Novembre 15, 2019
Par Indymedia Nantes
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Vendredi 18 octobre, nous avons Ă©tĂ© tĂ©moin.e.s et partie prenante de la façon dont, par l’action directe et le sabotage des diverses normes du capitalisme moderne, les canons de la normalitĂ© ont Ă©tĂ© dĂ©passĂ©s par l’action insurrectionnelle ; une normalitĂ© imposĂ©e depuis des siĂšcles dans ce territoire et consolidĂ©e par une dictature civile et militaire qui a mis en Ɠuvre le modĂšle nĂ©olibĂ©ral particuliĂšrement brutal. La rĂ©volte s’est Ă©tendue dans toute la rĂ©gion de la capitale, avec des actions de sabotage des stations du mĂ©tro de Santiago, du bĂątiment de l’ENEL (une multinationale italienne, « distributrice » d’énergie Ă©lectrique), du rĂ©seau des bus (Transantiago), des chaĂźnes de banques, cafĂ©tĂ©rias et fast-food, concessionnaires automobiles, supermarchĂ©s et pharmacies ; tous les symboles du capital ont Ă©tĂ© attaquĂ©s.

Des milliers de groupes et d’individus, sans chefs ni dirigeants, ont pris la ville, lors d’ une bataille acharnĂ©e contre les Ă©ternel.le.s protecteur.euse.s de la propriĂ©tĂ© privĂ©e et de la paix sociale des puissant.e.s. Leur « raz-le-bol Â» et leur mĂ©contentement ont contribuĂ© Ă  la longue journĂ©e de protestation et de rĂ©bellion, qui s’est terminĂ©e avec le prĂ©sident de droite, le fasciste SebastiĂĄn Piñera, dĂ©clarant un Ă©tat d’urgence et mettant Ă  la tĂȘte des soldats assassins l’ignoble  gĂ©nĂ©ral Javier Iturriaga. Le cours des jours suivants n’a pas Ă©tĂ© diffĂ©rent, les actions de sabotage ont continuĂ©, accompagnĂ©es d’expropriations de masse dans de grands centres commerciaux, de l’attaque de bĂątiments gouvernementaux, ainsi que d’affrontements incessants contre la police ; il s’agit de prĂ©textes parfaitement utilisables pour imposer un couvre-feu sur presque tout le territoire et donner ainsi toute libertĂ© et lĂ©gitimitĂ© aux actions de la police et des forces militaires, qui ou cours de l’histoire, ont tuĂ© et torturĂ© au nom du pouvoir.

Nous reconnaissons que ce qui se passe en ce moment est surprenant et imprĂ©visible, mais nous savons aussi que cela vient d’un chemin de rĂ©sistance et de lutte subversive contre l’ordre dominant, et qu’il a Ă©voluĂ© et a acquis un caractĂšre diffĂ©rent au fil des ans. Dans ce long chemin, les idĂ©es et pratiques anarchistes de ces derniĂšres dĂ©cennies ont constituĂ© un Ă©lĂ©ment important, dans la confrontation multiforme contre le pouvoir. Nous savons que les actions incessantes de sabotage et les attaques contre les structures de ce systĂšme dĂ©vastateur et meurtrier ont contribuĂ© Ă  l’identification des objectifs et des symboles du capital lors des actions directes qui se sont dĂ©roulĂ©es dans les rues. Les affrontements avec les forces de l’ordre font partie de la vie quotidienne depuis une vingtaine d’annĂ©es. D’une part dans la lutte de rue, lorsqu’à un moment donnĂ©, un groupe d’individus Ă©rige des barricades et va Ă  la recherche de la confrontation avec les forces de police, ce qui se passait de façon rĂ©currente, il y a plusieurs annĂ©es, devant les universitĂ©s, tandis que ces derniĂšres annĂ©es ce sont les lycĂ©ens de banlieue qui en sont les protagonistes. D’autre part, des attaques plus planifiĂ©es et l’envoi d’engins explosifs aux reprĂ©sentant.e.s de la loi et celles/ceux qui l’appliquent pour prĂ©server l’ordre bourgeois, ont entraĂźnĂ© une augmentation des attaques dirigĂ©es contre les Ă©ternels ennemis et persĂ©cuteur.trice.s de la libertĂ©. L’action autonome et anti-autoritaire devient implacable, face Ă  la nouvelle vague de rĂ©pression Ă©tatique qui cherche Ă  identifier les « chefs Â» responsables de toutes ces actions, qu’il pensent planifiĂ©e de façon centralisĂ©e, tandis qu’elles ne sont qu’une consĂ©quence de la prolifĂ©ration du chaos dĂ©clenchĂ© par la rĂ©cupĂ©ration du sens de nos vies.

La criminalisation des actes de violence est une tactique que le pouvoir a toujours utilisĂ©e pour tenter d’étouffer la rage et d’éliminer sa dangerositĂ©. Ces derniers jours, nous avons assistĂ© Ă  une augmentation des tentative Ă©tatiques pour dissuader et isoler celles/ceux qui osent et agissent en violation de l’ordre actuel. Cela Ă  travers des dĂ©clarations rĂ©pĂ©tĂ©es venant des diffĂ©rentes autoritĂ©s et le soutien, quotidien et constant, des moyens de communication bourgeois, hĂ©gĂ©moniques, dans l’intention de contrĂŽler les rebelles et de ramener le calme en octroyant des clopinettes.

Tout au long de cette semaine, les diffĂ©rentes autoritĂ©s gouvernementales, de l’ignoble ministre de l’IntĂ©rieur et de la SĂ©curitĂ© publique AndrĂ©s Chadwick Piñera (cousin germain du prĂ©sident), le sous-secrĂ©taire de l’IntĂ©rieur Gabriel Ubilla Mackenney et d’autres autoritĂ©s gouvernementales et militaires ont dĂ©noncĂ© et accusĂ© les diffĂ©rents secteurs du milieu anarchiste de plusieurs actions directes qui ont eu lieu depuis que le mĂ©contentement subversif s’est propagĂ© dans les rues. Nous connaissons la persĂ©cution politique qu’il y a toujours eu contre ceux/celles qui prennent position contre tout type d’autoritĂ© et nous connaissons les consĂ©quences de nos idĂ©es et de nos pratiques. Cela ne nous paraĂźt pas un hasard que le Procureur rĂ©gional de Santiago, HĂ©ctor Barros, dĂ©jĂ  en charge de l’enquĂȘte sur l’envoi de colis explosifs au 54e commissariat des Carabineros (dans la commune de Huechuraba) et contre Rodrigo Hinzpeter, ancien Ministre de l’intĂ©rieur, dans son bureau de l’entreprise Quiñenco (Ă  Las Condes), dirige Ă©galement une enquĂȘte sur les incendies dans le mĂ©tro de Santiago. Tout cela dans l’intention de les attribuer Ă  une organisation « dirigĂ©e Â» par des groupes et des individus anarchistes.

Aujourd’hui plus que jamais, nous restons fermes et inflexibles face au pouvoir, assumant les consĂ©quences de notre position de toujours contre toute forme d’autoritĂ©, en propageant le chaos et l’appel Ă  la guerre sociale. Un appel Ă  faire en sorte que l’agitation et l’action directe dĂ©bordent la scĂšne des mĂ©dias et les fausses frontiĂšres imposĂ©es par l’État et le capital.

Un appel Ă  une solidaritĂ© active, complice et multiforme avec l’insurrection en cours dans le territoire qu’ils appellent Chili !
Guerre sociale-antisociale contre l’État et le capital !
Contre toute autoritĂ© et pour la libĂ©ration totale
 faisons en sorte que vive l’anarchie !




Source: Nantes.indymedia.org