Un
incendie
particulièrement
violent
a
ravagé
dimanche
un
immeuble
de
quatre
logements
du
quartier
Rivière-du-moulin
à
Chicoutimi
causant
des
pertes
matérielles
importantes.
La
porte-parole
de
la
police
de
Saguenay
a
déclaré
que
les
pistes
actuelles
lui
permettaient
de
présumer
que
l’incident
était
d’origine
criminelle
[1].
L’immeuble
en
question,
propriété
de
Jean-Guy
Caron,
était
selon
ses
voisins
dans
un
état
de
délabrement
avancé

une
situation
que
le
propriétaire
laissait
perdurer.
Au
cours
de
la
semaine
précédente,
plusieurs
personnes
du
voisinage
avaient
d’ailleurs
effectué
un
signalement
au
service
de
prévention
des
incendies
pour
qu’il
vienne
constater
l’état
des
lieux.
Les
pompiers
ont
refusé
de
se
déplacer.
Les
policiers
et
la
ville
étaient
également
bien
au
courant
de
la
situation
depuis
des
mois.
Le
conseiller
municipal
du
district
Marc
Bouchard
répond
pour
sa
part
par
l’absence
de
moyens
à
la
ville
pour
intervenir
face
aux
taudis
de
proprios
exploiteurs.
Il
expliquait
platement
à
TVA
Nouvelles :
« c’est
une
maison
qui
appartient
à
un
propriétaire
privé
et
qui
la
gère
d’une
façon
X.
Nous,
il
faut
s’assurer
si
la
bâtisse
est
gérée
selon
les
lois
et
règlements
en
vigueur
[2] ».
Force
est
de
constater
que
la
ville
ne
s’en
assure
pas
fort
puisque
les
résidents
et
résidentes
du
coin
en
ont
beaucoup
à
dire
sur
les
abus
de
Mr.
Caron.
Nous
avions
précédemment
connu
celui-ci
à
l’immeuble
sinistré
du
734
rue
Racine
qu’il
avait
continué
de
louer
jusqu’au
second
incendie
sans
intervention
de
la
ville
(voir
l’histoire
publiée
plus
bas
dans
le
texte).
Ses
locataires
du
734
nous
avaient
également
fait
part
de
ses
abus.
Ne
rien
faire
face
à
une
situation
tant
déshumanisante
pour
les
locataires
est
immonde!

Il
ne
faut
pas
se
tromper
de
colère.
Des
proprios
exploiteurs
subdivisent
de
petits
logements
en
mauvais
état
en
chambres
pour
accroître
leur
profit
sur
le
dos
des
personnes
qui
en
arrachent
le
plus.
Avec
l’embourgeoisement
du
centre-ville,
de
plus
en
plus
de
personnes
parmi
les
plus
défavorisées
et
vulnérables
de
notre
ville
sont
poussées
de
quitter
vers
des
blocs
et
maisons
de
chambre
de
d’autres
coins
et
quartiers
moins
chers
(notamment
le
quartier
St-Paul
et
Rivière-du
moulin).
Les
voisinages
de
ces
quartiers
populaires
qui
accueillent
les
déplacé-e-s
ont
vu
leur
quotidien
bouleversé
par
la
froideur
des
« logiques »
cannibales
du
système
capitaliste
et
c’était
bien
prévisible.
Les
organismes
communautaires
sont
dépassés
par
la
situation
et
manquent
cruellement
de
ressources
pour
intervenir.
Le
filet
social
perce
de
tous
les
côtés.
C’est
à
ce
moment
que
nous
comprenons
que
les
slogans
publicitaires
de
« sécurité »,
de
« mixité
sociale »
et
de
« vie
de
communauté »
des
embourgeoiseurs
n’étaient
que
des
miroirs
aux
alouettes.
Ce
n’est
pas
en
accroissant
la
misère
des
personnes
marginalisées
par
la
répression
de
la
police
que
ces
problèmes
pourront
être
résolus.
Nous
croyons
au
contraire
que
c’est
seulement
en
tissant
des
liens
de
solidarité
avec
les
personnes
marginalisées
de
nos
quartiers,
en
s’entraidant
et
en
combattant
ensemble
les
abus
des
proprios
sans
scrupules,
les
profiteurs
et
tout
un
système
défaillant
que
nous
pourrons
améliorer
le
climat
de
nos
quartiers
populaires
dans
ce
contexte
de
cannibalisme
social.
En
bref,
ce
n’est
pas
sur
le
dos
des
personnes
qui
vivent
avec
la
toxicomanie
et
des
difficultés
de
santé
mentale
qu’il
faut
casser
du
sucre

cassons
plutôt
du
sucre
sur
le
dos
de
ceux
et
celles
qui
profitent
d’eux
et
d’elles,
sur
le
dos
des
autorités
qui
autorisent
et
permettent
le
maintien
de
cette
exploitation
et
sur
le
dos
de
toute
une
société
qui
favorise
un
système

le
gouffre
entre
les
riches
et
les
plus
pauvres
s’élargit
chaque
jour.
Enfin,
il
est
clair
que
c’est
un
choix
bien
idéologique
et
capitaliste
que
font
les
pouvoirs
publics
lorsqu’ils
refusent
d’accroître
les
ressources
pour
répondre
aux
besoins
des
personnes
les
plus
vulnérables.


Un
proprio
exploiteur
qui
n’en
est
pas
à
son
premier
incendie
« suspect »

Le
Collectif
Emma
Goldman
a
précédemment
confronté
ce
propriétaire
(Jean-Guy
Caron)
à
son
taudis
du
734
rue
Racine.
C’est
lors
de
la
Marmite
autogérée
« La
solidarité
est
plus
forte
que
les
proprios
exploiteurs »
du
25
mars
2018
que
nous
avions
pris
connaissance
de
ses
agissements
infâmes,
soit
quelques
mois
après
la
mort
de
Michael
Labbé
dans
le
premier
incendie
de
cet
immeuble. À
la
suite
de
ce
brasier,
qui
avait
lourdement
endommagé
l’immeuble
et
qui
avait
propagé
les
moisissures,
le
propriétaire
n’avait
fait
que
placarder
le
troisième
étage
(Dans

cet
article

vous
pourrez
trouver
des
photos
de
l’état
de
la
bâtisse
telle
que
nous
l’avons
photographié).
Aux
autres
étages,
il
continuait
de
charger
des
prix
astronomiques
pour
des
logements
dans
des
conditions
de
misère
extrême.
Un
locataire
racontait
que
le
plafond
s’égrainait
au-dessus
de
son
lit;
aucune
rénovation
n’avait
été
réalisée
dans
leurs
logements
après
l’incendie. Le
prix
d’une
chambre
:
300$.
Et
les
autorités
municipales
toléraient
la
situation

une
situation
tout
simplement
déshumanisante!
Mr.
Caron
avait
arraché
des
affiches
invitant
les
gens
du
quartier
à
notre
événement.
Sur
celles-ci
était
inscrit
en
grosses
lettres :
«
Ton
proprio
est
un
crosseur?
Viens
en
parler!
».

À
la
suite
de
cette
Marmite
autogérée,
nous
avons
continué
nos
contacts
avec
les
personnes
habitant
la
maison
de
chambres
du
734
rue
Racine
pour
leur
offrir
notre
soutien
face
à
leur
propriétaire
et
discuter
avec
eux
et
elles
des
actions
possibles.
C’est
ainsi
que
le
30
avril,
une
grande
bannière
sur
laquelle
était
inscrit
« Jean-Guy
occupe-toi
de
ton
taudis »
fut
déployée
sur
la
bâtisse
par
le
Collectif
Emma
Goldman.
L’action
a
permis
de
médiatiser
le
fait
que
le
propriétaire
continuait
depuis
déjà
6
mois
de
percevoir
des
loyers
pour
des
appartements
en
décrépitude.
Dans
son
communiqué,
le
Collectif
notait :
« Cette
action
s’inscrit
dans
la
lutte
aux
propriétaires
exploiteurs
qui
s’enrichissent
sur
le
dos
des
mal
logé.e.s
et
des
personnes
les
plus
défavorisées
de
notre
ville.
[…]
les
autorités
municipales
cautionnent
par
leur
inaction
un
propriétaire
exploiteur.
En
laissant
des
gens
vivre
dans
un
tel
taudis,
l’administration
et
la
bureaucratie
municipale
démontrent
leur
caractère
froid
et
inhumain.
La
ville
de
Saguenay
devrait
faire
fermer
cet
immeuble
insalubre
et
travailler
à
reloger
ses
habitant-e-s
dans
des
appartements
abordables
et
de
qualité.
Nous
n’oublions
pas
nos
camarades
disparu-e-s,
nous
ne
pardonnons
pas
aux
promoteurs
crapuleux
et
leur
monde.
Les
morts
vont
prendre
leur
revanche.
D’autres
actions
sont
à
venir.
Les
exploiteurs
n’ont
qu’à
bien
se
tenir
(http://ucl-saguenay.blogspot.com/2018/05/communique-deploiement-dune-banniere.html) ».
Lors
de
nos
visites,
nous
avions
réalisé
que
le
toit
était
défoncé
par
endroits
et
qu’une
simple
bâche
faisait
office
de
couverture.
Résultat,
avec
la
fonte
de
la
neige
et
les
précipitations,
l’eau
s’infiltrait
partout
au
troisième
étage.
L’eau
s’écoulait
par
le
plafond
du
deuxième
étage

demeuraient
encore
des
gens.
Des
pans
entiers
du
plafond s’étaient
détachés
en
raison
de
l’infiltration
d’eau et
les
couvre-planchers
avaient
été
totalement
retirés,
car
ils
étaient
gorgés
d’eau.

Le
soutien
s’est
poursuivi
et
13
jours
plus
tard,
le
Collectif
tenait,
le
13
mai,
un
événement
public
dans
le
Parc
de
la
statue
de
la
Fée
des
bois,
situé
directement
en
face
du
734
rue
Racine
(de
l’autre
côté
de
la
rue) :
une
Marmite
autogérée
en
solidarité
avec
les
locataires
sinistré-e-s
(https://ucl-saguenay.blogspot.ca/2018/05/marmite-autogeree-en-solidarite-avec.html).
De
la
nourriture
était
servie
gratuitement
et
un
marché
gratuit
était
installé
sur
place.
Des
locataires
du
734
rue
Racine
avaient
réinstallé
la
bannière
« Jean-Guy
occupe-toi
de
ton
taudis »
sur
l’immeuble
pour
l’occasion.
Plus
d’une
quarantaine
de
personnes
ont
participé
à
l’événement,
dont
les
locataires
de
celui-ci
et
le
voisinage.
Les
voisins
et
voisines
de
la
maison
de
chambres
se
sont
démontré-e-s
solidaires
face
aux
conditions
éprouvantes
que
vivaient
les
locataires
et
dénonçaient
le
sordide
propriétaire
et
l’inaction
de
la
ville.
Pour
l’occasion,
le
Collectif
publiait
sa
sixième
édition
du
bulletin
régional
Le
Pic-Bois,
portant
spécialement
sur
la
grève
des
loyers
(http://ucl-saguenay.blogspot.com/2018/05/6eme-edition-du-bulletin-regional-le.html).
Le
Collectif
encourageait
les
locataires
à
s’unir
et
à
faire
la
grève
des
loyers
pour
construire
un
pouvoir
économique
et
toucher
à
la
seule
chose
qui
compte
pour
un
propriétaire
exploiteur :
son
portefeuille.

La
solidarité
s’est
poursuivie
et
l’idée
de
s’organiser
en
vue
de
faire
la
grève
des
loyers
a
fait
son
chemin.
Lors
du
1er
juin,
des
membres
du
Collectif
Emma
Goldman
se
sont
rendu-e-s
dès
la
matinée
au
bloc
appartement
pour
soutenir
les
locataires
et
attendre
avec
eux
et
elles
le
propriétaire.
L’idée
était
de
les
soutenir
face
à
de
potentiels
gestes
d’intimidation
ou
de
harcèlement
devant
leur
refus
de
payer.
La
décision
de
participer
ou
non
à
la
grève
des
loyers
revenait
pleinement
aux
locataires,
qui
subissaient
déjà
une
intense
pression
de
la
part
d’un
proprio,
dont
les
pratiques
douteuses
nous
avaient
rapporté
à
de
multiples
occasions.
Celui-ci
est
finalement
arrivé
sur
les
lieux
et
s’est
mis
en
colère
devant
le
refus
de
payer
de
plusieurs
des
locataires
et
la
solidarité
de
militants
et
militantes
sur
les
lieux.
Plein
de
préjugés
face
à
ses
locataires,
Mr.
Caron
s’est
emporté
dans
un
échange
avec
un
de
ceux-ci
en
allant
jusqu’à
dire :
« je
vais
m’en
débarrasser
assez
vite,
watch
bien
ça,
le
bloc
il
va
aller
à
terre,
pi
c’est
moi
qui
va
le
mettre
à
terre
avec
une
pelle
[…]
attend,
attend,
m’a
en
venir
à
bout,
ça
je
te
jure,
attend,
attend…
 ».

Le
4
juin
suivant,
vers
4
heure
du
matin,
voilà
que
le
taudis
était
en
feu
pour
une
deuxième
fois.
La
nature
de
l’incendie
n’était
pas
confirmée
et
la
possibilité
qu’elle
soit
criminelle
était
évaluée.
Le
nouveau
feu
a
causé
des
dommages
encore
plus
importants
à
l’immeuble
qui,
depuis,
a
été
condamné
en
attendant
sa
démolition
(que
le
voisinage
attend
encore
à
ce
jour).
La
ville,
qui
pourrait
se
charger
de
la
démolition
et
en
refiler
les
frais
au
propriétaire
véreux,
lui
accorde
manifestement
beaucoup
de
patience
alors
qu’elle
démolit
des
bâtiments
patrimoniaux
du
centre-ville
en
offrant
quelques
semaines
pour
se
décider
aux
personnes
qui
seraient
intéressé-e-s
à
les
déplacer
dans
d’autres
zones.
Pour
les
locataires
de
la
maison
de
chambres,
les
conséquences
du
2ième
incendie
ont
été
grandes :
la
Croix-Rouge
les
a
aidé-e-s
pour
un
temps
très
limité,
plusieurs
se
sont
retrouvé-e-s
à
la
Maison
des
sans-abris,
d’autres
carrément
dans
la
rue.
Le
Collectif
a
offert
son
soutien
aux
déplacé-e-s
en
effectuant
par
exemple
le
déménagement
des
biens
de
l’un
d’eux.

[1]
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1723903/incendie-feu-chicoutimi-rue-perron

[2]
https://www.tvanouvelles.ca/2020/08/03/incendie-suspect-dans-une-residence-de-saguenay


Article publié le 09 Août 2020 sur Ucl-saguenay.blogspot.com