Indymedia Nantes / samedi 22 août 2020

Paroles du compagnon Francisco Solar pour la semaine internationale de solidarité avec les anarchistes emprisonné.e.s (23-30 août 2020)

La douleur est momentanée, la fierté est pour toujours

Paroles du compagnon Francisco Solar accompagnĂ© d’un dessin de la compagnonne Monica Caballero , il y est Ă©crit « la douleur est momentanĂ©e, la fiertĂ© est pour toujours Â» rĂ©alisĂ©s pour la semaine internationale de solidaritĂ© avec les Anarchistes emprisonnĂ©.e.s (23-30 aoĂ»t 2020)

Comment parvenir Ă  des moments de libertĂ©, mĂȘme s’ils ne sont que brefs et sporadiques ? Quels sont ces instants oĂč nous sentons que ce qui nous limite et nous entrave perd en poids et en sens ?
Les rĂ©ponses peuvent ĂȘtre multiples en fonction des intĂ©rĂȘts de chaque individu, de la façon dont i.elle comprend et se situe dans ce monde. Peut-ĂȘtre que certain.e.s se sentent dĂ©jĂ  libres et que ces questionnements sont de trop et inutiles, car i.elles seraient Ă©trangĂšres aux tentacules du pouvoir.
Celle.ux d’entre nous qui n’ont pas ce genre d’illusions savent que l’existence mĂȘme de l’État nous place dans une situation d’oppression, une situation qu’il est nĂ©cessaire de combattre et d’attaquer si l’on a la libertĂ© pour horizon. Il ne peut en ĂȘtre autrement.

Et c’est dans cette option d’attaque que nous trouvons de vrais moments de libertĂ©. À partir du moment oĂč nous dĂ©cidons d’affronter ce monde et de nous positionner comme ses ennemi.e.s, nous commençons Ă  regarder notre environnement de maniĂšre diffĂ©rente, nous commençons Ă  visualiser des objectifs et leurs point faibles, nous commençons Ă  voir la meilleure façon de frapper le pouvoir, nous commençons Ă  prendre une position offensive. En dĂ©finitive, nous commençons d’une maniĂšre ou d’une autre Ă  nous approprier nos vies ! Dans la crĂ©ation de complicitĂ©s, dans la conspiration et dans l’action nous supprimons des maillons de nos chaĂźnes, nous expĂ©rimentons, mĂȘme s’ils sont Ă©phĂ©mĂšres, de petits moments de libertĂ©.
La dĂ©cision de dĂ©truire tout ce qui est imposĂ© se prend Ă  la premiĂšre personne, c’est-Ă -dire que c’est une dĂ©cision individuelle librement assumĂ©e, avec tous les risques qu’elle implique. Elle naĂźt d’une motivation personnelle qui ne prĂ©tend pas parler au nom des autres ou se constituer en avant-garde de quoi que ce soit, mais reprĂ©sente une expression de lutte, comme tant d’autres, qui ne recherche pas d’intermĂ©diaires.

La solidaritĂ© entre anarchistes doit nĂ©cessairement aller dans ce mĂȘme sens pour Ă©viter et rompre avec les positions tendant Ă  la victimisation. Il est essentiel qu’elle se rĂ©alise Ă  la premiĂšre personne, comme un acte dĂ©cidĂ© librement et individuellement contre le pouvoir, et non pas seulement pour dĂ©noncer la situation de tel.le ou tel.le compagnon.ne en prison.
La solidaritĂ© anarchiste est une solidaritĂ© rĂ©volutionnaire qui comprend qu’une maniĂšre importante de se solidariser est de continuer Ă  frapper. Qui comprend que toute action contre le pouvoir est un geste de solidaritĂ© avec les compagnon.e.s emprisonnĂ©.e.s. Qui voit les anarchistes enfermĂ©.e.s comme des compagnon.ne.s actives et actifs dans la lutte et ne les rĂ©duit pas Ă  la seule catĂ©gorie de prisonnier.e.s, qui est celle oĂč le pouvoir les a placĂ©.e.s.
C’est rappeler Ă  l’ennemi qu’ils auront beau nous emprisonner, nous continuerons Ă  les attaquer, sans trĂȘve, que nous assumons la prison depuis que nous avons assumĂ© la lutte.

Que crĂšvent ce monde et ses prisons !

Francisco Solar
-Section de SĂ©curitĂ© Maximale –
Prison de Haute Sécurité (Cårcel de Alta Seguridad (CAS))


Article publié le 23 AoĂ»t 2020 sur Attaque.noblogs.org