvus ne dépassent pas les 400 000 quand le pays compte environ trois millions de chômeurs (et encore, si l’on s’en tient aux seuls inscrits à Pôle emploi en catégorie A). Avec le système actuel déjà, plus de la moitié de ceux-ci ne reçoivent aucune indemnisation (dont un bon million qui y auraient pourtant droit)… et ne trouvent pas plus de taf pour autant. C’est bien pensé, tout ça.

Charognard en chef, le gouvernement cache à peine sa satisfaction de faire des économies (4 milliards d’euros espérés) sur le dos de personnes en galère et ce, alors même que les prix de l’alimentation et de l’énergie ne cessent de s’envoler. Mais, preuve que l’exécutif a pleinement conscience que ces mesures pourraient susciter la colère populaire, il en a dispensé les collectivités d’Outre-mer par crainte d’une explosion sociale… D’où cette question : quand leur montre-t-on que l’Hexagone itou peut exploser ? Qu’une fois pour toutes, on radie Macron et ses acolytes de nos vies. Et sans indemnités.

Par Aurel.




Source: Cqfd-journal.org