DĂ©cembre 30, 2021
Par Indymedia Lille
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Revendication d’attaque incendiaire contre un camion forestier sur la Route Itata à la hauteur de Penco

« Les gens veulent prendre leurs propres dĂ©cisions pour des petites choses, mais prendre des dĂ©cisions sur des problĂšmes difficiles et cruciaux requiert d’affronter des conflits psychologique et la plupart des gens dĂ©testent ça Â».

« Pour tout ĂȘtre humain-e ayant grandi au bord d’une riviĂšre la libertĂ© est le concept le plus haut Â».

Au petit matin du 20 dĂ©cembre, une attaque incendiaire est rĂ©alisĂ©e contre un camion forestier sur la Route d’Itata Ă  la hauteur de Penco, dans la rĂ©gion Bio Bio. En raison de complications techniques, il n’a pas Ă©tĂ© possible d’émettre ce communiquĂ© le jour de l’action, cependant les motivations de notre agir restent plus actuelles que jamais, c’est pourquoi nous ne considĂ©rons pas ce retard comme un problĂšme et encore moins comme une limite pour communiquer les raisons qui alimentent nos attaques.

Nous revendiquons cette attaque en rĂ©ponse au pillage et Ă  la destruction systĂ©matique qu’exercent les entreprises forestiĂšres Ă  l’intĂ©rieur du territoire, ce qui a pour consĂ©quence une dĂ©vastation visible de la terre.

En premier lieu cette action s’inscrit dans le contexte d’avancĂ©e progressive du projet minier « Aclara Â», prĂ©cĂ©demment appelĂ© Biolantanidos, qui vient s’installer avec un faux discours de dĂ©veloppement pour la rĂ©gion, tout en Ă©tant directement responsable de la destruction du territoire. Ces agissements sont soutenus par un systĂšme capitaliste, avec la complicitĂ© de l’État du $hili, qui ont financĂ© ce projet minier depuis le dĂ©but par le biais de la CORFO, manifestant ainsi l’imposition de politiques extractivistes pour leurs intĂ©rĂȘts Ă©conomiques et pour le bĂ©nĂ©fice de la classe entrepreneuriale qui porte atteinte Ă  la dignitĂ© des personnes et Ă  la terre.

La SociĂ©tĂ© MiniĂšre Aclara en est actuellement aux procĂ©dures lĂ©gales qu’elle doit remplir en tant qu’entreprise miniĂšre pour l’extraction des minĂ©raux se trouvant dans ces terres rares, pourtant les travaux ont dĂ©jĂ  commencĂ©, dĂ©truisant les montagnes pour installer les lieux de stockage et extraire des Ă©chantillons des sols, et faisant ainsi fi des raisons suffisantes pour arrĂȘter les travaux et son installation dĂ©finitive. Une de ces raisons est la prĂ©sence sur la zone d’influence du projet d’espĂšces vĂ©gĂ©tales originaires et endĂ©miques telles que le queule et le naranjillo qui se trouvent respectivement sur la liste des espĂšces menacĂ©es Ă  conserver et en danger d’extinction, alors que leur habitat et leur conservation risque ainsi d’ĂȘtre mis Ă  mal ; sans oublier que chaque Ă©cosystĂšme est associĂ© Ă  une infinitĂ© d’espĂšces, aussi bien vĂ©gĂ©tales qu’animales, de champignons et de micro-organismes divers. Cela dĂ©montre, sans aucun doute, que ces entreprises et leurs reprĂ©sentants lĂ©gaux ne portent aucun intĂ©rĂȘt aux soins et Ă  la conservation des Ă©cosystĂšmes, bien au contraire elles font preuve de leur soif cupide d’exploitation et d’indĂ©niable destruction de la terre.

Ces pratiques extractivistes mettent en Ă©vidence des consĂ©quences nĂ©fastes, comme c’est le cas de l’installation de mines de terres rares aux États-Unis et en Chine avec la Mountain Pass et Baotou, ces deux puissances mondiales ayant permis la dĂ©vastation et la destruction totale de territoires qui ne sont aujourd’hui plus que des foyers chimiques, toxiques et radioactifs. Cela correspond Ă  la dynamique impĂ©rialiste et nĂ©olibĂ©rale en vigueur au niveau mondial, qui se dĂ©ploie en AmĂ©rique Latine, et que nous refusons et que nous attaquons Ă  partir de nos fronts, par l’action directe en totale autodĂ©fense face Ă  la violence imposĂ©e.

Nous rappelons dans chaque action nos compagnon-ne-s sĂ©questrĂ©-e-s dans les prisons de l’État $hilien qui tire profit d’un systĂšme carcĂ©ral oĂč l’abus de pouvoir est le principe coercitif fondamental des pratiques quotidiennes dans les geĂŽles Ă©tatiques, en plus des persĂ©cutions, tortures et assassinats permis par chaque gouvernement en place, arrachant la libertĂ© Ă  quiconque tente de remettre en question leurs faux progrĂšs et dĂ©veloppement Ă©conomique reposant sur le pillage de la mer et de la terre.

A ce point, nous saluons tous les Lof en rĂ©sistance qui continuent Ă  affronter la militarisation de la part de l’État oppresseur, les entreprises forestiĂšres rĂ©parties sur tout le wall mapu et les mĂ©ga-projets Ă©nergĂ©tiques, tous complices de l’écocide des territoires. Nous rappelons et nous agissons aujourd’hui en solidaritĂ© avec la compagnonne Carolina Marileo, Werken [porte-parole en Mapudungun, langue des Mapuche] de la communautĂ© Boyen Mapu, emprisonnĂ©e dans la prison de Angol, en grĂšve de la faim depuis 30 jours pour exiger des conditions de dĂ©tention de base qui lui ont Ă©tĂ© refusĂ©es, alors qu’elle Ă©tait constamment violentĂ©e, pratiques correspondant au dĂ©nigrement raciste et historique du peuple mapuche (de mĂȘme que l’affaire dĂ©sormais dĂ©montrĂ©e du montage des villageois incarcĂ©rĂ©s du lof elicura, entre autres).

Nous exigeons l’acceptation immĂ©diate des demandes de la Werken ainsi que la libĂ©ration de la totalitĂ© des prisonnnier-e-s mapuche dans les diffĂ©rents centres d’extermination sur l’ensemble du territoire appelĂ© $hili et des compagnon-ne-s emprisonnĂ©-e-s en guerre. En effet, il est trĂšs clair pour nous que ce systĂšme a uniquement Ă©tĂ© conçu pour l’incarcĂ©ration de toutes celles et ceux qui, comme nous, sont contre toute entreprise et toute personne qui favorise le fait que leur modĂšle nĂ©olibĂ©ral, ni durable ni soutenable, se perpĂ©tue dans le temps. Nous considĂ©rons que la violence en tant que pratique est un instrument nĂ©cessaire pour dĂ©truire ce qui nous dĂ©truit.

« Aujourd’hui nous luttons Ă  nouveau avec nos corps comme armes, face Ă  celles et ceux qui souhaitent enfermer et enterrer sous le ciment la rĂ©bellion, la dignitĂ©, l’amour et la solidaritĂ©. La sociĂ©tĂ© autoritaire policiĂšre a crĂ©Ă© le panoptique carcĂ©ral oĂč, historiquement, ils ont enfermĂ© les ĂȘtres qui se rĂ©voltent face Ă  la dite paix sociale, ils ont crĂ©Ă© des structures punitives qui recherchent le contrĂŽle physique et mental en visant Ă  rĂ©duire l’ĂȘtre par la violence brutale de l’isolement et des matons, mais aucune prison avec ses murailles pleines de barbelĂ©s, de haute sĂ©curitĂ© ou de sĂ©curitĂ© maximale, pas plus que les laquais armĂ©s ne pourront soumettre celles et ceux qui ont dĂ©diĂ© leur vie entiĂšre Ă  la cause de la libĂ©ration totale Â»

De la mĂȘme maniĂšre, nous utilisons cette action pour rappeler et commĂ©morer avec le feu et la vengeance l’assassinat du compagnon Sebastian Oversluij le 11 DĂ©cembre 2013 par un des sicaires de la banque Banco Estado dans la commune de Pudahuel. Cela fait dĂ©jĂ  8 ans, mais sous aucun motif nous n’oublions le nom et le visage de ton bourreau. Nous savons que la mort est prĂ©sente comme consĂ©quence de nos actions, cependant, tout comme le compagnon Angry et le compagnon Mauricio Morales, nous sommes disposĂ©-e-s Ă  assumer les risques qu’implique la lutte contre l’état-capital, ses dĂ©fenseurs et ses faux critiques. En leur mĂ©moire et celle des compagnons tombĂ©-e-s au cours de la lutte, nous continuerons Ă  attaquer chacun des piliers et des symboles de ce systĂšme patriarcal et capitaliste.

Nous lançons un appel Ă  ne pas garder le silence face aux lois rĂ©pressives appliquĂ©es par l’état et sa force policiĂšre-armĂ©e, dans leur zĂšle incessant de prĂ©server les intĂ©rĂȘts du capital Ă  travers le contrĂŽle social et la dĂ©vastation du territoire. Nous avons pour but l’unification et la solidaritĂ© constante avec le peuple mapuche pour faire face Ă  un ennemi commun.

ÂĄÂĄInkayaiñ taiñ mapu mew !! ÂĄÂĄNewentuleymun pu che, pu lamuen !! [Nous dĂ©fendrons notre terre !! Tenez bon, les gens, les frĂšres et sƓurs !]

https://noticiasdelaguerrasocial.wordpress.com/2021/12/22/revindicacion-de-ataque-incendiario-a-camion-forestal-en-ruta-itata-penco/





Source: Lille.indymedia.org