Dans la journée de samedi dernier, plus de 85 personnes ont répondu à l’appel d’un nouvel événement signé Collectif anarchiste Emma Goldman. Ayant lieu sur un terrain vague occupé par le collectif au coin des rues Tessier et Jacques-Cartier, baptisé « Parc du 19 Juillet », l’événement avait pour but de dénoncer le désert alimentaire au centre-ville de Chicoutimi, une autre facette de l’embourgeoisement de notre quartier. Plusieurs dizaines de repas nutritifs ont été servis gratuitement (au diner et au souper) aux passant-e-s et aux participant-e-s,  en plus d’un marché gratuit où des gens ont pu « prendre au tas » (selon l’expression de Pierre Kropotkine) des biens qui pourraient servir à nouveau. Cette journée d’occupation d’un terrain vague a été remplie par les conversations portant sur les réalités vécues dans les quartiers populaires, la camaraderie, l’entraide et le partage. Notre analyse de la situation d’embourgeoisement du centre-ville, ainsi que du désert alimentaire, a trouvé un réel écho dans les perceptions des réalités quotidiennes du milieu que nous ont partagé les gens du quartier. Plus que par des discours ou des promesses vaseuses, nous avons démontré dans l’action comment pourrait s’organiser une économie de l’entraide, du don et de la solidarité, en opposition carrée au système capitaliste. Là-dessus, nous devons souligner la précieuse collaboration du groupe des Gratuivores du Saguenay, qui partage plusieurs de nos valeurs.
Il nous faut dénoncer une fois de plus les gestes méprisables du gang d’extrémistes de droite de Sébastien Gagnon, Storm Alliance. Au cours de la semaine précédant l’événement, nous avions d’abord remarqué que des affiches de son groupe avaient été collées par-dessus les nôtres au centre-ville. Certaines de celles-ci présentaient un homme armé de fusils accompagnés de l’inscription « anti-antifa » (contre les anti-racistes ou bien profascisme, allez savoir) et avaient été collées aux abords du terrain vague et du jardin de l’Éco-kartier. Sur Facebook, Mr. Gagnon et un faux compte, dont des sources fiables nous ont révélé que Sébastien Gagnon serait l’auteur, ont proféré des menaces et se sont voulus intimidants à l’endroit de militants et militantes antiracistes de notre ville. Lors de l’installation de la tente, au début de l’événement, nous avons enfin remarqué la présence sur le terrain de récipients de viande avariée pour attirer les ours, de gel à odeur de moufettes et d’urine d’orignal. De par les odeurs, il était évident que ceux-ci avaient été déversés le matin même ou durant la nuit. Ces gestes enfantins d’intolérance, que Freud aurait sans doute associé à une volonté de contrôle présente au stade anal, n’ont en rien ébranlé la solidarité du quartier. Pour riposter, des bannières antiracistes ont été suspendues et l’un des poteaux où les racistes avaient collé leurs affiches de fusil a été redécoré par des gens présents.
Pour terminer, nous devons souligner la présence de camarades antiautoritaires qui sont monté-e-s en soutien des villes de Québec et Montréal. Cette belle visite nous a permis de partager nos réalités dans les trois villes, de se réseauter et même de planifier de prochaines actions communes. Ces occasions de rencontre sont précieuses et nous espérons les multiplier afin de se coordonner davantage dans les prochains temps.

Les affiches menaçantes posées avant notre événement.
Le poteau redécoré.

Urine d’orignal retrouvé sur le terrain.

Gel moufette qui avait été étendu avec des bâtons retrouvés sur le terrain.

Odeur de viande avariée pour attirer les ours qui avait été déversé sur le terrain.
Dans Le Quotidien d’aujourd’hui Gagnon niait toute intimidation de son groupe. Or, les publications publiques de son compte Facebook parlent d’elles mêmes.