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Le chlordécone est un pesticide cancérigène ultra nocif, qui après avoir pollué les terres de Martinique et de Guadeloupe, empoisonne le corps, les vies de milliers d’antillais.

Ce pesticide breveté dans les années 1950, est utilisé sans compter dans les îles durant les années 1972 pour lutter contre le charançon, un insecte nuisible aux bananeraies. Son utilisation sera intensive jusque dans les années 1990.

Interdit aux États-Unis dès 1975, malgré de nombreuses études alarmantes dont celle de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en 1979, ce n’est qu’en 1990 que le gouvernement français en interdira son utilisation en France. Les patrons des plantations de bananes obtiendront une dérogation du ministère de l’agriculture, donc de l’État français jusqu’en 1993, laissant les travailleurs des bananeraies et la population démunis et sans protection, se faire contaminer.

La réalité du désastre.

Les patrons des bananeraies faisant fi des réalités, sols et nappes phréatiques seront polluées. Bétail, volailles et maraîchages seront contaminés. Avec les pluies et le déversement dans les rivières puis dans l’océan, la pêche côtière est interdite dès 2005. La majorité de l’eau potable sera dangereuse à boire impactant le quotidien des guadeloupéens. Une étude de « Santé Publique France », révèle que l’imprégnation sanguine de ce pesticide chez les adultes est généralisé à 90 % de la population et que depuis 2003 cette imprégnation ne diminue pas. Autre conséquence pour les populations, le taux de cancers de la prostate est parmi les plus élevés de par le monde.

Méfiance et colère contre l’État.

Durant ces années passées, les antillais ne cessent de réclamer justice. Après des plaintes, un dossier d’instruction est en cours à Paris depuis 14 ans. Toujours pas de responsable, toujours pas de coupable. Les populations antillaises craignent de voir leurs plaintes et les dossiers enterrés pour cause de prescription.

A ce jour, aucun responsable, aucun coupable, personne n’est inquiété par la justice. Il en résulte un grand ressentiment contre l’État et les institutions françaises avec une constante dénonciation des gouvernements qui se sont succédés à Paris. C’est de ce déni de justice que se nourrissent les mobilisations et la révolte en cours. La méfiance de la population se comprend : l’autoritarisme étatique et colonial, au nom d’une sécurité sanitaire contre le Covid19, impose une vaccination, impose un pass obligatoire et licencie les non vaccinés. L’État français qui a menti aux populations et couvre les responsables d’un empoisonnement collectif peut-il être aujourd’hui crédible pour mener à bien sa politique sanitaire ? L’état français qui a accordé une dérogation de 3 ans au patronat des bananeraies peut-il être entendu des populations dès lors qu’il refuse un report de date de vaccination aux travailleurs et à la population ? Ce ressentiment ne pouvait que rejaillir parmi d’autres meurtrissures de la gestion coloniale des Antilles. Une exaspération qui s’est nourrie contre l’autorité coloniale responsable du taux de chômage élevé surtout chez les jeunes, de la paupérisation de la population qui vit sous un seuil de pauvreté, etc…

Sur ce même sujet voir aussi :

Le scandale du chlordécone, révélateur de comportements coloniaux qui perdurent… dans CA n° 174




Source: Oclibertaire.lautre.net