Janvier 8, 2021
Par Attaque
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reçu par mail / samedi 2 janvier 2021

Qu’est-ce que ça signifie de dire, en décembre 2020, « Sebastián Oversluij est présent » ?
Quel est l’intérêt de se souvenir, de nos jours, d’un compagnon mort en action ?

Sept ans sont déjà passés, depuis que notre compagnon a été tué, en décembre 2013, lorsqu’il tentait d’exproprier une banque ; aujourd’hui, en pleine pandémie et avec l’expérience d’une révolte généralisée derrière nous, nous nous retrouvons à nouveau dans le souvenir immuable de notre chemin irréductible.

À chaque pas que nous faisons dans le présent, nous sommes accompagné.e.s par l’énergie indomptable de ceux/celles qui ont suivi les chemins de l’insurrection contre le pouvoir, des compas qui ont utilisé différents outils de lutte, nous laissant le témoignage de leur position active au sein de différents processus et événements qui ont alimenté le feu de la lutte anti-autoritaire dans ce territoire.

Aujourd’hui, loin de tout fétiche nostalgique et victimisant, nous continuons à nous souvenir d’Angry comme d’un compagnon qui nous manque, dans les rues, dans les sabotages et dans la propagation multiforme de l’anarchie.

À une époque où chaque geste de lutte et de répression semble être une nouveauté pour des nombreuses personnes, porter haute la mémoire du compagnon est un acte de complicité et de conséquence avec le chemin de lutte que nous avons forgé à partir de l’action minoritaire ; c’est une contribution à la diffusion permanente des idées et des pratiques qui s’attaquent à l’ordre social du pouvoir et de l’autorité.

Aujourd’hui, en décembre 2020, le souvenir et le parcours de vie d’Angry, ses liens avec différents milieux et collectifs de lutte, ainsi que les diverses expressions de la propagande anarchique développées par le compagnon, ne sont qu’un exemple qui montre que les hostilités contre la société carcérale, contre l’État, l’exploitation animale et la domination dans son ensemble, se sont forgées au fil des années dans de multiples actes, projets et instances encouragés par des compas qui ont contribué à la configuration du présent de guerre où nous vivons encore. Grâce aux différents actes en sa mémoire, au cours de ces sept années, Angry est aujourd’hui connu dans le monde entier comme un guerrier anarchique, dangereux pour le pouvoir, qui a rempli les rues de slogans de liberté, qui a participé à des bibliothèques, à des projets et à des espaces autogérés, qui a créé de la musique, des dessins et des publications, qui a participé aux combats de rue, aux sabotages et aux attaques contre le pouvoir.

Tout cela n’a jamais fait de notre compagnon un être supérieur ou extraordinaire, il s’agit plutôt de savoir à quel point sa contribution serait précieuse, dans le contexte actuel de pandémie et de révolte, où l’opposition à l’ordre établi s’est répandue à travers les combats de rue, le vandalisme sauvage, les attaques anti-policiers, ainsi qu’à travers les différentes formes d’attaque, de résistance, de solidarité et d’autonomie, un contexte marqué aussi par les expressions les plus explicites de la répression démocratique, avec la prison, l’extermination et la guerre directe contre les corps de celles/ceux qui luttent dans les rues.

Ainsi, la mémoire du compagnon devient vivante et contribue à notre présent, à travers un dialogue en mouvement et en évolution permanents avec son discours et son action, à partir des visions d’une lutte populaire pour aller jusqu’à l’insurrection anti-autoritaire et au nihilisme anarchiste, comme nous le montre sa propre vie, avec des chansons, des conversations, des actions et les diverses initiatives en sa mémoire qui ont eu lieu après sa mort en action.

Au même temps, le souvenir d’Angry nous invite à revoir notre propre parcours de lutte, individuelle et collective, pour continuer en nous projetant, à partir du présent de la guerre contre toutes les formes de pouvoir, afin d’aller toujours plus loin dans nos projets, dans nos idées et nos actions, afin de continuer à parier sur l’expansion et l’approfondissement des liens de complicité et de toutes ces fissures qui affaiblissent la domination et permettre à la liberté et à l’anarchie de s’épanouir en tant que possibilité concrète, ici et maintenant.

Avec une mémoire iconoclaste.
La guerre anarchiste ne s’arrête pas.
Sebastián « Angry » Oversluij présent !


Décembre 2020.




Source: Attaque.noblogs.org